Annales Bac · Spécialité mathématiques › 2024

2024Bac spé maths · Amérique du Nord · Jour 2

Épreuve écrite de spécialité mathématiques, série générale · 22 mai 2024

22 mai 2024Durée : 4 heures20 points4 exercices
Fiche « Démonstration par récurrence »Fiche « Dérivée seconde et convexité »Fiche « Équation cartésienne d'un plan »Fiche « Loi binomiale »Couverture des fiches magiques Terminale spé maths

40 fiches · tout le programme

📒 Les fiches magiques

Exercice 1 (5 pts)

Les données publiées le 1er mars 2023 par le ministère de la transition écologique sur les immatriculations de véhicules particuliers en France en 2022 contiennent les informations suivantes :

  • \(22{,}86\,\%\) des véhicules étaient des véhicules neufs ;

  • \(8{,}08\,\%\) des véhicules neufs étaient des hybrides rechargeables;

  • \(1{,}27\,\%\) des véhicules d'occasion (c'est-à-dire qui ne sont pas neufs) étaient des hybrides rechargeables.

Dans tout l'exercice, les probabilités seront arrondies au dix-millième.

Partie A

Dans cette partie, on considère un véhicule particulier immatriculé en France en 2022.

On note :

  • \(N\) l'évènement « le véhicule est neuf »;

  • \(R\) l'évènement « le véhicule est hybride rechargeable »;

  • \(\overline{N}\) et \(\overline{R}\) les évènements contraires des évènements contraires de \(N\) et \(R\).

  1. Représenter la situation par un arbre pondéré.

  2. Calculer la probabilité que ce véhicule soit neuf et hybride rechargeable.

  3. Démontrer que la valeur arrondie au dix-millième de la probabilité que ce véhicule soit hybride rechargeable est 0,0283.

  4. Calculer la probabilité que ce véhicule soit neuf sachant qu'il est hybride rechargeable.

Partie B

Dans cette partie, on choisit \(500\) véhicules particuliers hybrides rechargeables immatriculés en France en 2022.

Dans la suite, on admettra que la probabilité qu'un tel véhicule soit neuf est égale à \(0{,}65\).

On assimile le choix de ces 500 véhicules à un tirage aléatoire avec remise.

On appelle \(X\) la variable aléatoire représentant le nombre de véhicules neufs parmi les \(500\) véhicules choisis.

  1. On admet que la variable aléatoire \(X\) suit une loi binomiale. Préciser la valeur de ses paramètres.

  2. Déterminer la probabilité qu'exactement \(325\) de ces véhicules soient neufs.

  3. Déterminer la probabilité \(p(X \geq 325)\) puis interpréter le résultat dans le contexte de l'exercice.

Partie C

On choisit désormais \(n\) véhicules particuliers hybrides rechargeables immatriculés en France en 2022, où \(n\) désigne un entier naturel strictement positif.

On rappelle que la probabilité qu'un tel véhicule soit neuf est égale à \(0{,}65\).

On assimile le choix de ces \(n\) véhicules à un tirage aléatoire avec remise.

  1. Donner l'expression en fonction de \(n\) de la probabilité \(p_{n}\) que tous ces véhicules soient d'occasion.

  2. On note \(q_{n}\) la probabilité qu'au moins un de ces véhicules soit neuf. En résolvant une inéquation, déterminer la plus petite valeur de \(n\) telle que \(q_{n} \geqslant 0{,}9999\).

Voir le corrigé de l'exercice 1
  1. Figure du corrigé de l'exercice 1
  2. On calcule \(p(N \cap R) = p(N) \times p_N(R) = 0{,}2286 \times 0{,}0808 = 0{,}018471\) soit 0,0185 à \(10^{-4}\) près.

  3. On a de même \(p\left(\overline{N} \cap R\right) = p\left(N\right) \times p_{\overline{N}}(R) = 0{,}7714 \times 0{,}0127 = 0{,}009797\) soit 0,0098 à \(10^{-4}\) près.

    D'après la loi des probabilités totales :

    \(p(R) = p(N \cap R) + p\left(\overline{N} \cap R\right) \approx 0{,}0185 + 0{,}0098\)

    \(p(R) \approx 0{,}0283\).

