Annales Bac · Spécialité mathématiques › 2024

2024Bac spé maths · Centres étrangers · Jour 1

Épreuve écrite de spécialité mathématiques, série générale · 5 juin 2024

5 juin 2024Durée : 4 heures20 points4 exercices
Fiche « Démonstration par récurrence »Fiche « Dérivée seconde et convexité »Fiche « Équation cartésienne d'un plan »Fiche « Loi binomiale »Couverture des fiches magiques Terminale spé maths

40 fiches · tout le programme

📒 Les fiches magiques

Exercice 1 (5 pts)

Partie A

On définit la fonction \(f\) sur l'intervalle [0 ; 1] par :

\[f(x) = \dfrac{0,96x}{0,93x + 0{,}03}.\]
  1. Démontrer que, pour tout \(x\) appartenant à l'intervalle [0 ; 1],

    \[f'(x) = \dfrac{0{,}0288}{(0{,}93x + 0{,}03)^2}.\]
  2. Déterminer le sens de variation de la fonction \(f\) sur l'intervalle [0 ; 1].

Partie B

La lutte contre le dopage passe notamment par la réalisation de contrôles antidopage qui visent à déterminer si un sportif a fait usage de substances interdites.

Lors d'une compétition rassemblant 1000 sportifs, une équipe médicale teste tous les concurrents. On propose d'étudier la fiabilité de ce test.

On appelle \(x\) le réel compris entre 0 et 1 qui désigne la proportion de sportifs dopés.

Lors de l'élaboration de ce test, on a pu déterminer que :

  • la probabilité qu'un sportif soit déclaré positif sachant qu'il est dopé est égale à 0,96 ;

  • la probabilité qu'un sportif soit déclaré positif sachant qu'il n'est pas dopé est égale à 0,03.

On note :

  • \(D\) l'évènement : « le sportif est dopé ».

  • \(T\) l'évènement : « le test est positif ».

  1. Recopier et compléter l'arbre de probabilité ci-dessous :

    Figure de l'exercice 1
  2. Déterminer, en fonction de \(x\), la probabilité qu'un sportif soit dopé et ait un test positif.

  3. Démontrer que la probabilité de l'évènement \(T\) est égale à \(0{,}93x + 0{,}03\).

  4. Pour cette question uniquement, on suppose qu'il y a \(50\) sportifs dopés parmi les 1000 testés.

    La fonction \(f\) désigne la fonction définie à la partie A.

    Démontrer que la probabilité qu'un sportif soit dopé sachant que son test est positif est égale à \(f(0{,}05)\). En donner une valeur arrondie au centième.

  1. On appelle valeur prédictive positive d'un test la probabilité que le sportif soit réellement dopé lorsque le résultat du test est positif.

    1. Déterminer à partir de quelle valeur de \(x\) la valeur prédictive positive du test étudié sera supérieure ou égale à \(0{,}9\). Arrondir le résultat au centième.

    2. Un responsable de la compétition décide de ne plus tester l'ensemble des sportifs, mais de cibler les sportifs les plus performants supposés être plus fréquemment dopés.

      Quelle est la conséquence de cette décision sur la valeur prédictive positive du test ?

      Argumenter en utilisant un résultat de la partie A.

Voir le corrigé de l'exercice 1

Partie A

  1. \(f\) est dérivable sur son ensemble de définition, en tant que fraction rationnelle.

    \(\begin{aligned}[t] \forall x \in [0~;~1],\quad f'(x) &= \dfrac{0,96 \times (0{,}93 x + 0{,}03) - (0{,}96x \times 0{,}93)}{(0{,}93x + 0{,}03)^2}\\ &=\dfrac{0,8928 x + 0{,}0288 - 0{,}8928 x}{(0{,}93x + 0{,}03)^2}\\ &=\dfrac{0,0288}{(0{,}93x + 0{,}03)^2}\end{aligned}\)

    On arrive donc bien à l'expression demandée.

  2. On a une fonction dérivée qui est le quotient d'un numérateur strictement positif par un dénominateur qui est le carré d'un réel non nul, donc strictement positif également, donc pour tout \(x\) dans \([0~;~1]\), \(f'(x)\) est strictement positif.

