Annales Bac · Spécialité mathématiques › 2024

2024Bac spé maths · Métropole, Antilles-Guyane · Jour 2

Épreuve écrite de spécialité mathématiques, série générale · 20 juin 2024

20 juin 2024Durée : 4 heures20 points4 exercices
Fiche « Démonstration par récurrence »Fiche « Dérivée seconde et convexité »Fiche « Équation cartésienne d'un plan »Fiche « Loi binomiale »Couverture des fiches magiques Terminale spé maths

40 fiches · tout le programme

📒 Les fiches magiques

Exercice 1 (5 pts)

La directrice d'une école souhaite réaliser une étude auprès des étudiants qui ont passé l'examen de fin d'étude, pour analyser la façon dont ils pensent avoir réussi cet examen.

Pour cette étude, on demande aux étudiants à l'issue de l'examen de répondre individuellement à la question : « Pensez-vous avoir réussi l'examen ? ».

Seules les réponses « oui » ou « non » sont possibles, et on observe que \(91{,}7\,\%\) des étudiants interrogés ont répondu « oui ».

Suite à la publication des résultats à l'examen, on découvre que :

  • \(65\,\%\) des étudiants ayant échoué ont répondu « non » ;

  • \(98\,\%\) des étudiants ayant réussi ont répondu « oui ».

On interroge au hasard un étudiant qui a passé l'examen.

On note \(R\) l'évènement « l'étudiant a réussi l'examen » et \(Q\) l'évènement « l'étudiant a répondu « oui » à la question ».

Pour un évènement \(A\) quelconque, on note \(P(A)\) sa probabilité et \(\overline{A}\) son évènement contraire.

Dans tout l'exercice, les probabilités sont, si besoin, arrondies à \(10^{-3}\) près.

  1. Préciser les valeurs des probabilités \(P(Q)\) et \(P_{\overline{R}}\left(\overline{Q}\right)\).

  2. On note \(x\) la probabilité que l'étudiant interrogé ait réussi l'examen.

    1. Recopier et compléter l'arbre pondéré ci-dessous.

      Figure de l'exercice 1
    2. Montrer que \(x=0{,}9\).

  3. L'étudiant interrogé a répondu « oui » à la question.

    Quelle est la probabilité qu'il ait réussi l'examen?

  4. La note obtenue par un étudiant interrogé au hasard est un nombre entier entre 0 et 20 . On suppose qu'elle est modélisée par une variable aléatoire \(N\) qui suit la loi binomiale de paramètres \((20 ~;~0{,}615)\).

    La directrice souhaite attribuer une récompense aux étudiants ayant obtenu les meilleurs résultats.

    À partir de quelle note doit-elle attribuer les récompenses pour que \(65\,\%\) des étudiants soient récompensés?

  5. On interroge au hasard dix étudiants.

    Les variables aléatoires \(N_{1}, N_{2}, \ldots, N_{10}\) modélisent la note sur 20 obtenue à l'examen par chacun d'entre eux. On admet que ces variables sont indépendantes et suivent la même loi binomiale de paramètres \((20 ~;~ 0{,}615)\).
    Soit \(S\) la variable définie par \(S=N_{1}+N_{2}+\cdots+N_{10}\).
    Calculer l'espérance \(E(S)\) et la variance \(V(S)\) de la variable aléatoire \(S\).

  6. On considère la variable aléatoire \(M=\dfrac{S}{10}\).

    1. Que modélise cette variable aléatoire \(M\) dans le contexte de l'exercice ?

    2. Justifier que \(E(M)=12{,}3\) et \(V(M)=0{,}47355\).

    3. À l'aide de l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, justifier l'affirmation ci-dessous.

      « La probabilité que la moyenne des notes de dix étudiants pris au hasard soit strictement comprise entre 10,3 et 14,3 est d'au moins \(80\,\%\) ».

Voir le corrigé de l'exercice 1

Puisque l'on interroge un étudiant au hasard, on est en situation d'équiprobabilité, et les proportions sont assimilables à des probabilités.

  1. Comme 91,7 % des étudiants ont répondu oui, on a donc \(P(Q) = 0{,}917\).

    Et \(P_{\overline{R}}\big( \overline{Q}\big) = 0{,}65\), cela correspond à la probabilité que le candidat interrogé ait répondu « non », sachant qu'il a échoué à l'examen.