  4. On a \(p_R(N) = \dfrac{p(R \cap N)}{p(R)} = \dfrac{p(N \cap R)}{p(R)} \approx \dfrac{0{,}0185}{0{,}0283} \approx 0{,}65371\) soit 0,6537 à \(10^{-4}\) près.

Partie A

  1. \(X\) suit donc la loi binomiale \(\mathcal{B}(n = 500, \: p = 0{,}65)\).

  2. On calcule \(\binom{500}{325} \times 0{,}65^{325} \times 0{,}35^{175} \approx 0{,}037384\) soit 0,0374 à \(10^{-4}\) près. (Utiliser la fonction binomiale de la calculatrice si les capacités de calcul de celle-ci sont dépassées).

  3. On a \(p(X \geqslant 325) = 1 - p(X \leqslant 324)\) soit d'après la calculatrice 0,47944, donc

    \(p(X \geqslant 325) \approx 1 - 0{,}4794 = 0{,}5206\) à \(10^{-4}\) près.

Partie B

  1. On a \(p_n = (1 - 0{,}65)^n = 0{,}35^n\).

  2. On a \(q_n = 1 - p_n\).

    On cherche donc \(n\) tel que \(1 - p_n \geqslant 0{,}9999 \iff p_n \leqslant 0{,}0001\), soit par croissance de la fonction logarithme népérien :

    \(n\ln 0{,}35 \leqslant \ln 00{,}0001 \iff n \geqslant \dfrac{\ln 0{,}0001}{\ln 0{,}35}\) car \(\dfrac{1}{\ln 0{,}35} < 0\).

    D'après la calculatrice \(\dfrac{\ln 0{,}0001}{\ln 0{,}35} \approx 8{,}8\).

    Il faut prendre au minimum \(n = 9\).

Exercice 2 (5 pts)

On considère le pavé droit ABCDEFGH tel que AB \(= 3\) et AD = AE \(= 1\) représenté ci-dessous.

Figure de l'exercice 2

On considère le point I du segment [AB] tel que \(\overrightarrow{\text{AB}}= 3 \overrightarrow{\text{AI}}\) et on appelle \(M\) le milieu du segment [CD].

On se place dans le repère orthonormé \(\left(\text{A}~;~ \overrightarrow{\text{AI}}, \overrightarrow{\text{AD}}, \overrightarrow{\text{AE}}\right)\).

  1. Sans justifier, donner les coordonnées des points F, H et M.

    1. Montrer que le vecteur \(\overrightarrow{n}\begin{pmatrix}2\\6\\ 3\end{pmatrix}\) est un vecteur normal au plan (HMF).

    2. En déduire qu'une équation cartésienne du plan (HMF) est :

      \[2x + 6y + 3z - 9 = 0.\]
    3. Le plan \(\mathcal{P}\) dont une équation cartésienne est \(5x + 15y - 3z + 7 = 0\) est-il parallèle au plan (HMF) ? Justifier la réponse.

  2. Déterminer une représentation paramétrique de la droite (DG).

  3. On appelle \(N\) le point d'intersection de la droite (DG) avec le plan (HMF).

    Déterminer les coordonnées du point N.

  4. Le point R de coordonnées \(\left(3~;~\dfrac{1}{4}~;~\dfrac{1}{2}\right)\) est-il le projeté orthogonal du point G sur le plan (HMF) ? Justifier la réponse.

Voir le corrigé de l'exercice 2

On considère le pavé droit ABCDEFGH tel que AB \(= 3\) et AD = AE \(= 1\) représenté ci-dessous.

Figure du corrigé de l'exercice 2
  1. F(3 ; 0 ; 1),   H(0 ; 1 ; 1),  M(1,5 ; 1 ; 0).

    1. Soit \(\overrightarrow{\text{HF}}\begin{pmatrix}3\\-1\\0\end{pmatrix}\) et \(\overrightarrow{\text{MF}}\begin{pmatrix}1{,}5\\-1\\1\end{pmatrix}\). Ces deux vecteurs ne sont manifestement pas colinéaires.

      On a \(\overrightarrow{n} \cdot \overrightarrow{\text{HF}} = 6 - 6 + 0 = 0\)

      On a \(\overrightarrow{n} \cdot \overrightarrow{\text{MF}} = 3 - 6 + 3 = 0\).

      Conclusion : le vecteur \(\overrightarrow{n}\) est orthogonal à deux vecteurs non colinéaires du plan (HMF), il est donc normal à ce plan.