    On en déduit que la fonction \(f\) est strictement croissante sur \([0~;~1]\).

Partie B

  1. On a l'arbre suivant :

    Figure du corrigé de l'exercice 1
  2. Ici, on nous demande de déterminer :  \(P(D \cap T)\)

    \(P(\mathrm{D} \cap \mathrm{T}) = P(D)\times P_D(T) = x \times 0{,}96 = 0{,}96x\).

  3. Les évènements \(D\) et \(\overline{D}\) partitionnent l'univers, donc, d'après la loi des probabilités totales, on a :

    \(\begin{aligned} P(T) &= P(D \cap T) + P(\overline{D} \cap T)\\ &= 0{,}96x + (1 - x) \times 0{,}03\\ &= 0{,}96x + 0{,}03 - 0{,}03x\\ &= 0{,}93x + 0{,}03\end{aligned}\)

    On arrive bien à la probabilité annoncée.

  4. Dans cette question, on veut calculer \(P_T(D)\).

    Par définition des probabilités conditionnelles, on a :  \(P_T(D) = \dfrac{P(D \cap T)}{P(T)}\).

    D'après les questions précédentes, cela donne :  \(P_T(D) = \dfrac{0,96x}{0,93x + 0{,}03} = f(x)\).

    On est, dans cette question, avec 50 sportifs dopés sur les 1000 testés, donc en choisissant un sportif au hasard, on est en situation d'équiprobabilité et donc la probabilité qu'un sportif soit dopé est, pour cette question \(x = \dfrac{50}{1000} = 0{,}05\).

    La probabilité demandée est donc bien \(f(0{,}05) = \dfrac{0,96 \times 0{,}05}{0,93\times 0{,}05 + 0{,}03} = \dfrac{32}{51}\approx 0{,}627\) soit environ 0,63 au centième près.

    Attention, piège :

    Ne pas confondre \(P_D(T)\) (probabilité que le test soit positif sachant que le sportif est dopé) et \(P_T(D)\) (probabilité que le sportif soit dopé sachant que le test est positif), qui est la valeur prédictive positive demandée ici. On a \(P_T(D)=\dfrac{P(D\cap T)}{P(T)}\).

    1. La valeur prédictive positive du test est donc la probabilité \(P_T(D)\). D'après la question 4. a., pour toute probabilité \(x\) dans \([0~;~1]\), on a :  \(P_T(D)= f(x)\).

      On veut donc résoudre, dans \([0~;~1]\), l'inéquation :  \(f(x) \geqslant 0{,}9\).

      \(\begin{aligned} f(x) \geqslant 0{,}9&\iff \dfrac{0,96x}{0,93x + 0{,}03 } \geqslant 0{,}9\\ &\iff 0{,}96x \geqslant 0{,}9 (0{,}93x+0{,}03) \quad \text{car sur } [0~;~1],\quad 0{,}93x + 0{,}03 >0\\ &\iff (0{,}96 - 0{,}9\times 0{,}93)x \geqslant 0{,}9\times 0{,}03\\ &\iff 0{,}123x \geqslant 0{,}027\\ &\iff x \geqslant \dfrac{27}{123} =\dfrac{9}{41 } \end{aligned}\)

      C'est donc pour \(x\) supérieur à \(\dfrac{9}{41} \approx 0{,}22\) que la valeur prédictive positive du test sera supérieure ou égale à 0,9.

    2. Si on accepte comme vraie l'affirmation « les sportifs les plus performants [sont les] plus fréquemment dopés », alors le fait de restreindre la population testée aux sportifs les plus performants doit avoir pour conséquence de faire augmenter \(x\), la proportion de sportifs dopés dans la population testée.

      Comme la valeur prédictive positive est donnée par \(f(x)\) et que la fonction \(f\) est strictement croissante sur \([0~;~1]\), plus \(x\) augmente, plus \(f(x)\) augmente et donc plus on teste une population où la proportion de dopés est élevée (ce qui est le cas si on ne teste que les sportifs les plus performants), meilleure est la valeur prédictive positive du test.

