Annales Bac · Spécialité mathématiques › 2023
2023Bac spé maths · Métropole, Antilles-Guyane (septembre) · Jour 1
Épreuve écrite de spécialité mathématiques, série générale · 11 septembre 2023
Exercice 1 (4 pts)
Cet exercice est un questionnaire à choix multiples.
Pour chacune des questions suivantes, une seule des quatre réponses proposées est exacte.
Une réponse exacte rapporte un point. Une réponse fausse, une réponse multiple ou l'absence de réponse à une question ne rapporte ni n'enlève de point.
Pour répondre, indiquer sur la copie le numéro de la question et la lettre de la réponse choisie.
Aucune justification n'est demandée.
On considère la fonction \(f\) définie sur \(\mathbb{R}\) par
\[f(x) = x \mathrm{e}^{x^2 - 3}.\]Une des primitives \(F\) de la fonction \(f\) sur \(\mathbb{R}\) est définie par:
a. \(F(x) = 2x\mathrm{e}^{x^2 - 3}\) b. \(F(x) = \left(2x^2 + 1\right)\mathrm{e}^{x^2 - 3}\) c. \(F(x) = \dfrac12 x\mathrm{e}^{x^2 - 3}\) d. \(F(x) = \dfrac12 \mathrm{e}^{x^2 - 3}\) On considère la suite \(\left(u_n\right)\) définie pour tout entier naturel \(n\) par:
\[u_n = \mathrm{e}^{2n+1}.\]La suite \(\left(u_n\right)\) est:
a. arithmétique de raison 2 ; b. géométrique de raison e; c. géométrique de raison e\(^2\) ; d. convergente vers e. Pour les questions 3. et 4., on considère la suite \(\left(u_n\right)\) définie sur \(\mathbb{N}\) par:
\[u_0 = 15 \quad \text{et pour tout entier naturel }\: n \quad :\: u_{n+1} = 1{,}2u_n + 12.\]La fonction Python suivante, dont la ligne 4 est incomplète, doit renvoyer la plus petite valeur de l'entier \(n\) telle que \(u_n > 10\,000\).
def seuil() : n=0 u=15 while … …: n=n+1 u=1,2*u+12 return(n)À la ligne 4, on complète par :
a. u\(\leqslant 10\,000\) ; b. u \(=10\,000\) c. u\(> 10\,000\); d. \(n\leqslant 10\,000\). On considère la suite \(\left(v_n\right)\) définie sur \(\mathbb{N}\) par : \(v_n = u_n + 60\).
La suite \(\left(v_n\right)\) est:
a. une suite décroissante ; b. une suite géométrique de raison 1,2 ; c. une suite arithmétique de raison \(60\) ; d. une suite ni géométrique ni arithmétique.
Voir le corrigé de l'exercice 1
- \[f(x) = x \mathrm{e}^{x^2 - 3}.\]
Avec \(F(x) = \dfrac12 \mathrm{e}^{x^2 - 3}\), on a \(F'(x) = 2x \times \dfrac12\mathrm{e}^{x^2 - 3} = x\mathrm{e}^{x^2 - 3} = f(x)\) : réponse d.
On considère la suite \(\left(u_n\right)\) définie pour tout entier naturel \(n\) par:
\[u_n = \mathrm{e}^{2n+1}.\]Si pour tout entier naturel \(n\), \(u_n = \mathrm{e}^{2n+1}\), alors \(u_{n+1} = \mathrm{e}^{2(n+1)+ 1} = \mathrm{e}^{2n + 2 + 1} = \mathrm{e}^{2} \times \mathrm{e}^{2n + 1} = \mathrm{e}^{2} \times u_n\) : cette égalité montre que la suite \(\left(u_n\right)\) est géométrique de raison \(\mathrm{e}^{2}\) : réponse c.