    2. On sait qu'alors :

      \(X(x~;~y~;~z) \in (\text{MHF}) \iff 2x + 6y + 3z + d = 0\). Ainsi par exemple :

      \(\text{H}(x~;~y~;~z) \in (\text{MHF}) \iff 0 + 6 + 3 + d = 0 \iff d = - 9\), donc finalement :

      \[X(x~;~y~;~z) \in (\text{MHF}) \iff 2x + 6y + 3z - 9 = 0.\]
    3. Le plan \(\mathcal{P}\) a par exemple pour vecteur normal \(\overrightarrow{p}\begin{pmatrix}5\\15\\-3\end{pmatrix}\) et ce vecteur n'est pas colinéaire au vecteur \(\overrightarrow{n}\), (on a bien \(2 \times \dfrac52 = 5, \: 6 \times \dfrac52 = 15\), mais \(3 \times \dfrac52 \ne - 3\)) donc les deux plans ne sont pas parallèles.

  2. On a D(0 ; 1 ; 0) et G(3 ; 1 ; 1), d'où \(\overrightarrow{\text{DG}}\begin{pmatrix}3\\0\\1\end{pmatrix}\).

    On sait que :

    \(X(x~;~y~;~z) \in (\text{DG}) \iff \overrightarrow{\text{DX}} = t\overrightarrow{\text{DG}}, \: t \in \mathbb{R} \iff \left\{\begin{array}{l c l} x - 0&=&3t\\y - 1&=&0\\z - 0 &=& 1t\end{array}\right.\: t \in \mathbb{R} \iff \left\{\begin{array}{l c l} x &=&3t\\y &=&1\\z &=& t\end{array}\right.\: t \in \mathbb{R}\).

  3. Si la droite coupe le plan en un point N, les coordonnées de ce point vérifient les équations de la droite et celle du plan soit le système :

    \(\left\{\begin{array}{l c l} x &=&3t\\y &=&1\\z &=& t\\ 2x + 6y + 3z - 9 &= &0 \end{array}\right.\: t \in \mathbb{R}\).

    En remplaçant \(x,\:y\) et \(z\) par leurs valeurs en fonction de \(t\) dans la dernière équation, on obtient :

    \(6t + 6 + 3t - 9 = 0 \iff 9t - 3 = 0 \iff 3t - 1 = 0 \iff t = \dfrac 13\). Les coordonnées de N sont donc \(\left(3\times \frac13~;~1~;~\frac13\right)\), soit N\(\left(1~;~1~;~\dfrac13\right)\).

  4. \(\bullet~~\)On vérifie d'abord que R appartient au plan (HMF) :

    \(\text{R}\left(3~;~\dfrac{1}{4}~;~\dfrac{1}{2}\right) \in \text{(HMF)} \iff 6 + \dfrac32 + \dfrac32 - 9 = 0 \iff 6 + 3 - 9 = 0\) ce qui est vrai.

    \(\bullet~~\)On vérifie maintenant que le vecteur \(\overrightarrow{\text{GR}}\) est bien un vecteur normal au plan (HMF) :

    On a \(\overrightarrow{\text{GR}}\begin{pmatrix}3 - 3\\ \frac14 - 1\\ \frac12 - 1\end{pmatrix} = \begin{pmatrix}0\\- \frac34\\- \frac12\end{pmatrix}\). Or ce vecteur n'est manifestement pas colinéaire au vecteur connu \(\overrightarrow{n}\begin{pmatrix}2\\6\\3\end{pmatrix}\) : pour que \(\overrightarrow{n}\) soit colinéaire au vecteur \(\overrightarrow{\text{GR}}\) il faudrait que sa première coordonnée soit égale à 0, ce qui n'est pas le cas.

    Conclusion : le point R n'est pas le projeté orthogonal du point G sur le plan (HMF).

Exercice 3 (6 pts)

On considère la fonction \(g\) définie sur l'intervalle \([0~;~1]\) par

\[g(x) = 2x - x^{2}.\]
  1. Montrer que la fonction \(g\) est strictement croissante sur l'intervalle \([0~;~1]\) et préciser les valeurs de \(g(0)\) et de \(g(1)\).