Exercice 2 (5 pts)

On considère la fonction \(f\) définie sur l'intervalle [0 ; 1] par

\[f(x) = 2x\mathrm{e}^{-x}.\]

On admet que la fonction \(f\) est dérivable sur l'intervalle [0 ; 1].

    1. Résoudre sur l'intervalle [0 ; 1] l'équation \(f(x) = x\).

    2. Démontrer que, pour tout \(x\) appartenant à l'intervalle [0 ; 1],

      \[f'(x) = 2(1 - x)\mathrm{e}^{-x}.\]
    3. Donner le tableau de variations de la fonction \(f\) sur l'intervalle [0 ; 1].

      On considère la suite \(\left(u_n\right)\) définie par \(u_0 = 0{,}1\) et pour tout entier naturel \(n\),

      \[u_{n+1} = f\left(u_n\right).\]
    1. Démontrer par récurrence que, pour tout \(n\) entier naturel,

      \[0 \leqslant u_n < u_{n+1} \leqslant 1.\]
    2. En déduire que la suite \(\left(u_n\right)\) est convergente.

  1. Démontrer que la limite de la suite \(\left(u_n\right)\) est \(\ln (2)\).

    1. Justifier que pour tout entier naturel \(n,\: \ln (2) - u_n\) est positif.

    2. On souhaite écrire un script Python qui renvoie une valeur approchée de \(\ln(2)\) par défaut à \(10^{-4}\) près, ainsi que le nombre d'étapes pour y parvenir.

      Recopier et compléter le script ci-dessous afin qu'il réponde au problème posé.

      def seuil() :
               n = 0
               u = 0.1
               while ln (2) - u … 0.0001 :
                        n=n+1
                        u= …
               return (u, n)
    3. Donner la valeur de la variable \(n\) renvoyée par la fonction seuil ().

Voir le corrigé de l'exercice 2
    1. Résolvons, dans \([0~;~1]\), l'équation demandée :

      \(\begin{aligned}[t] f(x) = x &\iff 2x \mathrm{e}^{-x} = x\\ &\iff 2x \mathrm{e}^{-x} - x = 0\\ &\iff x(2\mathrm{e}^{-x}-1) = 0\\ &\iff x = 0 \quad \text{ ou } \quad 2\mathrm{e}^{-x} - 1 = 0\\ &\iff x = 0 \quad \text{ ou } \quad 2\mathrm{e}^{-x} = 1\\ &\iff x = 0 \quad \text{ ou } \quad \mathrm{e}^{-x} = \dfrac{1}{2}\\ &\iff x = 0 \quad \text{ ou } \quad -x = \ln\left(\dfrac{1}{2}\right) \\ &\iff x = 0 \quad \text{ ou } \quad x = \ln(2) \end{aligned}\)

      Or, 0 et ln(2) sont deux réels dans [0 ; 1] (en effet, la stricte croissance de ln sur \(\mathbb{R}^{*+}\) donne:   \(1 < 2 < \mathrm{e} \implies 0 < \ln(2) < 1\)).

      L'équation a donc deux solutions dans \([0~;~1]\) : 0 et ln(2).

    2. \(f\) est dérivable sur \([0~;~1]\), en tant que composée et produit de fonctions qui pourraient être définies et dérivables sur \(\mathbb{R}\) :

      \(\forall x \in [0 ; 1],\quad f'(x) = 2 \times \mathrm{e}^{-x} + (2x) \times (-\mathrm{e}^{-x}) = (2 - 2x)\mathrm{e}^{-x} = 2(1 -x)\mathrm{e}^{-x}\).

      On arrive donc à l'expression demandée.

    3. On sait que la fonction exponentielle est à valeurs strictement positives sur \(\mathbb{R}\). On a :  \(f(0) = 2\times 0 \mathrm{e}^{-0} = 0\)   et   \(f(1) = 2\times 1\mathrm{e}^{-1} = 2\mathrm{e}^{-1}\).

      On peut donc établir le tableau de variations de la fonction :

      Figure du corrigé de l'exercice 2
    1. Initialisation : Calculons \(u_1\). \(u_1 = f(u_0) = f(0{,}1) = 2\times 0{,}1\mathrm{e}^{-0{,}1} \approx 0{,}18\).