    1. L'arbre pondéré complété est :

      Figure du corrigé de l'exercice 1
    2. On sait que \(P(Q)=0{,}917\), or, comme \(R\) et \(\overline{R}\) partitionnent l'univers, en vertu de la loi des probabilités totales, on a également :

      \(\begin{aligned} P(Q) &= P\big(Q \cap R\big) + P\left(Q \cap \overline{R}\right)\\ &= x\times 0{,}98 + (1 -x) \times 0{,}35\\ &= 0{,}98x + 0{,}35 - 0{,}35x\\ &= 0{,}63x + 0{,}35 \end{aligned}\)

      Puisque la probabilité de \(Q\) est unique, on peut donc écrire, puis résoudre l'équation :

      \(\begin{aligned}[t] 0{,}63x + 0{,}35 = 0{,}917 &\iff 0{,}63x = 0{,}567\\ &\iff x = \dfrac{0,567}{0,63}\\ &\iff x = 0{,}9\end{aligned}\)

      La solution de l'équation est donc 0,9 : la probabilité que l'étudiant ait réussi son examen est donc de 0,9 (ou bien : 90 % des étudiants ont réussi leur examen).

  2. Pour cette question, on doit calculer \(P_Q(R)\).

    On a :  \(P_Q(R) = \dfrac{P(Q \cap R)}{P(Q)} = \dfrac{0,9 \times 0{,}98}{0,917}=\dfrac{0,882}{0,917}=\dfrac{126}{131}\approx 0{,}962\)

    Si l'étudiant interrogé a répondu « oui » à la question, la probabilité qu'il ait réussi l'examen est d'environ 0,962 (à \(10^{-3}\) près).

    C'est-à-dire qu'environ 96,2 % des étudiants ayant répondu « oui » ont effectivement réussi l'examen.

  3. Par exploration à la calculatrice, avec une loi binomiale de paramètres \((20~;~0{,}615)\), on a :  \(P(N\geqslant 11)\approx 0{,}797\),   et   \(P(N \geqslant 12) \approx 0{,}649\).

    En choisissant de récompenser les candidats dont la note est supérieure ou égale à 11, la directrice récompensera environ 80 % d'eux.

  4. Comme les dix variables aléatoires suivent la même loi binomiale de paramètres 20 et 0,615, chacune de ces variables aléatoires a

    • pour espérance :   \(E(N_i) = n \times p = 20 \times 0{,}615 = 12{,}3\);

    • et pour variance :   \(V(N_i) = n \times p \times (1-p) = 20 \times 0{,}615 \times 0{,}385 = 4{,}7355\).

    \(S\) étant la somme de ces dix variables aléatoires, on a :

    • \(E(S) = E(N_1) + E(N_2) + \dots + E(N_{10}) = 12{,}3 + 12{,}3 + ... + 12{,}3 = 123\);

    • comme les variables aléatoires sont indépendantes,

      \(V(S) = V(N_1) + V(N_2) + \dots + V(N_{10}) = 10 \times 4{,}7355 = 47{,}355\).

    1. La variable aléatoire \(M\) donne la moyenne des notes obtenues par un groupe (un échantillon) de 10 étudiants choisis au hasard.

    2. On a bien

      • \(E(M)= \dfrac{1}{10}\times E(S) = \dfrac{1}{10}\times 123 = 12{,}3\);

      • \(V(M)=\left(\dfrac{1}{10}\right)^2\times V(S) = \dfrac{1}{100}\times 47{,}355 = 0{,}47355\).

    3. On remarque que l'intervalle de notes considéré : \(]10{,}3~;~14{,}3[\) est un intervalle centré sur l'espérance de \(M\), autrement dit, la probabilité qui nous intéresse est celle de l'évènement :   \(A = \big\{|M - E(M)| < 2\big\}\).

      L'évènement contraire de cet évènement est :   \(\overline{A} = \big\{|M - E(M)| \geqslant 2\big\}\).