On considère la suite \(\left(u_{n}\right)\) définie par \(\left\{\begin{array}{l c l}u_{0}&=&\dfrac{1}{2}\\ u_{n+1}&=&g\left(u_{n}\right)\end{array}\right.\) pour tout entier naturel \(n\).

  1. Calculer \(u_{1}\) et \(u_{2}\).

  2. Démontrer par récurrence que, pour tout entier naturel \(n\), on a : \(0 < u_{n} < u_{n+1}< 1\).

  3. En déduire que la suite \(\left(u_{n}\right)\) est convergente.

  4. Déterminer la limite \(\ell\) de la suite \(\left(u_{n}\right)\).

On considère la suite \(\left(v_{n}\right)\) définie pour tout entier naturel \(n\) par \(v_{n}=\ln \left(1 - u_{n}\right)\).

  1. Démontrer que la suite \(\left(v_{n}\right)\) est une suite géométrique de raison 2 et préciser son premier terme.

  2. En déduire une expression de \(v_{n}\) en fonction de \(n\).

  3. En déduire une expression de \(u_{n}\) en fonction de \(n\) et retrouver la limite déterminée à la question 5.

  4. Recopier et compléter le script Python ci-dessous afin que celui-ci renvoie le rang \(n\) à partir duquel la suite dépasse 0,95.

def seuil():
         n=0
         u=0.5
         while u < 0.95 :
                  n=...
                  u=...
         return n
Voir le corrigé de l'exercice 3
\[g(x) = 2x - x^{2}.\]
  1. Le trinôme \(g(x)\) est dérivable sur \(\mathbb{R}\), donc sur \([0~;~1]\) et sur cet intervalle :

    \(g'(x) = 2 - 2x = 2(1 - x)\).

    Or on sait que \(0\leqslant x \leqslant 1\Rightarrow - x \leqslant 0 \leqslant 1 - x\) ou en lisant de droite à gauche

    \(1 - x \geqslant 0 \Rightarrow 2(1 - x) \geqslant 0 \iff g'(x) \geqslant 0\) : la dérivée étant positive sur \([0~;~1]\) et ne s'annulant qu'en \(x = 1\), la fonction \(g\) est strictement croissante de \(g(0 ) = 0\) à \(g(1) = 2 - 1^2 = 1\).

On considère la suite \(\left(u_{n}\right)\) définie par \(\left\{\begin{array}{l c l}u_{0}&=&\dfrac{1}{2}\\ u_{n+1}&=&g\left(u_{n}\right)\end{array}\right.\) pour tout entier naturel \(n\).

  1. \(\bullet~~u_1 = 2 \times \dfrac{1}{2} - \left(\dfrac{1}{2}\right)^2 = 1 - \dfrac14 = \dfrac34 = 0{,}75\) ;

    \(\bullet~~u_2 = 2 \times \dfrac34 - \left(\dfrac34\right)^2 = \dfrac32 - \dfrac{9}{16} = \dfrac{24}{16} - \dfrac{9}{16} = \dfrac{15}{16} = 0{,}9375\).

  2. Démonstration par récurrence :

    \(\bullet~~\)Initialisation :

    On a \(0 < \dfrac12 < \dfrac34 < 1\), soit \(0 < u_0 < u_1 < 1\) : l'encadrement est vrai au rang zéro.

    \(\bullet~~\)Hérédité : Supposons que pour \(n \in \mathbb{N}\), on ait \(0 < u_{n} < u_{n+1}< 1\).

    Alors par stricte croissance sur [0 ; 1] de la fonction \(g\), on a :

    \(g(0) < g\left(u_n\right) < g\left(u_{n+1} \right) < g(1)\), soit d'après les résultats précédents :

    \(0 < u_{n+1} < u_{n+2} < 1\) : l'encadrement est encore vrai au rang \(n + 1\).

    Conclusion : la relation est vraie au rang \(n = 0\) et si elle est vraie au rang \(n \in \mathbb{N}\) elle l'est encore au rang \(n + 1\) : par le principe de récurrence, on a donc

    Pour tout entier naturel \(n\), : \(0 < u_{n} < u_{n+1} < 1\).

  3. Le résultat précédent montre que la suite \(\left(u_{n}\right)\) est croissante et qu'elle est majorée par 1 : elle converge donc vers une limite \(\ell \leqslant 1\).