      On constate que l'inégalité est vraie pour \(n = 0\), on a bien :   \(0\leqslant u_0 < u_1 \leqslant 1\).

      Hérédité : Pour un entier naturel \(k\) donné, on suppose que l'inégalité   \(0\leqslant u_k < u_{k+1} \leqslant 1\)  est vraie.

      Montrons que l'inégalité sera vraie au rang suivant :

      Par hypothèse de récurrence on a :

      \(\begin{aligned}[t] 0\leqslant u_k < u_{k+1} \leqslant 1 &\implies f(0) \leqslant f(u_k) < f(u_{k+1}) \leqslant f(1)\\ &\hphantom{\implies}\quad \text{car \(f\) est strictement croissante sur }[0 ; 1]\\ &\implies 0 \leqslant u_{k+1 } < u_{k+2} \leqslant 2\mathrm{e}^{-1}\\ &\hphantom{\implies}\quad \text{car \(f\) est la fonction de récurrence de la suite } (u_n)\\ &\implies 0 \leqslant u_{k+1 } < u_{k+2} \leqslant 1\\ &\hphantom{\implies}\quad \text{car } 2\mathrm{e}^{-1} \approx 0{,}74 < 1\\ \end{aligned}\)

      Ainsi, la véracité de l'inégalité est héréditaire.

      Conclusion : L'inégalité est vraie au rang 0, et sa véracité est héréditaire pour tout entier naturel, donc, en vertu du principe de récurrence, on a :

      \(\forall n \in \mathbb{N},\quad 0 \leqslant u_{n} < u_{n+1} \leqslant 1\).

    2. On a notamment :

      • \(\forall n \in \mathbb{N},\quad u_{n} < u_{n+1}\).   La suite \((u_n)\) est donc (strictement) croissante.

      • \(\forall n \in \mathbb{N},\quad 0 \leqslant u_{n}\leqslant 1\).   La suite \((u_n)\) est donc bornée par 0 et 1.

      La suite étant croissante et majorée, on en déduit qu'elle est donc convergente, vers une limite \(\ell\) vérifiant \(0 \leqslant \ell \leqslant 1\).

  1. La suite \((u_n)\) est une suite convergente, définie par récurrence par la relation \(u_{n+1} = f(u_n)\), où la fonction \(f\) est continue (car dérivable) sur \([0 ; 1]\), intervalle qui contient la limite \(\ell\) de la suite.

    D'après le théorème « du point fixe », on en déduit que la limite ne peut être qu'une solution de l'équation \(f(x) = x\) dans l'intervalle \([0~;~1]\).

    D'après la question 1. a., cette équation n'a que deux solutions dans \([0 ; 1]\) : 0 et ln(2), or la suite est (strictement) croissante, donc minorée par son premier terme : \(u_0 = 0{,}1\), donc la limite ne saurait être inférieure à 0,1 : la possibilité d'avoir \(\ell = 0\) est donc écartée, et finalement, l'unique valeur possible pour \(\ell\) est donc \(\ln(2)\).

    La suite \((u_n)\) converge donc vers ln(2).

    1. La suite \(\left(u_n\right)\) est croissante et converge vers ln(2), donc elle est majorée par \(ln (2)\).

      On a donc :  \(\forall n \in \mathbb{N}, \quad u_n \leqslant \ln(2) \implies \ln(2) - u_n \geqslant 0\).

      Pour tout entier naturel \(n\), la différence \(\ln(2) - u_n\) est bien positive.

    2. Un terme de la suite \((u_n)\) sera donc toujours une valeur approchée par défaut de \(\ln(2)\). Si on veut que la valeur approchée soit à \(10^{-4}\) près, cela signifie que la différence entre \(u_n\), la valeur approchée, et \(\ln(2)\) doit être inférieure ou égale à \(10^{-4}\).

      On va donc explorer les termes consécutifs de la suite \((u_n)\) tant que

      \(\ln(2) - u_n > 0{,}0001\), de sorte que la boucle s'interrompra dès que la différence deviendra inférieure ou égale à \(10^{-4} = 0{,}0001\).

      Le script ci-dessous convient (à condition d'avoir importé les fonctions exp et log qui est la fonction logarithme népérien, de la librairie math, au préalable).