Pour les questions 3. et 4., on considère la suite \(\left(u_n\right)\) définie sur \(\mathbb{N}\) par:
\[u_0 = 15 \quad \text{et pour tout entier naturel }\: n \quad :\: u_{n+1} = 1{,}2u_n + 12.\]def seuil() : n=0 u=15 while u<= 10\,000: n=n+1 u=1,2*u+12 return(n)Réponse a.
Attention, piège : Dans une boucle de seuil, on continue tant que la condition cherchée n’est pas encore réalisée. Ici on veut \(u_n > 10\,000\), donc on boucle tant que \(u \leqslant 10\,000\). Inverser la condition (while u > 10000) arrêterait la boucle immédiatement car \(u_0=15\).On considère la suite \(\left(v_n\right)\) définie sur \(\mathbb{N}\) par : \(v_n = u_n + 60\).
On a quel que soit \(n \in \mathbb{N}, \: v_{n+1} = u_{n+1} + 60 = 1{,}2u_n + 12 + 60 = 1{,}2u_n + 72 = 1{,}2\left(u_n + 60\right) = 1{,}2v_n\) : cette égalité montre que la suite \(\left(v_n\right)\) est géométrique de raison 1,2.
Exercice 2 (5 pts)
L'espace est rapporté à un repère orthonormé \(\left(\text{O}~;~\overrightarrow{\imath},~\overrightarrow{\jmath},~\overrightarrow{k}\right)\).
On considère les points
A\((1~;~0~;~-1)\), B\((3~;~-1~;~2)\), C\((2~;~-2~;~ -1)\) et D\((4~;~-1~;~-2)\).
On note \(\Delta\) la droite de représentation paramétrique
\[\left\{\begin{array}{l c l} x &=&\phantom{-}0\\ y &=&\phantom{-}2 + t\\ z &=& -1 + t \end{array}\right.\:,\:\: \text{avec } t\in \mathbb{R}.\]Montrer que les points A, B et C définissent un plan que l'on notera \(\mathcal{P}\).
Montrer que la droite (CD) est orthogonale au plan \(\mathcal{P}\).
Sur le plan \(\mathcal{P}\), que représente le point C par rapport à D ?
Montrer qu'une équation cartésienne du plan \(\mathcal{P}\) est: \(2x + y - z - 3 = 0\).
Calculer la distance CD.
Existe-t-il un point M du plan \(\mathcal{P}\) différent de C vérifiant MD \(= \sqrt 6\) ? Justifier la réponse.
Montrer que la droite \(\Delta\) est incluse dans le plan \(\mathcal{P}\).
Soit H le projeté orthogonal du point D sur la droite \(\Delta\).
Montrer que H est le point de \(\Delta\) associé à la valeur \(t = -2\) dans la représentation paramétrique de \(\Delta\) donnée ci-dessus.
En déduire la distance du point D à la droite \(\Delta\).
Voir le corrigé de l'exercice 2
L'espace est rapporté à un repère orthonormé \(\left(\text{O}~;~\overrightarrow{\imath},~\overrightarrow{\jmath},~\overrightarrow{k}\right)\).
On considère les points
A\((1~;~0~;~-1)\), B\((3~;~-1~;~2)\), C\((2~;~-2~;~ -1)\) et D\((4~;~-1~;~-2)\).
On note \(\Delta\) la droite de représentation paramétrique
\[\left\{\begin{array}{l c l} x &=&\phantom{-}0\\ y &=&\phantom{-}2 + t\\ z &=& -1 + t \end{array}\right.\:,\:\: \text{avec } t\in \mathbb{R}.\]On a \(\overrightarrow{\text{AB}}\begin{pmatrix}2\\-1\\3\end{pmatrix}\) et \(\overrightarrow{\text{AC}}\begin{pmatrix}1\\-2\\0\end{pmatrix}\) : ces deux vecteurs ne sont pas colinéaires (en comparant les premières coordonnées, s'il l'étaient on aurait \(\overrightarrow{\text{AB}} = 2\overrightarrow{\text{AC}}\), ce qui est faux), donc les points A, B et C ne sont pas alignés et définissent donc un plan unique \(\mathcal{P}\).
