Annales Bac · Spécialité mathématiques › 2023

2023Bac spé maths · Polynésie · Jour 1

Épreuve écrite de spécialité mathématiques, série générale · 13 mars 2023

13 mars 2023Durée : 4 heures20 points4 exercices
Fiche « Démonstration par récurrence »Fiche « Dérivée seconde et convexité »Fiche « Équation cartésienne d'un plan »Fiche « Loi binomiale »Couverture des fiches magiques Terminale spé maths

40 fiches · tout le programme

📒 Les fiches magiques

Exercice 1 (4 pts)

Les parties A et B peuvent être traitées indépendamment

Les utilisateurs de vélo d'une ville sont classés en deux catégories disjointes:

  • ceux qui utilisent le vélo dans leurs déplacements professionnels ;

  • ceux qui utilisent le vélo uniquement pour leurs loisirs.

Un sondage donne les résultats suivants:

  • 21 % des utilisateurs ont moins de 35 ans.

    Parmi eux, 68 % utilisent leur vélo uniquement pour leurs loisirs alors que les autres l'utilisent dans leurs déplacements professionnels ;

  • parmi les 35 ans ou plus, seuls 20 % utilisent leur vélo dans leurs déplacements professionnels, les autres l'utilisent uniquement pour leurs loisirs.

On interroge au hasard un utilisateur de vélo de cette ville.

Dans tout l'exercice on considère les évènements suivants:

  • \(J\) : « la personne interrogée a moins de 35 ans » ;

  • \(T\) : « la personne interrogée utilise le vélo dans ses déplacements professionnels » ;

  • \(\overline{J}\) et \(\overline{T}\) sont les évènements contraires de \(J\) et \(T\).

Partie A

  1. Calculer la probabilité que la personne interrogée ait moins de \(35\) ans et utilise son vélo dans ses déplacements professionnels.

    On pourra s'appuyer sur un arbre pondéré.

  2. Calculer la valeur exacte de la probabilité de \(T\).

  3. On considère à présent un habitant qui utilise son vélo dans ses déplacements professionnels.

    Démontrer que la probabilité qu'il ait moins de 35 ans est \(0{,}30\) à \(10^{-2}\) près.

Partie B

Dans cette partie, on s'intéresse uniquement aux personnes utilisant leur vélo dans leurs déplacements professionnels.

On admet que 30 % d'entre elles ont moins de \(35\) ans.

On sélectionne au hasard parmi elles un échantillon de \(120\) personnes auxquelles on va soumettre un questionnaire supplémentaire.

On assimile la sélection de cet échantillon à un tirage aléatoire avec remise.

On demande à chaque individu de cet échantillon son âge.

X représente le nombre de personnes de l'échantillon ayant moins de \(35\) ans.

Dans cette partie, les résultats seront arrondis à \(10^{-3}\) près.

  1. Déterminer la nature et les paramètres de la loi de probabilité suivie par \(X\).

  2. Calculer la probabilité qu'au moins \(50\) utilisateurs de vélo parmi les \(120\) aient moins de \(35\) ans.

Voir le corrigé de l'exercice 1

Partie A

La situation peut se traduire par l'arbre pondéré suivant :

Figure du corrigé de l'exercice 1
  1. On calcule : \(p(J \cap T) = p(J) \times p_J(T) = 0{,}21 \times 0{,}32 = 0{,}0672\).

  2. On a de même \(p\left(\overline{J} \cap T \right) = p\left(\overline{J}\right) \times p_{\overline{J}}(T) = 0{,}79 \times 0{,}20 = 0{,}158\).

    D'après la loi des probabilités totales :

    \(p(T) = p(J \cap T) + p\left(\overline{J} \cap T \right) = 0{,}0672 + 0{,}158 = 0{,}2252\).

  3. Il faut trouver la probabilité conditionnelle :

    \(p_T(J) = \dfrac{p(T \cap J)}{p(T)} = \dfrac{p(J \cap T)}{p(T)} = \dfrac{0{,}0672}{00{,}2252} \approx 0{,}298\), soit 0,30 au centième près.