      On a dans ce corrigé ajouté les deux lignes qui rendent le programme exécutable

      			from math import exp
      			from math import log as ln
      			def seuil():
      			     n=0
      			     u=0.1
      			     while ln(2) - u > 0.0001:
      			          n=n+1
      			          u=2*u*exp(-u)
      			     return(u,n)

      Remarque : on peut aussi importer la constante d'Euler de la librairie maths et utiliser une variante : from math import e en lieu et place de la première ligne et u= 2*u*e**(-u) ou u= 2*u/(e**u) pour l'avant dernière.

    3. \(n = 11\)

Exercice 3 (5 pts)

On considère l'équation différentielle

\[\left(E_0\right) :\quad y' = y\]

où \(y\) est une fonction dérivable de la variable réelle \(x\).

  1. Démontrer que l'unique fonction constante solution de l'équation différentielle \(\left(E_0\right)\) est la fonction nulle.

  2. Déterminer toutes les solutions de l'équation différentielle \(\left(E_0\right)\).

    On considère l'équation différentielle

    \[(E) :\quad y' = y - \cos (x) - 3\sin (x)\]

    où \(y\) est une fonction dérivable de la variable réelle \(x\).

  3. La fonction \(h\) est définie sur \(\mathbb{R}\) par \(h(x) = 2 \cos (x) + \sin (x)\).

    On admet qu'elle est dérivable sur \(\mathbb{R}\).

    Démontrer que la fonction \(h\) est solution de l'équation différentielle \((E)\).

  4. On considère une fonction \(f\) définie et dérivable sur \(\mathbb{R}\).

    Démontrer que : « \(f\) est solution de \((E)\) » est équivalent à « \(f - h\) est solution de \(\left(E_0\right)\) ».

  5. En déduire toutes les solutions de l'équation différentielle \((E)\).

  6. Déterminer l'unique solution \(g\) de l'équation différentielle \((E)\) telle que \(g(0) = 0\).

  7. Calculer:

    \[\displaystyle\int_0^{\frac{\pi}{2}} \left[-2\mathrm{e}^x + \sin (x) + 2\cos (x)\right]\:\text{d}x.\]
Voir le corrigé de l'exercice 3
  1. Soit \(f(x)=k\) une fonction constante définie sur \(\mathbb{R}\) solution de \(\left( E_0\right)\).

    On a donc \(f'=f\) soit \(0=k\).

    L'unique fonction constante solution de l'équation différentielle \(\left(E_{0}\right)\) est donc la fonction nulle.

  2. Les solutions de l'équation différentielle \(\left(E_{0}\right)\) sont les fonctions de la forme

    \(f(x)=C\mathrm{e}^x\) avec \(C \in \mathbb{R}\).

  3. Pour tout réel \(x\) on a :   \(h'(x) =-2\sin(x) +\cos(x)\).

    D'autre part :   \(h(x)-\cos (x)-3 \sin (x)= 2 \cos (x)+\sin (x)- \cos (x)-3 \sin (x) =\)

    \(\cos(x)-2\sin(x)\)

    d'où pour tout réel \(x\),  \(h'(x) = h(x) -\cos (x)-3 \sin (x)\), c'est à dire, \(h\) est solution de l'équation différentielle \((E)\).

  4. Supposons que \(f\) soit une solution de \((E)\).

    Pour tout réel \(x\) on a :

    \(\begin{aligned}[t] (f-h)'(x)=f'(x)-h'(x) &\implies (f-h)'(x)= f(x) -\cos (x)-3 \sin (x) - \left( h(x) -\cos (x)-3 \sin (x) \right)\\ &\qquad \text{ car \(f\) et \(h\) sont solutions de \((E)\)}\\ & \Longrightarrow (f-h)'(x)= f(x) -\cos (x)-3 \sin (x) - h(x) +\cos (x)+3 \sin (x) \\ & \Longrightarrow (f-h)'(x)= f(x) - h(x) = (f-h)(x)\end{aligned}\)

    Donc \(f-h\) est solution de \(\left(E_{0}\right)\)

    Réciproquement : supposons que \(f-h\) soit solution de \(\left(E_{0}\right)\)

    On a donc \((f-h)'(x) = f(x) - h(x)\) soit \(f'(x) -h'(x)= f(x) -h(x)\)

    D'où : \(f'(x) = f(x) -h(x) +h'(x) = f(x) -h(x) + h(x) -\cos (x)-3 \sin (x)\) car \(h\) est solution de \((E)\)

    Donc : \(f'(x) = f(x) -\cos (x)-3 \sin (x)\) c'est à dire \(f\) est solution de \((E)\).