      L'inégalité de Bienaymé-Tchebychev affirme que :

      \(\begin{aligned}[t] P\big( |M - E(M)| \geqslant 2 \big) \leqslant \dfrac{V(M)}{2^2 } &\iff P\big( |M -12{,}3| \geqslant 2 \big) \leqslant \dfrac{0,47355}{4}\\ &\iff P\big( |M -12{,}3| \geqslant 2 \big) \leqslant 0{,}1183875 \\ &\iff P\big( |M -12{,}3| < 2 \big) \geqslant 1 - 0{,}1183875\\ &\iff P\big( |M -12{,}3| < 2 \big) \geqslant 0{,}8816125 \end{aligned}\)

      L'affirmation « La probabilité que la moyenne des notes de dix étudiants pris au hasard soit strictement comprise entre 10,3 et 14,3 est d'au moins \(80\,\%\) » est donc bien correcte, la probabilité que cet évènement soit réalisé étant supérieure à 0,88, elle est aussi supérieure à 0,8 qui correspond à 80 %.

Exercice 2 (5 pts)

Les parties A et B sont indépendantes

Alain possède une piscine qui contient \(50\, \mathrm{~m}^{3}\) d'eau. On rappelle que \(1\, \mathrm{~m}^{3}=1000\, \mathrm{~L}\).

Pour désinfecter l'eau, il doit ajouter du chlore.

Le taux de chlore dans l'eau, exprimé en \(\mathrm{mg}\cdot \mathrm{L}^{-1}\), est défini comme la masse de chlore par unité de volume d'eau. Les piscinistes préconisent un taux de chlore compris entre \(1\) et \(3\, \mathrm{mg \cdot L}^{-1}\).

Sous l'action du milieu ambiant, notamment des ultraviolets, le chlore se décompose et disparaît peu à peu.

Alain réalise certains jours, à heure fixe, des mesures avec un appareil qui permet une précision à \(0{,}01 \,\mathrm{mg \cdot L}^{-1}\). Le mercredi 19 juin, il mesure un taux de chlore de \(0{,}70\,\mathrm{mg \cdot L}^{-1}\).

Partie A : étude d'un modèle discret.

Pour maintenir le taux de chlore dans sa piscine, Alain décide, à partir du jeudi 20 juin, d'ajouter chaque jour une quantité de \(15\, \mathrm{~g}\) de chlore. On admet que ce chlore se mélange uniformément dans l'eau de la piscine.

  1. Justifier que cet ajout de chlore fait augmenter le taux de \(0{,}3\, \mathrm{mg \cdot L}^{-1}\).

  2. Pour tout entier naturel \(n\), on note \(v_{n}\) le taux de chlore, en \(\mathrm{mg \cdot L}^{-1}\), obtenu avec ce nouveau protocole \(n\) jours après le mercredi 19 juin. Ainsi \(v_{0}=0{,}7\).
    On admet que pour tout entier naturel \(n\),

    \[v_{n+1}=0{,}92 v_{n}+ 0{,}3.\]
    1. Montrer par récurrence que pour tout entier naturel \(n, \quad v_{n} \leqslant v_{n+1} \leqslant 4\).

    2. Montrer que la suite \(\left(v_{n}\right)\) est convergente et calculer sa limite.

  3. À long terme, le taux de chlore sera-t-il conforme à la préconisation des piscinistes ? Justifier la réponse.

  4. Reproduire et compléter l'algorithme ci-après écrit en langage Python pour que la fonction

     | alerte_chlore|

    renvoie, lorsqu'il existe, le plus petit entier \(n\) tel que \(v_{n}> s\).

    		def alerte_chlore(s) :
    		         n = 0
    		         u = 0.7
    		         while … :
    		                  n = …
    		                  u = …
    		         return n
  5. Quelle valeur obtient-on en saisissant l'instruction

     | alerte_chlore(3)|

    ? Interpréter ce résultat dans le contexte de l'exercice.

Partie B : étude d'un modèle continu.

Alain décide de faire appel à un bureau d'études spécialisées. Celui-ci utilise un modèle continu pour décrire le taux de chlore dans la piscine.

Dans ce modèle, pour une durée \(x\) (en jours écoulés à compter du mercredi 19 juin), \(f(x)\) représente le taux de chlore, en \(\mathrm{mg}\cdot \mathrm{L}^{-1}\), dans la piscine.

On admet que la fonction \(f\) est solution de l'équation différentielle \((E)\) : \(y'=-0{,}08 y+\dfrac{q}{50}\), où \(q\) est la quantité de chlore, en gramme, rajoutée dans la piscine chaque jour.

  1. Justifier que la fonction \(f\) est de la forme \(f(x)=C \mathrm{e}^{-0{,}08 x}+\dfrac{q}{4}\) où \(C\) est une constante réelle.