    Attention, piège :

    Ne confondez pas la probabilité de l'intersection \(P(J \cap T)\) et la probabilité conditionnelle \(P_T(J)\). Ici, on sait que la personne utilise son vélo dans ses déplacements professionnels : on restreint l'univers à \(T\), donc on divise \(P(J \cap T)\) par \(P(T)\).

Partie B

  1. On suppose que la population de la ville est assez importante pour que la sélection de 120 personnes puisse être assimilé à un tirage avec remise de 120 personnes chacune d'elles ayant une probabilité d'avoir moins de 35 ans de 0,30.

    La loi de probabilité de \(X\) suit donc une loi binomiale \(\mathcal{B}(120~;~0{,}30)\).

  2. La calculatrice donne \(p(X \geqslant 50) = 1 - p(X \leqslant 49) \approx 0{,}0044\).

Exercice 2 (5 pts)

L'espace est muni d'un repère orthonormée \(\left(\text{O}~;~\overrightarrow{\imath},~\overrightarrow{\jmath},~\overrightarrow{k}\right)\).

On considère:

  • \(d_1\) la droite passant par le point H(2 ; 3 ; 0) et de vecteur directeur \(\overrightarrow{u}\begin{pmatrix}1\\-1\\1\end{pmatrix}\) ;

  • \(d_2\) la droite de représentation paramétrique :

    \[\left\{\begin{array}{l c l} x &=& 2k - 3\\ y &=&k\\ z &=&5 \end{array}\right. \quad \text{où }\:k \:\text{décrit }\: \mathbb{R}.\]

Le but de cet exercice est de déterminer une représentation paramétrique d'une droite \(\Delta\) qui soit perpendiculaire aux droites \(d_1\) et \(d_2\).

    1. Déterminer un vecteur directeur \(\overrightarrow{v}\) de la droite \(d_2\).

    2. Démontrer que les droites \(d_1\) et \(d_2\) ne sont pas parallèles.

    3. Démontrer que les droites \(d_1\) et \(d_2\) ne sont pas sécantes.

    4. Quelle est la position relative des droites \(d_1\) et \(d_2\) ?

    1. Vérifier que le vecteur \(\overrightarrow{w}\begin{pmatrix}-1\\2\\3\end{pmatrix}\) est orthogonal à \(\overrightarrow{u}\) et à \(\overrightarrow{v}\).

    2. On considère le plan \(P\) passant par le point H et dirigé par les vecteurs \(\overrightarrow{u}\) et \(\overrightarrow{w}\).

      On admet qu'une équation cartésienne de ce plan est :

      \[5x + 4y - z - 22 = 0.\]

      Démontrer que l'intersection du plan \(P\) et de la droite \(d_2\) est le point M(3 ; 3 ; 5).

  1. Soit \(\Delta\) la droite de vecteur directeur \(\overrightarrow{w}\) passant par le point M.

    Une représentation paramétrique de \(\Delta\) est donc donnée par:

    \[\left\{\begin{array}{l c l} x &=&- r + 3 \\ y &= &2r + 3\\ z &=& 3r + 5 \end{array}\right. \quad \text{où }\:r\: \text{décrit }\mathbb{R}.\]
    1. Justifier que les droites \(\Delta\) et \(d_1\) sont perpendiculaires en un point L dont on déterminera les coordonnées.

    2. Expliquer pourquoi la droite \(\Delta\) est solution du problème posé.

Voir le corrigé de l'exercice 2
    1. L'équation paramétrique de \(d_2\) montre qu'elle contient le point de coordonnées \((-3~;~0~;~5)\) et de vecteur directeur dont les composantes sont les coefficients de \(k\) donc \(\overrightarrow{v}\begin{pmatrix}2\\1\\0\end{pmatrix}\).

    2. Les vecteurs directeurs \(\overrightarrow{u}\) et \(\overrightarrow{v}\) ne sont manifestement pas colinéaires, donc les droites \(d_1\) et \(d_2\) ne sont pas parallèles.

    3. Une représentation paramétrique de la droite \(d_1\) est \(\left\{\begin{array}{l c l} x&=2 + t\\ y&=&3 - t\\ z&=&t \end{array}\right. \quad , t \in \mathbb{R}\).