    Conclusion : \(f\) est solution de \((E)\) si et seulement si \(f-h\) est solution de \((E_0)\).

  5. On a donc \(f(x)-h(x)= C\mathrm{e}^x\) avec \(C \in \mathbb{R}\)

    Toutes les solutions de l'équation différentielle \((E)\) sont donc les fonctions

    \(f(x)=C\mathrm{e}^x +2\cos(x)+\sin(x)\) avec \(C \in \mathbb{R}\)

  6. \(g\) est solution de l'équation différentielle \((E)\) donc il existe un réel \(C\) tel que

    \(g(x)=C\mathrm{e}^x +2\cos(x)+\sin(x)\).

    De plus \(g(0)=0\) donc \(g(0)=C\mathrm{e}^0 +2\cos(0)+\sin(0)=0\).

    D'où \(C\times 1 +2\times 1 + 0 =0 \Longleftrightarrow C=-2\)

    On a donc :  \(g(x)=-2\mathrm{e}^x +2\cos(x)+\sin(x)\).

  7. Calculons :  \(\displaystyle I = \int_{0}^{\frac{\pi}{2}}\left(-2 \mathrm{e}^{x}+\sin (x)+2 \cos (x)\right)\, \mathrm{d} x = \int_{0}^{\frac{\pi}{2}} g(x)\, \mathrm{d} x\)

    \(\displaystyle I = \int_{0}^{\frac{\pi}{2}}\left(-2 \mathrm{e}^{x}+\sin (x)+2 \cos (x)\right)\, \mathrm{d} x = \Big[ -2\mathrm{e}^{x} -\cos(x) +2\sin(x) \Big]_0^ {\frac{\pi}{2}}\)

    \(I= -2\mathrm{e}^{\frac{\pi}{2}} -\cos\left( {\dfrac{\pi}{2}}\right) +2\sin\left( {\dfrac{\pi}{2}}\right) - \left( -2\mathrm{e}^{0} -\cos(0) +2\sin(0) \right)\)

    \(I= -2\mathrm{e}^{\frac{\pi}{2}} -0+2\times 1 - \left( -2 -1+2\times 0\right) = -2\mathrm{e}^{\frac{\pi}{2}}+ 2 +3 = -2\mathrm{e}^{\frac{\pi}{2}}+ 5\)

Exercice 4 (5 pts)

L'espace est muni d'un repère orthonormé \(\left(\text{O}~;~\overrightarrow{\imath},~\overrightarrow{\jmath},~\overrightarrow{k}\right)\).

On considère :

  • les points A\((-2~;~0~;~2)\),  B\((-1~;~3~;~0)\),  C\((1~;~-1~;~2)\) et D(0 ; 0 ; 3).

  • la droite \(\mathcal{D}_1\) dont une représentation paramétrique est \(\left\{\begin{array}{l c l} x&=&t\\ y &=& 3t\\ z &=& 3 + 5t \end{array}\right.\) avec \(t \in \mathbb{R}\).

  • la droite \(\mathcal{D}_2\) dont une représentation paramétrique est \(\left\{\begin{array}{l c l} x&=&1 + 3s\\ y &=& -1 - 5s\\z &=& 2 - 6s \end{array}\right.\) avec \(s \in~\mathbb{R}\).

  1. Démontrer que les points A, B et C ne sont pas alignés.

    1. Démontrer que le vecteur \(\overrightarrow{n}\begin{pmatrix}1\\3\\5\end{pmatrix}\) est orthogonal au plan (ABC).

    2. Justifier qu'une équation cartésienne du plan (ABC) est :

      \[x + 3y + 5z - 8 = 0.\]
    3. En déduire que les points A, B, C et D ne sont pas coplanaires.