On a \(\overrightarrow{\text{CD}}\begin{pmatrix}2\\1\\-1 \end{pmatrix}\), puis
\(\bullet~~\) \(\overrightarrow{\text{CD}} \cdot \overrightarrow{\text{AB}} = 4 - 1 - 3 = 0\) ;
\(\bullet~~\) \(\overrightarrow{\text{CD}} \cdot \overrightarrow{\text{AC}} = 2 - 2 + 0 = 0\).
Le vecteur \(\overrightarrow{\text{CD}}\) est donc orthogonal à deux vecteurs non colinéaires du plan \(\mathcal{P}\), c'est donc un vecteur normal à ce plan.
Puisque \(\overrightarrow{\text{CD}} \cdot \overrightarrow{\text{AC}} = 0\) les droites (CD) et (AC) sont perpendiculaires en C, donc C est le projeté orthogonal de D sur le plan \(\mathcal{P}\).
Puisque \(\overrightarrow{\text{CD}}\) est un vecteur normal au plan \(\mathcal{P}\), on sait que ses cordonnées sont dans l'ordre les coefficients \(a, \: b,\:c\) de \(x,\:y,\:z\), soit :
\(M(x~;~y~;~z) \in \mathcal{P} \iff 2x + 1y - 1z + d = 0\).
En particulier C\((2~;~-2~;~ -1) \in \mathcal{P} \iff 2\times 2 + 1\times (- 2) - 1\times (- 1) + d = 0 \iff 4 - 2 + 1 + d = 0 \iff d = - 3\).
Finalement : \(M(x~;~y~;~z) \in \mathcal{P} \iff 2x + y - z - 3 = 0\).
On a grâce aux coordonnées du vecteur \(\overrightarrow{\text{CD}}\), CD\(^2 = 4 + 1 + 1 = 6\), d'où CD \(= \sqrt 6\).
Puisque C est le projeté orthogonal de D sur le plan \(\mathcal{P}\), ce point est celui qui est à la plus courte distance du point D, soit \(\sqrt 6\) : il n'existe donc pas d'autre point de \(\mathcal{P}\) situé à cette distance \(\sqrt 6\) de D;
Ou encore : la sphère de centre D et de rayon \(\sqrt 6\) est tangente en C au plan \(\mathcal{P}\), donc quel que soit M dans \(\mathcal{P}\), le triangle DCM est rectangle en C, d'hypoténuse [DM] et l'on sait qu'alors DM > DC \(= \sqrt 6\) : tout point M du plan aurez que C est donc à une distance supérieure à \(\sqrt 6\) de D.
Si \(M(x~;~y~;~z)\) est commun à \(\Delta\) et à \(\mathcal{P}\) ses coordonnées vérifient le système :
\(\left\{\begin{array}{l c l} x &=&\phantom{-}0\\ y &=&\phantom{-}2 + t\\ z &=& -1 + t\\ 2x + y - z - 3 &=& 0 \end{array}\right.\:,\:\: \text{avec } t\in \mathbb{R} \Rightarrow 2 \times 0 + 2 + t - (- 1 + t) - 3 = 0 \iff 0 = 0\) : ceci signifie que tout point de \(\Delta\) appartient à \(\mathcal{P}\) donc que \(\Delta\) est incluse dans le plan \(\mathcal{P}\).
Soit H le projeté orthogonal du point D sur la droite \(\Delta\).
Un vecteur directeur de la droite \(\Delta\) est \(\delta\begin{pmatrix}0\\1\\1\end{pmatrix}\) et avec H\((0~;~2 + t~;~- 1 + t)\), on a \(\overrightarrow{\text{DH}}\begin{pmatrix}4\\3 + t\\1 + t\end{pmatrix}\).