      S'il existe un point commun aux deux droites, il doit donc exister des réels \(k\) et \(t\) tels que :

      \(\left\{\begin{array}{l c l c l} x &=& 2 + t&=&2k - 3\\ y&=&3 - t&=&k\\ z&=&t&=&5 \end{array}\right.\)

      La dernière équation donne \(t = 5\), puis la deuxième \(k = 3 - 5 = - 2\) et en remplaçant dans la première \(2 + 5 = - 4 - 3\) : cette égalité est fausse, donc \(d_1\) et \(d_2\) ne sont pas sécantes.

    4. Les droites n'étant ni sécantes ni parallèles elles ne sont pas coplanaires.

    1. On a \(\overrightarrow{w}\ \cdot \overrightarrow{u} = - 1 - 2 + 3 = 0\) ;

      de même \(\overrightarrow{w}\ \cdot \overrightarrow{v} = - 2 + 2 + 0 = 0\), donc le vecteur \(\overrightarrow{w}\) est orthogonal aux vecteurs \(\overrightarrow{u}\) et \(\overrightarrow{v}\).

    2. Un point commun au plan \(P\) et à la droite \(d_2\) a ses coordonnées qui vérifient le système :

      \(\left\{\begin{array}{l c l} x &=&2k - 3\\ y &=&k\\ z &=&5\\ 5x + 4y - z - 22 &=& 0 \end{array}\right. \quad , t \in \mathbb{R}\), d'où en remplaçant \(x,\:y,\:z\) dans la dernière équation :

      \(5(2k - 3) + 4(k) - 5 - 22 = 0\iff 10k - 15 + 4k - 27 = 0\iff 14k = 42 \iff 7k = 21 \iff k = 3\).

      Le point commun au plan \(P\) et à la droite \(d_2\) a pour coordonnées (6 - 3 ; 3 ; 5) soit M(3 ; 3 ; 5).

    1. \(\Delta\) et \(d_1\) ont leurs vecteurs directeurs \(\overrightarrow{w}\) et \(\overrightarrow{u}\) orthogonaux donc ces droites sont orthogonales.

      Ces deux droites sont sécantes s'il existent des réels \(t\) et \(r\) tels que

      \(\left\{\begin{array}{l c l c l} x&=&2 + t&=&- r + 3\\ y&=&3 - t&=&2r + 3\\ z&=&t &=&3r + 5 \end{array}\right. \quad , t, r \in \mathbb{R}\).

      La dernière équation \(t = 3r + 5\) donne en remplaçant dans la deuxième :

      \(3 - 3r - 5 = 2r + 3 \iff - 5 = 5r \iff r = - 1\), d'où \(t = 5 - 3 = 2\) et en remplaçant dans la première équation on obtient \(2 + 2 = 1 + 3\), égalité vraie.

      \(\Delta\) et \(d_1\) sont sécantes au point L(4 ; 1 ; 2)

    2. Conclusion : on a trouvé une droite \(\Delta\) perpendiculaire commune aux deux droites \(d_1\) et \(d_2\).

Exercice 3 (5 pts)

Pour chacune des affirmations suivantes, indiquer si elle est vraie ou fausse.

Chaque réponse doit être justifiée.

Une réponse non justifiée ne rapporte aucun point.

  1. Affirmation : La fonction \(f\) définie sur \(\mathbb{R}\) par \(f(x) = \text{e}^x - x\) est convexe.

  2. Affirmation : L'équation \(\left(2\text{e}^x - 6\right)\left(\text{e}^x + 2\right) = 0\) admet \(\ln (3)\) comme unique solution dans \(\mathbb{R}\).

  3. Affirmation :

    \[\displaystyle\lim_{x \to + \infty} \dfrac{\text{e}^{2x} - 1}{\text{e}^x - x} = 0.\]
  4. Soit \(f\) la fonction définie sur \(\mathbb{R}\) par \(f(x) = (6x + 5)\text{e}^{3x}\) et \(F\) la fonction définie sur \(\mathbb{R}\) par :

    \(F(x) = (2x + 1)\text{e}^{3x} + 4\).