    1. Exprimer en fonction de \(q\) la limite de \(f\) en \(+\infty\).

    2. On rappelle que le taux de chlore observé le mercredi 19 juin est égal à \(0{,}7\, \mathrm{mg \cdot L}^{-1}\).
      On souhaite que le taux de chlore se stabilise à long terme autour de \(2\, \mathrm{mg \cdot L}^{-1}\). Déterminer les valeurs de \(C\) et \(q\) afin que ces deux conditions soient respectées.

Voir le corrigé de l'exercice 2

Partie A : étude d'un modèle discret.

  1. Ajouter 15 g, soit 15 000, de chlore, dans une piscine de 50, soit 50 000, c'est donc faire augmenter la concentration de : \(\dfrac{15000}{50000} =\dfrac{15}{50}= \dfrac{3}{10} = 0{,}3\).

  2. Remarque : la relation de récurrence peut s'interpréter, en disant que sous l'action du milieu ambiant, 8 % du chlore présent dans la piscine disparaît chaque jour (et donc 92 % du chlore présent une journée est encore présent le jour suivant).

    1. Initialisation : on a   \(v_0 = 0{,}7\)

      d'après la relation de récurrence :  \(v_1 = 0{,}92v_0 + 0{,}3 = 0{,}944\).

      On a donc bien :  \(v_0 \leqslant v_1 \leqslant 4\).

      L'inégalité souhaitée est donc vérifiée au rang 0.

      Hérédité : soit \(n\) naturel donné, tel que l'inégalité est vraie au rang \(n\), c'est-à-dire que :  \(v_n \leqslant v_{n+1}\leqslant 4\).

      Par hypothèse de récurrence, on a :

      \(\begin{aligned}[t] v_n \leqslant v_{n+1}\leqslant 4 &\implies 0{,}92 v_n \leqslant 0{,}92v_{n+1} \leqslant 0{,}92 \times 4\qquad\text{car } 0{,}92 >0\\ &\implies 0{,}92 v_n + 0{,}3 \leqslant 0{,}92v_{n+1}+ 0{,}3 \leqslant 3{,}68 + 0{,}3 \\ &\implies v_{n+1} \leqslant v_{n+2} \leqslant 3{,}98 \\ &\implies v_{n+1} \leqslant v_{n+2} \leqslant 4\\ \end{aligned}\)

      La véracité de l'inégalité est donc héréditaire.

      Conclusion : L'encadrement est vrai au rang 0 et s'il est vrai au rang \(n \in \mathbb{N}\), il l'est encore au rang \(n + 1\), donc en vertu du principe de récurrence, pour tout entier \(n\) naturel, on a :  \(v_n \leqslant v_{n+1} \leqslant 4\).

    2. De la question précédente, on retient :

      • \(\forall n \in \mathbb{N},\quad v_n \leqslant v_{n+1}\)  donc la suite \(\left(v_n\right)\) est croissante;

      • \(\forall n \in \mathbb{N},\quad v_n \leqslant 4\)   donc la suite \(\left(v_n\right)\) est majorée par 4.

      D'après le théorème de croissance monotone la suite \(\left(v_n\right)\) est donc convergente, vers une limite \(\ell\) inférieure ou égale à 4.

      De plus, la suite \(\left(v_n\right)\) est définie par récurrence, et la fonction de récurrence :   \(x\longmapsto 0{,}92x + 0{,}3\)   est continue sur \(\mathbb{R}\), puisque c'est une fonction affine, donc la suite ne peut converger que vers un point fixe de la fonction de récurrence

      \(\ell\) est donc une solution de l'équation :  \(\begin{aligned}[t] x = 0{,}92x + 0{,}3 &\iff 0{,}08x = 0{,}3\\&\iff x = \dfrac{0,3}{0,08}\\&\iff x = 3{,}75\end{aligned}\)

      L'équation n'a qu'une solution, donc la suite \(\left(v_n\right)\) converge vers \(3{,}75\).

      Attention, piège :

      Une suite croissante et majorée par \(4\) ne converge pas nécessairement vers \(4\) : le majorant n’est pas sa limite. Pour calculer la limite \(\ell\), on résout \(\ell = 0{,}92\ell + 0{,}3\), ce qui donne ici \(\ell = 3{,}75\).