Or (DH) \(\perp \Delta \Rightarrow \delta \cdot \overrightarrow{\text{DH}} = 0 \iff 0 + 3 + t + 1 + t = 0 \iff 4 + 2t = 0 \iff 2t = - 4 \iff t = - 2\).
On a donc H\((0~;~0~;~- 3) \in \Delta\).
On a donc \(\overrightarrow{\text{DH}}\begin{pmatrix}4\\3 - 2\\1 - 2\end{pmatrix}\), soit \(\overrightarrow{\text{DH}}\begin{pmatrix}4\\1\\- 1\end{pmatrix}\) ; il en résulte que DH\(^2 = 4^2 +1^2 + (- 1)^2 = 18\).
Finalement DH \(= \sqrt{18} = \sqrt{9 \times 2} = \sqrt 9 \times \sqrt 2 = 3\sqrt 2\).
Exercice 3 (4 pts)
Les parties A et B sont indépendantes.
Les probabilités demandées seront données à \(10^{-3}\) près.
Pour aider à la détection de certaines allergies, on peut procéder à un test sanguin dont le résultat est soit positif, soit négatif.
Dans une population, ce test donne les résultats suivants :
Si un individu est allergique, le test est positif dans 97 % des cas;
Si un individu n'est pas allergique, le test est négatif dans 95,7 % des cas.
Par ailleurs, 20 % des individus de la population concernée présentent un test positif.
On choisit au hasard un individu dans la population, et on note :
\(A\) l'évènement « l'individu est allergique » ;
\(T\) l'évènement « l'individu présente un test positif ».
On notera \(\overline{A}\) et \(\overline{T}\) les évènements contraires de \(A\) et \(T\). On appelle par ailleurs \(x\) la probabilité de l'évènement \(A\) : \(x = p(A)\).
Partie A
Reproduire et compléter l'arbre ci-contre décrivant la situation, en indiquant sur chaque branche la probabilité correspondante.
Démontrer l'égalité : \(p(T) = 0{,}927x + 0{,}043\).
En déduire la probabilité que l'individu choisi soit allergique.
Justifier par un calcul l'affirmation suivante :
« Si le test d'un individu choisi au hasard est positif, il y a plus de 80 % de chances que cet individu soit allergique ».

Partie B
On réalise une enquête sur les allergies dans une ville en interrogeant \(150\) habitants choisis au hasard, et on admet que ce choix se ramène à des tirages successifs indépendants avec remise.
On sait que la probabilité qu'un habitant choisi au hasard dans cette ville soit allergique est égale à \(0{,}08\).
On note \(X\) la variable aléatoire qui à un échantillon de \(150\) habitants choisis au hasard associe le nombre de personnes allergiques dans cet échantillon.
Quelle est la loi de probabilité suivie par la variable aléatoire \(X\) ?
Préciser ses paramètres.
Déterminer la probabilité que \(20\) personnes exactement parmi les \(150\) interrogées soient allergiques.
Déterminer la probabilité qu'au moins 10 % des personnes parmi les \(150\) interrogées soient allergiques.
Voir le corrigé de l'exercice 3
Les probabilités demandées seront données à \(10^{-3}\) près.
Partie A
D'après l'énoncé :
\(p_A(T) = 0{,}97\) ;
\(p_{\overline{A}}\left(\overline{T}\right) = 0{,}957\) ;
\(p(T) = 0{,}2\).
D'où l'arbre pondéré :

D'après la loi des probabilités totales :
\(p(T) = p(A \cap T) + p\left(\overline{A} \cap T\right) = p(A) \times p_{A}(T) + p\left(\overline{A}\right) \times p_{\overline{A}}(T) = x \times 0{,}97 + (1 - x) \times 0{,}043 = 0{,}97x + 0{,}043 -0{,}043x = 0{,}927x + 0{,}043\).
Comme \(p(T) = 0{,}2 = 0{,}927x + 0{,}043 \iff 0{,}157 = 0{,}927x \iff \dfrac{0,157}{0,927} = x\).