    Affirmation : \(F\) est la primitive de \(f\) sur \(\mathbb{R}\) qui prend la valeur 5 quand \(x = 0\).

  5. On considère la fonction mystere définie ci-dessous qui prend une liste L de nombres en paramètre.

    On rappelle que len(L) représente la longueur de la liste L.

    def mystere(L) :
    	      S = 0
    	     for i in range(len(L)) :
    	              S = S + L[i]
    	     return S / len(L)

    Affirmation : L'exécution de mystere([1, 9, 9, 5, 0, 3, 6, 12, 0, 5]) renvoie \(50\).

Voir le corrigé de l'exercice 3
  1. Affirmation : La fonction \(f\) définie sur \(\mathbb{R}\) par \(f(x) = \text{e}^x - x\) est convexe.

    \(f\) est définie et dérivable sur \(\mathbb{R}\) comme somme de fonctions dérivables sur \(\mathbb{R}\).

    On a \(f'(x) = \text{e}^x - 1\), puis \(f''(x) = \text{e}^x\).

    On sait que \(\text{e}^x > 0\) quel que soit \(x\), donc \(f\) est convexe sur \(\mathbb{R}\). l'affirmation est vraie.

  2. Affirmation :L'équation \(\left(2\text{e}^x - 6\right)\left(\text{e}^x + 2\right) = 0\) admet \(\ln (3)\) comme unique solution dans \(\mathbb{R}\).

    Cette équation se traduit par :

    \[\left\{\begin{array}{l c l} 2\text{e}^x - 6&=&0\quad \text{ou}\\ \text{e}^x + 2&=&0 \end{array}\right.\]

    \(\bullet~~\) On sait (voir ci-dessus) que \(\text{e}^x > 0 \Rightarrow \text{e}^x + 2 > 2 > 0\). Donc la deuxième équation n'a pas de solution.

    \(\bullet~~\)\(2\text{e}^x - 6=0 \iff 2\text{e}^x =6 \iff \text{e}^x = 3 \iff x = \ln 3\), par croissance de la fonction logarithme népérien : c'est la seule solution donc l'affirmation est vraie.

  3. Affirmation :

    \[\displaystyle\lim_{x \to + \infty} \dfrac{\text{e}^{2x} - 1}{\text{e}^x - x} = 0.\]

    On a \(\dfrac{\text{e}^{2x} - 1}{\text{e}^x - x} = \dfrac{\text{e}^{2x}\left(1 - \text{e}^{-2x} \right)}{\text{e}^{x}\left(1 - x\text{e}^{-x} \right)} = \text{e}^{x}\dfrac{\left(1 - \text{e}^{-2x} \right)}{\left(1 - x\text{e}^{-x} \right)}\).

    \(\bullet~~\)Au numérateur on sait que \(\displaystyle\lim_{x \to + \infty}\text{e}^{-2x} = 0\), donc \(\displaystyle\lim_{x \to + \infty}1 - \text{e}^{-2x} = 1\) ;

    \(\bullet~~\)Au dénominateur \(x\text{e}^{-x} = \dfrac{x}{\text{e}^x}\) et l'on sait que \(\displaystyle\lim_{x \to + \infty}\dfrac{x}{\text{e}^x} = 0\), donc \(\displaystyle\lim_{x \to + \infty}1 - x\text{e}^{-x} = 1\).

    Le quotient a pour limite 1 et comme \(\displaystyle\lim_{x \to + \infty}\text{e}^{x} = + \infty\), on a finalement \(\displaystyle\lim_{x \to + \infty} \dfrac{\text{e}^{2x} - 1}{\text{e}^x - x} = +\infty\) : l'affirmation est fausse.

    À retenir :

    Croissances comparées à connaître : \(\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{\text{e}^x}{x}=+\infty\), donc en passant à l’inverse, \(\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{x}{\text{e}^x}=0\), ce qui donne ici \(\displaystyle\lim_{x \to +\infty} x\text{e}^{-x}=0\).

  4. La fonction \(F\) est définie et dérivable sur \(\mathbb{R}\) et sur cet intervalle :

    \(F'(x) = 2\text{e}^{3x} + 3(2x + 1)\text{e}^{3x} = \text{e}^{3x}(2 + 6x + 3) = (6x + 5)\text{e}^{3x} = f(x)\).