  4. La relation \(g\left(u_n\right) = u_{n+1} = 2u_n - u_n^2\) donne à la limite car \(g\) est continue car dérivable sur l'intervalle [0 ; 1] : \(\ell = 2\ell - \ell^2 \iff\)

    \(\ell - \ell^2 = 0 \iff \ell (1 - \ell) = 0\) soit

    \(\left\{\begin{array}{l c l} \ell&=&0 \:\:\text{ou}\\ 1 - \ell&=&0 \end{array}\right. \iff \left\{\begin{array}{l c l} \ell&=&0 \:\:\text{ou}\\ 1 &=&\ell \end{array}\right.\)

    La solution \(\ell = 0\) n'est pas possible (la suite est croissante ) ; il reste \(\displaystyle\lim_{n \to + \infty} u_n = 1\)

On considère la suite \(\left(v_{n}\right)\) définie pour tout entier naturel \(n\) par \(v_{n}=\ln \left(1 - u_{n}\right)\).

  1. On a pour \(n \in \mathbb{N}, \: v_{n+1} = \ln \left(1 - u_{n+1}\right) = \ln \left[1 - \left(2u_n - u^2_n \right) \right] = \ln \left(1 - 2u_n + u_n^2 \right) =\)

    \(\ln \left( 1 - u_n\right)^2 = 2\ln \left( 1 - u_n\right)\) (car \(1 - u_n > 0\) voir la récurrence ci-dessus, donc \(\ln \left( 1 - u_n\right)\) existe). Or \(\ln \left(1 - u_n\right) = v_n\).

    Finalement : \(v_{n + 1} = 2v_n\) ce qui montre que la suite \(\left(v_{n}\right)\) est une suite géométrique de raison 2 et de premier terme \(v_0 = \ln \left(1 - u_0\right) = \ln \left(1 - \dfrac12\right) = \ln \dfrac12 = - \ln 2\).

  2. On sait qu'alors pour tout \(n \in \mathbb{N}, \:v_n = v_0 \times 2^n\), soit \(v_n = - \ln 2 \times 2^n\).

  3. La relation \(v_{n}=\ln \left(1 - u_{n}\right)\) donne donc :

    \(- \ln 2 \times 2^n = \ln \left(1 - u_{n}\right) \iff \mathrm{e}^{- \ln 2 \times 2^n} = \mathrm{e}^{\ln \left(1 - u_{n}\right)}\), (par croissance de la fonction exponentielle), soit encore :

    \(\mathrm{e}^{- \ln 2 \times 2^n} = 1 - u_n \iff u_n = 1 - \mathrm{e}^{- \ln 2 \times 2^n}\).

    Or on sait que \(\displaystyle\lim_{n \to + \infty}- \ln 2 \times 2^n = - \infty\), donc \(\displaystyle\lim_{n \to + \infty} \mathrm{e}^{- \ln 2 \times 2^n} = 0\) et par conséquent :

    \[\displaystyle\lim_{n \to + \infty} u_n = 1.\]
def seuil():
         n=0
         u=0.5
         while u < 0.95 :
                  n=n + 1
                  u=2*u - u**2
         return n

Exercice 4 (4 pts)

Soit \(a\) un réel strictement positif.

On considère la fonction \(f\) définie sur l'intervalle \(]0~;~+\infty[\) par

\[f(x) = a \ln (x).\]

On note \(\mathcal{C}\) sa courbe représentative dans un repère orthonormé.

Soit \(x_{0}\) un réel strictement supérieur à 1.

  1. Déterminer l'abscisse du point d'intersection de la courbe \(\mathcal{C}\) et de l'axe des abscisses.

  2. Vérifier que la fonction \(F\) définie par \(F(x) =a [x \ln (x) - x]\) est une primitive de la fonction \(f\) sur l'intervalle \(]0~;~+\infty[\).

  3. En déduire l'aire du domaine bleuté en fonction de \(a\) et de \(x_{0}\).

Figure de l'exercice 4

On note \(T\) la tangente à la courbe \(\mathcal{C}\) au point \(M\) d'abscisse \(x_{0}\).

On appelle \(A\) le point d'intersection de la tangente \(T\) avec l'axe des ordonnées et \(B\) le projeté orthogonal de \(M\) sur l'axe des ordonnées.

Figure de l'exercice 4
  1. Démontrer que la longueur AB est égale à une constante (c'est-à-dire à un nombre qui ne dépend pas de \(x_{0}\)) que l'on déterminera.