Or \(\dfrac{0,157}{0,927} \approx 0{,}1694\) soit 0,169 au millième près.
\(x = p(A) \approx 0{,}169\).
L'affirmation se traduit par : \(p_T(A) > 0{,}8\).
Or \(p_T(A) = \dfrac{p(T \cap A)}{p(T)} = \dfrac{p(A \cap T)}{p(T)} = \dfrac{p(A) \times p_A(T)}{p(T)} \approx \dfrac{0,169 \times 0{,}97}{0,2}\), soit
\(p_T(A) \approx \dfrac{0{,}16393}{0,2} \approx 0{,}81965\), soit environ 81,97 % : l'affirmation est vraie.
Partie B
Les tirages successifs étant indépendants et chaque personne ayant un probabilité d'être allergique égale à 0,08, \(X\) suit une loi de Bernoulli de paramètres \(n = 150\) et \(p = 0{,}08\).
La calculatrice donne \(p(X = 20) \approx 0{,}00820\), soit 0,008 au millième près.
La calculatrice donne \(p(X \leqslant 14) \approx 0{,}7797\), donc \(p(X \geqslant 15) = 1 - p(X \leqslant 14) \approx 1 - 0{,}7797 \approx 0{,}2203\) soit 0,220 au millième près.
Exercice 4 (7 pts)
PARTIE A
On définit sur l'intervalle \(]0~;~+\infty[\) la fonction \(g\) par :
\[g(x) = \dfrac 2x - \dfrac{1}{x^2} + \ln x \quad \text{où ln désigne la fonction logarithme népérien}.\]On admet que la fonction \(g\) est dérivable sur \(]0~;~+\infty[ = I\) et on note \(g'\) sa fonction dérivée.
Montrer que pour \(x > 0\), le signe de \(g'(x)\) est celui du trinôme du second degré \(\left(x^2 - 2x + 2\right)\).
En déduire que la fonction \(g\) est strictement croissante sur \(]0~;~+\infty[\).
Montrer que l'équation \(g(x) = 0\) admet une unique solution sur l'intervalle [0,5 ; 1], que l'on notera \(\alpha\).
On donne le tableau de signes de \(g\) sur l'intervalle \(]0~;~+\infty[ = I\) :

Justifier ce tableau de signes à l'aide des résultats obtenus aux questions précédentes.
PARTIE B
On considère la fonction \(f\) définie sur l'intervalle \(]0~;~+\infty[ = I\) par:
\[f(x) = \mathrm{e}^x \ln x.\]On note \(\mathcal{C}_f\) la courbe représentative de \(f\) dans un repère orthonormé.
On admet que la fonction \(f\) est deux fois dérivable sur \(]0~;~+\infty[\), on note \(f'\) sa fonction dérivée, \(f''\) sa fonction dérivée seconde et on admet que :
pour tout nombre réel \(x > 0,\:\: f'(x) = \mathrm{e}^x \left(\dfrac 1x + \ln x\right)\).
Démontrer que, pour tout nombre réel \(x > 0\), on a : \(f''(x) = \mathrm{e}^x \left(\dfrac 2x - \dfrac{1}{x^2} + \ln x\right)\).
On pourra remarquer que pour tout réel \(x > 0\), \(f''(x) = \mathrm{e}^x \times g(x)\), où \(g\) désigne la fonction étudiée dans la partie A.
Dresser le tableau de signes de la fonction \(f''\) sur \(]0~;~+\infty[\). Justifier.
Justifier que la courbe \(\mathcal{C}_f\) admet un unique point d'inflexion A.
Étudier la convexité de la fonction \(f\) sur l'intervalle \(]0~;~+\infty[\). Justifier.
Calculer les limites de \(f\) aux bornes de son ensemble de définition.
Montrer que \(f'(\alpha) = \dfrac{\mathrm{e}^{\alpha}}{\alpha^2}(1 - \alpha)\).
On rappelle que \(\alpha\) est l'unique solution de l'équation \(g(x) = 0\).