    1. Justifier que la droite \(\mathcal{D}_1\) est la hauteur du tétraèdre ABCD issue de D.

      On admet que la droite \(\mathcal{D}_2\) est la hauteur du tétraèdre ABCD issue de C.

    2. Démontrer que les droites \(\mathcal{D}_1\) et \(\mathcal{D}_2\) sont sécantes et déterminer les coordonnées de leur point d'intersection.

    1. Déterminer les coordonnées du projeté orthogonal H du point D sur le plan (ABC).

    2. Calculer la distance du point D au plan (ABC).

      Arrondir le résultat au centième.

Voir le corrigé de l'exercice 4
  1. On a \(\overrightarrow{\mathrm{AB}} \begin{pmatrix} -1 - (-2)\\ 3-0 \\ 0-2 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 1\\ 3 \\ -2 \end{pmatrix}\) et \(\overrightarrow{\mathrm{AC}} \begin{pmatrix} 1 - (-2)\\ -1-0 \\ 2-2 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 3\\ -1 \\ 0 \end{pmatrix}\)

    \(\dfrac{3}{1}\neq \dfrac{-1}{3}\) donc les vecteurs \(\overrightarrow{\mathrm{AB}}\) et \(\overrightarrow{\mathrm{AC}}\) ne sont pas colinéaires donc les points A, B et C ne sont pas alignés

    1. \(\overrightarrow{n} \cdot \overrightarrow{\mathrm{AB}}= 1 \times 1 + 3 \times 3 + 5 \times -2 = 1 +9 -10=0\)

      \(\overrightarrow{n} \cdot \overrightarrow{\mathrm{AC}}= 1 \times 3 + 3 \times -1 + 5 \times 0 =3-3+0=0\)

      Le vecteur \(\overrightarrow{n}\begin{pmatrix}1 \\ 3 \\ 5\end{pmatrix}\) est donc orthogonal à deux vecteurs non colinéaires du plan (ABC) donc \(\overrightarrow{n}\) est orthogonal au plan (ABC).

    2. Le vecteur \(\overrightarrow{n}\) est orthogonal au plan (ABC), c'est donc un vecteur normal du plan (ABC).

      Une équation cartésienne du plan (ABC) est donc de la forme :

      \(x+3y+5z+d=0\) avec \(d\in\mathbb{R}\)

      De plus, le point A appartient au plan (ABC) donc ses coordonnées verifient l'équation du plan. On a donc :

      \(-2 +3\times 0 + 5\times 2 +d=0 \Longleftrightarrow -2+10+d=0 \Longleftrightarrow d=-8\)

      Une équation cartésienne du plan (ABC) est donc \(x+3 y+5 z-8=0\).

    3. \(x_D+3 y_D+5 z_D-8=0+3\times 0 +5\times 3 -8=15-8=7\neq 0\)

      Donc le point D n'appartient pas au plan (ABC) d'où les points A, B, C et D ne sont pas coplanaires.

    1. Une équation paramétrique de \(\mathcal{D}_{1}\) est : \(\begin{cases} x=t \\ y=3 t \\ z=3+5 t \end{cases}\) avec \(t \in \mathbb{R}\)

      D'une part : pour \(t=0\), on a \(\begin{cases} x=0 \\ y=3 \times0 =0 \\ z=3+5 \times 0 =3 \end{cases}\).

      On reconnait les coordonnées du point D, donc D appartient à la droite \(\mathcal{D}_{1}\).

      D'autre part : un vecteur directeur de \(\mathcal{D}_{1}\) est donc le vecteur \(\begin{pmatrix} 1\\ 3 \\ 5 \end{pmatrix}\) c'est à dire le vecteur \(\overrightarrow{n}\) qui est orthogonal au plan(ABC).

      Donc la droite \(\mathcal{D}_{1}\) est orthogonal au plan (ABC).

      Donc la droite \(\mathcal{D}_{1}\) est bien la hauteur du tétraèdre ABCD issue de D.