    Le candidat prendra soin d'expliciter sa démarche.

Voir le corrigé de l'exercice 4
\[f(x) = a \ln (x).\]

On note \(\mathcal{C}\) sa courbe représentative dans un repère orthonormé.

Soit \(x_{0}\) un réel strictement supérieur à 1.

  1. On a \(f(x) = 0 \iff a\ln x = 0 \iff \ln x = 0\) (car \(a \ne 0\)) et par croissance de la fonction exponentielle \(\mathrm{e}^{\ln x} = \mathrm{e}^0 \iff x = 1\).

  2. \(F\) est une différence de fonctions dérivables sur \(]0~;~+\infty[\), donc sur cet intervalle :

    \(F'(x) = a\left[\ln (x) + x \times \dfrac 1x - 1\right] = a[\ln (x) + 1 - 1] = a\ln (x) = f(x)\), ce qui montre que \(F\) est une primitive de \(f\) sur \(]0~;~+\infty[\).

  3. On a vu que \(\mathcal{C}\) coupe l'axe des abscisses en \(x = 1\) donc la surface bleue correspond à des points où \(x \geqslant 1\), soit \(\ln (x) \geqslant 0 \Rightarrow a\ln (x) \geqslant 0\).

    Autrement dit pour \(x \geqslant 1\), la fonction \(f\) est positive et on sait que sur un intervalle \([1~;~x_0]\) avec \(x_0 \geqslant 1\), l'aire de la surface limitée par sa courbe représentative, l'axe des abscisses et les droites d'équations \(x = 1\) et \(x = x_0\) est égale à l'intégrale :

    \[\displaystyle\int_1^{x_0} f(x)\:\text{d}x = [F(x)]_1^{x_0} = F(x_0) - F(1) = a[x_0 \ln (x_0) - x_0] - a [1 \ln (1) - 1] =.\]

    l'aire bleutée est en unités d'aire : \(a [x_0 \ln (x_0) - x_0] + a = a\left[x_0 \ln (x_0) - x_0 + 1\right]\).

Figure du corrigé de l'exercice 4

On note \(T\) la tangente à la courbe \(\mathcal{C}\) au point \(M\) d'abscisse \(x_{0}\).

On appelle \(A\) le point d'intersection de la tangente \(T\) avec l'axe des ordonnées et \(B\) le projeté orthogonal de \(M\) sur l'axe des ordonnées.

Figure du corrigé de l'exercice 4
  1. On sait (équation de la tangente au point d'abscisse \(x_0\)) que :

    \(M(x~;~y)\in T \iff y - f(x_0) = f'\left(x - x_0) \right)\).

    \(\bullet~~\)\(f\left(x_0\right) = a\ln x_0\) ;

    \(\bullet~~\)\(f\) est dérivable sur \(]0~;~+ \infty[\) et sur cet intervalle \(f'(x) = \dfrac ax\), donc \(f'\left(x_0 \right) = \dfrac{a}{x_0}\).

    On obtient donc :

    \(M(x~;~y)\in T \iff y - a\ln x_0 = \dfrac{a}{x_0} \times \left(x - x_0 \right) \iff y = a\ln x_0 + \dfrac{ax}{x_0} - a\).

    En particulier \(T\) coupe l'axe des ordonnées si \(x = 0\), d'où \(y = a\ln x_0 - a\) (ordonnée de A).

    L'ordonnée de B est égale à \(f\left(x_0\right) = a\ln \left(x_0\right)\).

    On a \(\text{AB} = \left|y_{\text{B}} - y_{\text{A}} \right| = \left|a\ln \left(x_0\right) - \left(a\ln x_0 - a\right) \right| = \left|a \right| = a\) (car \(a > 0\)).

    Remarque : On a \(f(\mathrm{e}) = a \ln \mathrm{e} = a \times 1 = a\).

    \(f(\mathrm{e}) = a\) : on a mis en évidence ceci sur le dessin ; le corollaire est que la tangente à la courbe au point d'abscisse e contient l'origine O !

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Au programme du sujet 2024 · Amérique du Nord · jour 2

Épreuve de spécialité mathématiques du baccalauréat général, session 22 mai 2024, durée 4 heures, 20 points. Chaque exercice est corrigé en détail, avec les rappels de cours utiles et les pièges à éviter.