Démontrer que \(f'(\alpha) > 0\) et en déduire le signe de \(f'(x)\) pour \(x\) appartenant à \(]0~;~+\infty[\).
En déduire le tableau de variations complet de la fonction \(f\) sur \(]0~;~+\infty[\).
Voir le corrigé de l'exercice 4
PARTIE A
On définit sur l'intervalle \(]0~;~+\infty[\) la fonction \(g\) par :
\[g(x) = \dfrac 2x - \dfrac{1}{x^2} + \ln x \quad \text{où ln désigne la fonction logarithme népérien}.\]On admet que la fonction \(g\) est dérivable sur \(]0~;~+\infty[\) et on note \(g'\) sa fonction dérivée.
La fonction \(g\) somme de fonctions dérivables sur \(]0~;~+\infty[\) est dérivable et sur cet intervalle:
\(g'(x) = - \dfrac{2}{x^2} + \dfrac{2}{x^3} + \dfrac{1}{x} = \dfrac{x^2 - 2x + 2}{x^3}\).
Or \(x > 0 \Rightarrow x^3 > 0\), donc le signe de \(g'(x)\) est celui du numérateur le trinôme \(x^2 - 2x + 2\).
On a \(x^2 - 2x + 2 = (x - 1)^2 - 1 + 2 = (x - 1)^2 + 1\).
Comme \((x - 1)^2 + 1 \geqslant 1 > 0\), ce trinôme est donc supérieur à zéro pour tout \(x > 0\) : la fonction \(g\) est donc strictement croissante sur \(]0~;~+\infty[\).
\(\bullet~~\) On a \(\displaystyle\lim_{x \to 0} -\dfrac 2x = - \infty, \: \displaystyle\lim_{x \to 0} - \dfrac{1}{x^2} = - \infty\) et \(\displaystyle\lim_{x \to 0} \ln x = - \infty\).
Par somme de limites on en déduit que \(\displaystyle\lim_{x \to + \infty} g(x) = - \infty\).
\(\bullet~~\) On a \(\displaystyle\lim_{x \to + \infty} - \dfrac{2}{x^2} = 0, \: \displaystyle\lim_{x \to + \infty}\dfrac{2}{x^3} = 0\) et \(\displaystyle\lim_{x \to + \infty}\ln x = + \infty\).
Par somme de limites on en déduit que \(\displaystyle\lim_{x \to + \infty} g(x) = + \infty\).

La fonction \(g\) est continue sur l'intervalle \(]0~;~+\infty[\) car dérivable sur cet intervalle et on a démontré que sur cet intervalle la fonction est croissante de moins l'infini à plus l'infini : d'après le théorème des valeurs intermédiaires il existe un réel unique \(\alpha\) tel que \(g(\alpha) = 0\).
On a (calculatrice) \(g(0{,}5) \approx - 0{,}69\) et \(g(1) = 1\) , le même théorème permet d'affirmer que
\(0{,}5 < \alpha < 1\).
PARTIE B
On considère la fonction \(f\) définie sur l'intervalle \(]0~;~+\infty[\) par:
\[f(x) = \mathrm{e}^x \ln x.\]On admet que pour tout nombre réel \(x > 0,\:\: f'(x) = \mathrm{e}^x \left(\dfrac 1x + \ln x\right)\).
Produit de fonctions dérivables sur \(]0~;~+\infty[\), \(f'(x)\) est dérivable et sur cet intervalle :
\(f''(x) = \mathrm{e}^x \left(\dfrac 1x + \ln x\right) + \mathrm{e}^x \left(-\dfrac{1}{x^2} + \dfrac 1x\right) = \mathrm{e}^x \left(\dfrac 1x + \ln x -\dfrac{1}{x^2} + \dfrac 1x\right) = \mathrm{e}^x \left(\dfrac 2x - \dfrac{1}{x^2} + \ln x\right)\).
On a donc \(f''(x) = \mathrm{e}^x g(x)\).