    2. Pour déterminer les points éventuels d'intersection des droites \(\mathcal{D}_{1}\) et \(\mathcal{D}_{2}\) résolvons le système (S) : \(\begin{cases} t=1+3s \\ 3 t=-1-5s \\ 3+5 t=2-6s \end{cases}\)

      (S) \(\Longleftrightarrow \begin{cases} t =1+3s \\ 3 \times (1+3s)=-1-5s \\ 3+5 \times ( 1+3s)=2-6s \end{cases} \Longleftrightarrow \begin{cases} t =1+3s \\ 3+9s=-1-5s \\ 3+5+15s=2-6s \end{cases}\)

      (S) \(\Longleftrightarrow \begin{cases} t =1+3s \\ 14s=-4\\ 21s=-6 \end{cases} \Longleftrightarrow \begin{cases} t =1+3s = 1 + 3\times \dfrac{-2}{7}= \dfrac{1}{7} \\ s=-\dfrac{4}{14}=-\dfrac{2}{7}\\ s=-\dfrac{6}{21} =-\dfrac{2}{7} \end{cases}\)

      Le système admet une unique solution donc les droites \(\mathcal{D}_{1}\) et \(\mathcal{D}_{2}\) sont sécantes.

      Remplaçons \(t\) par \(\dfrac{1}{7}\) dans l'équation paramétrique de \(\mathcal{D}_{1}\)

      \(\begin{cases} x= \dfrac{1}{7}\\ y=3 \times \dfrac{1}{7} = \dfrac{3}{7} \\ z=3+5 \times \dfrac{1}{7} = \dfrac{26}{7} \end{cases}\)

      Les droites \(\mathcal{D}_{1}\) et \(\mathcal{D}_{2}\) sont donc sécantes et les coordonnées de leur point d'intersection sont \(\left( \dfrac{1}{7}~;~\dfrac{3}{7}~;~\dfrac{26}{7}\right)\).

    1. Soit H le projeté orthogonal du point D sur le plan (ABC).

      H est donc l'intersection du plan (ABC) et de la hauteur issue de D dans le tétraèdre ABCD c'est à dire la droite \(\mathcal{D}_{1}\).

      Les coordonnées de H vérifient donc l'équation cartésienne du plan (ABC) et l'équation paramétrique de la droite \(\mathcal{D}_{1}\).

      \(t+3 \times (3t) +5 \times (3+5t) -8=0 \Longleftrightarrow t+9t+15+25t-8=0 \Longleftrightarrow 35t = -7 \Longleftrightarrow t= -\dfrac{7}{35} = -\dfrac{1}{5}\)

      Remplaçons \(t\) par \(-\dfrac{1}{5}\) dans l'équation paramétrique de \(\mathcal{D}_{1}\)

      \(\begin{cases} x=- \dfrac{1}{5}\\ y=3 \times \dfrac{-1}{5} = -\dfrac{3}{5} \\ z=3+5 \times \dfrac{-1}{5} = \dfrac{10}{5}=2 \end{cases}\)

      Le projeté orthogonal du point D sur le plan (ABC) est le point H de coordonnées H\(\left( - \dfrac{1}{5}~;~- \dfrac{3}{5}~;~2\right)\).

      Attention, piège :

      Ne pas confondre le point d’intersection de \(\mathcal{D}_1\) et \(\mathcal{D}_2\) trouvé en 3.b avec le projeté orthogonal H de D sur (ABC). H est l’intersection de la hauteur \(\mathcal{D}_1\) avec le plan (ABC) : il appartient donc à ce plan, contrairement au point \(\left(\dfrac{1}{7};\dfrac{3}{7};\dfrac{26}{7}\right)\).

    2. La distance du point D au plan (ABC) est égale à la longueur DH car H est le projeté orthogonal du point D sur le plan (ABC).

      \(\mathrm{DH}^2 = { { \left( - \dfrac{1}{5} - 0 \right) } ^2 + { \left( - \dfrac{3}{5} - 0 \right) } ^2 + (2-3)^2 }= { \dfrac{1}{25} + \dfrac{9}{25} + 1} ={ \dfrac{35}{25}}\)

      DH\(=\sqrt{ \dfrac{35}{25}}= \sqrt{ \dfrac{7}{5}} = \sqrt{\dfrac{14}{10}} = \sqrt{1,4}\) ou \(\dfrac{\sqrt{35}}{5} \approx 1{,}183\) soit 1,18 au centième près.

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