    D'autre part \(F(0) = 1\text{e}^{0} + 4 = 1 + 4 = 5\)

    \(F\) est donc la primitive de \(f\) sur \(\mathbb{R}\) qui prend la valeur 5 quand \(x = 0\), l'affirmation est vraie.

  5. L'execution donne \(\dfrac{1 + 9 + \ldots + 5}{10} = \dfrac{50}{10} = 5\).

    L'affirmation est fausse.

Exercice 4 (6 pts)

Soit \(\left(u_n\right)\) la suite définie par \(u_0 = - 1\) et, pour tout entier naturel \(n\) :

\[u_{n+1} = 0{,}9u_n - 0{,}3.\]
    1. Démontrer par récurrence que, pour tout \(n \in \mathbb{N}\),  \(u_n = 2 \times 0{,}9^n - 3\).

    2. En déduire que pour tout \(n \in \mathbb{N},\: \: - 3 < u_n \leqslant - 1\).

    3. Démontrer que la suite \(\left(u_n\right)\) est strictement décroissante.

    4. Démontrer que la suite \(\left(u_n\right)\) converge et préciser sa limite.

  1. On se propose d'étudier la fonction \(g\) définie sur \(]-3~;~-1]\) par :

    \[g(x) = \ln (0{,}5 x + 1{,}5) - x.\]
    1. Justifier toutes les informations données par le tableau de variations de la fonction \(g\) (limites, variations, image de \(-1\))

      Figure de l'exercice 4
    2. En déduire que l'équation \(g(x) = 0\) a exactement une solution que l'on notera \(\alpha\) et dont on donnera un encadrement d'amplitude \(10^{-3}\).

  2. Dans la suite de l'exercice, on considère la suite \(\left(v_n\right)\) définie pour tout \(\in \mathbb{N}\), par :

    \[v_n = \ln \left(0{,}5 u_n + 1{,}5\right).\]
    1. En utilisant la formule donnée à la question 1. a., démontrer que la suite v est arithmétique de raison \(\ln (0{,}9)\).

    2. Soit \(n\) un entier naturel.

      Démontrer que \(u_n = v_n\) si, et seulement si \(g\left(u_n\right) = 0\).

    3. Démontrer qu'il n'existe aucun rang \(k \in \mathbb{N}\) pour lequel \(u_k = \alpha\).

    4. En déduire qu'il n'existe aucun rang \(k \in \mathbb{N}\) pour lequel \(v_k = u_k\).

Voir le corrigé de l'exercice 4

Soit \(\left(u_n\right)\) la suite définie par \(u_0 = - 1\) et, pour tout entier naturel \(n\) :

\[u_{n+1} = 0{,}9u_n - 0{,}3.\]
    1. Démonstration par récurrence :

      Initialisation : On a bien \(u_0 = 2 \times 0{,}9^0 - 3 = 2 - 3 = - 1\) : la relation est vraie au rang \(0\) ;

      Hérédité : On suppose que pour \(n \in \mathbb{N}\),   \(u_n = 2 \times 0{,}9^n - 3\).

      Alors par définition de la suite \(u_{n+1} = 0{,}9u_n - 0{,}3\) ou \(u_{n+1} = 0{,}9\left(2 \times 0{,}9^n - 3\right) - 0{,}3 = 2 \times 0{,}9^{n+1} - 2{,}7 - 0{,}3 = 2 \times 0{,}9^{n+1} - 3\).

      La relation est vraie au rang \(n + 1\).

      Conclusion : la relation est vraie au rang 0 et si elle est vraie \(n \in \mathbb{N}\) elle l'est aussi au rang \(n + 1\).

      D'après le principe de récurrence :

      \[u_n = 2 \times 0{,}9^n - 3, \: n \in \mathbb{N}.\]
    2. On sait que \(0 < 0{,}9 < 1\) implique que \(0 < 0{,}9^n \leqslant 1\) puis en multipliant par \(2 > 0\),

      \(0 < 2 \times 0{,}9^n \leqslant 2\) et enfin en ajoutant à chaque membre le nombre \(- 3\) :

      \(- 3 < 0{,}9^n - 3 \leqslant - 1\), soit \(- 3 < u_n \leqslant - 1\).