  3. À long terme, le taux de chlore ne sera pas conforme à la préconisation des piscinistes, car si la limite est \(3{,}75\) alors tout intervalle ouvert contenant \(3{,}75\) contiendra tous les termes à partir d'un certain rang. Notamment l'intervalle \(]3~;~5[\).

    Il existe donc un rang à partir duquel les termes de la suite seront dans l'intervalle \(]3~;~5[\), et donc la concentration en chlore dépassera strictement la limite supérieure de 3 recommandée par les piscinistes.

  4. C'est un algorithme de seuil classique, on va calculer les termes de la suite, les uns après les autres. Pour s'arrêter dès qu'un terme est strictement supérieur au seuil \(s\), il faut continuer tant que (while) les termes ne sont pas strictement supérieurs, donc tant que les termes sont inférieurs ou égaux au seuil \(s\).

    Le programme complété est donc :

    		def alerte_chlore(s):
    		         n = 0
    		         u = 0.7
    		         while u <= s:
    		                  n = n + 1
    		                  u = 0.92*u + 0.3
    		         return n
  5. En saisissant l'instruction

     | alerte_chlore(3)|

    , le programme renvoie 17 (en effet, \(v_{16}\approx 2{,}95 \leqslant 3\) et \(v_{17} \approx 3{,}01 > 3\)).

    Dans le contexte de l'exercice, cela veut dire que si Alain applique cette méthode, 17 jours après le 19 juin, le taux de chlore dans sa piscine serait trop élevé, par rapport aux recommandations des piscinistes.

Partie B : étude d'un modèle continu.

  1. Les équations différentielles de la forme   \(y' = ay + b\), où \(a\) et \(b\) sont des réels (\(a\) non nul), ont pour solutions les équations de la forme   \(x\longmapsto C\mathrm{e}^{ax} - \dfrac{b}{a}\), où \(C\) est une constante réelle.

    Ici, avec \(a = -0{,}08\) et \(b = \dfrac{q}{50}\), cela conduit à :

    \(x\longmapsto C\mathrm{e}^{-0{,}08x} - \dfrac{\dfrac{q}{50}}{-0{,}08} = C\mathrm{e}^{-0{,}08x} + \dfrac{q}{50\times 0{,}08}\).

    On arrive donc bien à une solution \(f\) de la forme \(f(x)=C \mathrm{e}^{-0{,}08 x}+\dfrac{q}{4}\) où \(C\) est une constante réelle.

    1. Puisque \(-0{,}08<0\), on a :  \(\lim\limits_{x \to +\infty}-0{,}08x = -\infty\)

      donc, par composition :  \(\lim\limits_{x \to +\infty}\mathrm{e}^{-0{,}08x} = \lim\limits_{y \to -\infty} \mathrm{e}^y = 0\)

      puis, par limite du produit :  \(\lim\limits_{x \to +\infty}C\mathrm{e}^{-0{,}08x} = 0\)

      enfin, par limite de la somme :  \(\lim\limits_{x \to +\infty}f(x) = \dfrac{q}{4}\).

    2. Si on veut que le taux de chlore se stabilise autour de 2, il faut que la limite de la fonction \(f\) soit 2, donc on veut :

      \(\dfrac{q}{4} = 2 \iff q = 8\).

      Pour cet objectif à long terme, Alain devra donc ajouter 8 grammes de chlore par jour dans sa piscine.

      À l'instant \(t = 0\), on avait donc un taux de 0,7, donc \(f(0) = 0{,}7\).

      \(\begin{aligned}[t] f(0) = 0{,}7 &\iff C\mathrm{e}^{-0{,}08\times 0} + \dfrac{8}{4} =0{,}7\\ &\iff C + 2 = 0{,}7\\ &\iff C = -1{,}3\end{aligned}\)

      La fonction \(f\) donnant l'évolution du taux de chlore dans la piscine d'Alain est donc :  \(f :x \longmapsto -1{,}3\mathrm{e}^{-0{,}08x} + 2\).

Exercice 3 (6 pts)

On considère une fonction \(f\) définie et deux fois dérivable sur \(]-2 ~;~+\infty[\). On note \(\mathcal{C}_{f}\) sa courbe représentative dans un repère orthogonal du plan, \(f'\) sa dérivée et \(f''\) sa dérivée seconde.