Comme \(\mathrm{e}^x > 0\) quel que soit le réel \(x\), le signe de \(f''(x)\) est celui de \(g(x)\) donné précédemment, soit

On sait que si \(f''(\beta) = 0\), la courbe \(\mathcal{C}_f\) admet un point d'inflexion au point d'abscisse \(\beta\).
Or \(f''(x) = 0 \iff \mathrm{e}^x g(x) = 0 \iff g(x) = 0 \iff x = \alpha\).
Rem. : la calculatrice donne \(\alpha \approx 0{,}592\), puis \(f(\alpha) \approx - 0{,}948\). Le point A\((0{,}592~;~-0{,}948)\) est le seul point d'inflexion de la courbe \(\mathcal{C}_f\).
On a vu que sur sur l'intervalle \(]0~;~\alpha]\), la dérivée seconde est négative : la fonction \(f\) est concave sur cet intervalle.
Sur l'intervalle \([\alpha~;~+ \infty[\) la dérivée seconde est positive : la fonction \(f\) est convexe sur cet intervalle.
\(\bullet~~\) On a \(\displaystyle\lim_{x \to 0} \mathrm{e}^x = 1\) et \(\displaystyle\lim_{x \to 0}\ln x = - \infty\), donc par produit de limites : \(\displaystyle\lim_{x \to 0}f(x) = - \infty\) ;
\(\bullet~~\) On a \(\displaystyle\lim_{x \to + \infty} \mathrm{e}^x = + \infty\) et \(\displaystyle\lim_{x \to + \infty} \ln x = + \infty\) , donc par produit de limites : \(\displaystyle\lim_{x \to + \infty}f(x) = + \infty\).
On sait que \(g(\alpha) = 0 \iff \dfrac{2}{\alpha} - \dfrac{1}{\alpha^2} + \ln \alpha = 0 \iff \ln \alpha = \dfrac{1}{\alpha^2} - \dfrac{2}{\alpha} = \dfrac{1}{\alpha^2}(1 - 2\alpha)\).
Donc \(f'(\alpha) = \mathrm{e}^{\alpha}\left(\dfrac{1}{\alpha} + \ln \alpha \right) = \mathrm{e}^{\alpha}\left(\dfrac{1}{\alpha} +\dfrac{1}{\alpha^2} - \dfrac{2}{\alpha}\right) = \mathrm{e}^{\alpha}\left(\dfrac{1}{\alpha^2} - \dfrac{1}{\alpha}\right) = \dfrac{\mathrm{e}^{\alpha}}{\alpha^2}(1 - \alpha)\).
On sait que \(\mathrm{e}^{\alpha} > 0, \: \alpha^2 > 0\) et que \(\alpha \approx 0{,}592 < 1\), donc \(1 - \alpha > 0\). Donc \(f'(\alpha) > 0\) comme produit de trois facteurs supérieurs à zéro.
On a vu que \(f''(x) = \mathrm{e}^x g(x)\), donc :
\(\bullet~~\)sur \(]0~;~\alpha], \: g(x) < 0\), donc \(\mathrm{e}^x g(x) = f''(x) < 0\) : la fonction \(f'\) est décroissante sur cet intervalle ;
\(\bullet~~\)sur \(]\alpha~;~+\infty[, \: g(x) > 0\), donc \(\mathrm{e}^x g(x) = f''(x) > 0\) : la fonction \(f'\) est croissante sur cet intervalle ;
\(\bullet~~\)Donc \(f'(\alpha)\) est le minimum de la fonction \(f'\) sur l'intervalle \(]0~;~+ \infty[\).
Ce minimum étant supérieur à zéro, on a donc \(f'(x) > 0\) sur \(]0~;~+ \infty[\) et enfin la fonction \(f\) est strictement croissante de moins l'infini à plus l'infini.
On peut établir le tableau de variations de la fonction \(f\) sur l'intervalle \(]0~;~+ \infty[\) :


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