    3. Quel que soit \(n \in \mathbb{N}\),   \(u_n+1 - u_n = 0{,}9u_n - 0{,}3 - u_n = - 0{,}1u_n - 0{,}3\).

      Or l'encadrement trouvé précédemment \(- 3 < u_n < - 1\) donne par produit par \(- 0{,}1\),

      \(0{,}1 < - 0{,}1u_n < 0{,}3\) et en retranchant \(0{,}3, \: -0{,}2 - 0{,}1u_n - 0{,}3 < 0\).

      Conclusion : quel que soit le naturel \(n\),   \(u_{n+1} - u_n < 0\) : la suite \(\left(u_n\right)\) est donc décroissante.

    4. La suite \(\left(u_n\right)\) décroissante et minorée par \(-3\) converge vers une limite \(\ell\), avec \(\ell\geqslant - 3\).

      D'autre part de l'égalité \(u_n = 2 \times 0{,}9^n - 3\), sachant que \(\displaystyle\lim_{n \to + \infty} 0{,}9^n = 0\), on déduit que

      \(\displaystyle\lim_{n \to + \infty}u_n = -3\). La suite \(\left(u_n\right)\) converge vers \(- 3\).

      Attention, piège :

      Le théorème de convergence monotone donne l’existence de la limite, mais pas sa valeur. On ne peut donc pas conclure directement que \(\ell=-3\) simplement parce que la suite est décroissante et minorée par \(-3\) ; c’est l’expression \(u_n = 2 \times 0{,}9^n - 3\) qui permet de calculer \(\ell\).

  1. On se propose d'étudier la fonction \(g\) définie sur \(]-3~;~-1]\) par :

    \[g(x) = \ln (0{,}5 x + 1{,}5) - x.\]
    1. Justifications:

      \(\bullet~~\) \(- 3 < x \leqslant - 1 \Rightarrow - 1{,}5 < 0{,}5x \leqslant - 0{,}5 \Rightarrow 0 < 0{,}5x + 1{,}5 \leqslant 1\). Donc la fonction est définie sur \(]- 3~;~- 1]\)

      \(\bullet~~\) La fonction \(g\) est dérivable sur \(]- 3~;~- 1]\) et sur cet intervalle :

      \(g'(x) = \dfrac{0,5}{0,5x + 1{,}5} - 1 = \dfrac{0,5 - 0{,}5x - 1{,}5}{0,5x + 1{,}5} = \dfrac{-0{,}5x - 1}{0,5x + 1{,}5}\).

      On a vu ci-dessus que \(0{,}5x + 1{,}5 > 0\), le signe de \(g'(x)\) est donc celui de \(-0{,}5x - 1\) :

      • \(g'(x) = 0 \iff -0{,}5x - 1 = 0 \iff - 1 = 0{,}5x \iff - 2 = x\) ;

      • \(g'(x) > 0 \iff -0{,}5x - 1 > 0 \iff - 1 > 0{,}5x \iff - 2 > x\) ;

      • \(g'(x) < 0 \iff -0{,}5x - 1 < 0 \iff - 1 <0{,}5x \iff - 2 < x\) ;

      Conclusion : la fonction est croissante sur \(]-3~;~-2]\) et décroissante sur \([- 2~;~-1]\).

      \(\bullet~~\) On a \(\displaystyle\lim_{x \to - 3} \ln (0{,}5 x + 1{,}5) = - \infty\), d'où \(\displaystyle\lim_{x \to - 3}g(x) = - \infty\)

      \(\bullet~~\)\(g(- 1) = \ln (-0{,}5 + 1{,}5) - (- 1) = 0 + 1 = 1\) ;

      \(\bullet~~\)\(g(-2) = \ln (- 1+ 1{,}5) - (- 2) = 2 + \ln 0{,}5 = 2 + \ln \dfrac12 = 2 - \ln 2 \approx 1{,}31\).

    2. D'après le théorème des valeurs intermédiaires sur l'intervalle \(]- 3~;~- 2]\), la fonction \(g\) est strictement croissante de moins l'infini à \(g(-2) > 0\) et est continue sur cet intervalle : il existe donc un réel unique

      \(\alpha \in ]- 3~;~-2]\) tel que \(f(\alpha) = 0\).

      La calculatrice donne :

      \(g(-2{,}9) \approx -0{,}957\) et \(g(-2{,}8) \approx 0{,}4974\), d'où \(-2{,}9 < \alpha < -2{,}8\) ;

      \(g(-2{,}89) \approx -0{,}01\) et \(g(-2{,}88) \approx 0{,}067\), d'où \(-2{,}89 < \alpha < -2{,}88\) ;

      \(g(-2{,}889) \approx -0{,}002\) et \(g(-2{,}888) \approx 0{,}006\), d'où \(-2{,}889 < \alpha < -2{,}888\).

    1. Que que soit \(n \in \mathbb{N}\),   \(v_n = \ln \left(0{,}5 u_n + 1{,}5\right)\) et en utilisant la formule du 1. a., \(v_n = \ln \left(0{,}5 \left(2 \times 0{,}9^n - 3\right) + 1{,}5\right) = \ln \left(0{,}9^n - 1{,}5 + 1{,}5\right) = \ln 0{,}9^n = n \ln 0{,}9\).

      L'égalité \(v_n = n \ln 0{,}9\), montre que la suite \(\left(v_n\right)\) est une suite arithmétique de raison \(\ln 0{,}9\).

    2. On a \(u_n = v_n \iff u_n = \ln \left(0{,}5 u_n + 1{,}5\right) \iff \ln \left(0{,}5 u_n + 1{,}5\right) - u_n = 0 \iff g\left(u_n\right) = 0\).

    3. On a donc \(g\left(u_n\right) = 0 \iff u_n = \alpha\), soit \(2 \times 0{,}9^n - 3 = \alpha\).

      Or on a vu que \(-2{,}889 < \alpha < -2{,}888\) : on en déduit que \(-2{,}889 < 2 \times 0{,}9^n - 3 < -2{,}888\), soit en ajoutant 3 :

      \(0{,}111 < 2 \times 0{,}9^n < 0{,}112 \iff 0{,}0555 < 0{,}9^n < 0{,}0556\) soit par croissance du logarithme népérien \(\ln 0{,}0555 < n \ln 0{,}9 < \ln 0{,}0556\) et enfin \(\dfrac{\ln 0{,}0556}{\ln 0{,}9}< n < \dfrac{\ln 0{,}0555}{\ln 0{,}9}\) (car \(\ln 0{,}9 < 0\)).

      Or \(\dfrac{\ln 0{,}0556}{\ln 0{,}9} \approx 27{,}4\) et \(\dfrac{\ln 0{,}0555}{\ln 0{,}9} \approx 27{,}5\).

      On aurait donc un entier \(n\) tel que \(27{,}4 < n < 27{,}5\). Donc \(n\) ne peut être un naturel.

      Conclusion : il n'existe pas \(k\) tel que \(u_k = \alpha\).

    4. On a vu que \(u_n = \alpha \iff g\left(u_n\right) = 0 \iff u_n = v_n\). On vient de voir que ceci n'est pas possible : il n'existe pas \(k \in \mathbb{N}\) tel que \(v_k = u_k\).

Fiche « Démonstration par récurrence »Fiche « Dérivée seconde et convexité »Fiche « Équation cartésienne d'un plan »Fiche « Loi binomiale »Couverture des fiches magiques Terminale spé maths

Les fiches magiques · Terminale spé maths

Le Bac de maths en 40 fiches

  • 40 fiches claires et illustrées : tout le cours de spécialité, une notion par page.
  • Vidéos méthodes pas à pas, accessibles par QR code sur chaque fiche.
  • 15 minutes par jour d'exercices corrigés pour être prêt le jour du Bac.
Découvrir les fiches →

Au programme du sujet 2023 · Polynésie · jour 1

Épreuve de spécialité mathématiques du baccalauréat général, session 13 mars 2023, durée 4 heures, 20 points. Chaque exercice est corrigé en détail, avec les rappels de cours utiles et les pièges à éviter.