On a tracé ci-dessous la courbe \(\mathcal{C}_{f}\) et sa tangente \(T\) au point B d'abscisse \(-1\).

On précise que la droite \(T\) passe par le point A\((0 ~;~ -1)\).

Figure de l'exercice 3

Partie A : exploitation du graphique.

À l'aide du graphique, répondre aux questions ci-dessous.

  1. Préciser \(f(-1)\) et \(f'(-1)\).

  2. La fonction \(f\) est-elle convexe sur son ensemble de définition ? Justifier.

  3. Conjecturer le nombre de solutions de l'équation \(f(x) = 0\) et donner une valeur arrondie à \(10^{-1}\) près d'une solution.

Partie B : étude de la fonction \(f\)

On considère que la fonction \(f\) est définie sur \(]-2 ~;~+\infty[\) par :

\[f(x) = x^{2}+ 2x - 1 + \ln (x + 2),\]

où ln désigne la fonction logarithme népérien.

  1. Déterminer par le calcul la limite de la fonction \(f\) en \(-2\). Interpréter graphiquement ce résultat.

    On admet que \(\lim\limits_{x \to +\infty} f(x)=+\infty\).

  2. Montrer que pour tout \(x>-2, \quad f'(x)=\dfrac{2 x^{2}+6 x+5}{x+2}\).

  3. Étudier les variations de la fonction \(f\) sur \(]-2 ~;~+\infty[\) puis dresser son tableau de variations complet.

  4. Montrer que l'équation \(f(x)=0\) admet une unique solution \(\alpha\) sur \(]-2 ~;~+\infty[\) et donner une valeur arrondie de \(\alpha\) à \(10^{-2}\) près.

  5. En déduire le signe de \(f(x)\) sur \(]-2~;~ +\infty[\).

  6. Montrer que \(\mathcal{C}_{f}\) admet un unique point d'inflexion et déterminer son abscisse.

Partie C : une distance minimale.

Soit \(g\) la fonction définie sur \(]-2 ~;~ +\infty[\) par   \(g(x)=\ln (x+2)\).

On note \(\mathcal{C}_{g}\) sa courbe représentative dans un repère orthonormé \((\mathrm{0} ~;~ \mathrm{I}~,~ \mathrm{J})\), représentée ci-après.

Soit \(M\) un point de \(\mathcal{C}_{g}\) d'abscisse \(x\).

Le but de cette partie est de déterminer pour quelle valeur de \(x\) la distance \(\mathrm{J}M\) est minimale.

On considère la fonction \(h\) définie sur \(]-2 ~;~ +\infty[\) par   \(h(x)=\mathrm{J}M^{2}\).

Figure de l'exercice 3
  1. Justifier que pour tout \(x>-2\), on a :   \(h(x)=x^{2}+[\ln (x+2)-1]^{2}\).

  2. On admet que la fonction \(h\) est dérivable sur \(]-2 ~;~ +\infty[\) et on note \(h'\) sa fonction dérivée.

    On admet également que pour tout réel \(x>-2\),

    \[h'(x)=\dfrac{2 f(x)}{x+2}\]

    où \(f\) est la fonction étudiée en partie B.

    1. Dresser le tableau de variations de \(h\) sur \(]-2 ~;~ +\infty[\).

      Les limites ne sont pas demandées.

    2. En déduire que la valeur de \(x\) pour laquelle la distance \(\mathrm{J}M\) est minimale est \(\alpha\) où \(\alpha\) est le nombre réel défini à la question 4. de la partie B.

  3. On notera \(M_{\alpha}\) le point de \(\mathcal{C}_{g}\) d'abscisse \(\alpha\).

    1. Montrer que   \(\ln (\alpha+2)=1-2 \alpha-\alpha^{2}\).

    2. En déduire que la tangente à \(\mathcal{C}_{g}\) au point \(M_{\alpha}\) et la droite \(\left(\mathrm{J}M_{\alpha}\right)\) sont perpendiculaires.

      On pourra utiliser le fait que, dans un repère orthonormé, deux droites sont perpendiculaires lorsque le produit de leurs coefficients directeurs est égal à \(-1\).

Voir le corrigé de l'exercice 3

Partie A : exploitation du graphique.

  1. On lit que B a pour coordonnées \((-1~;~-2)\), or la courbe \(\mathcal{C}_f\) passe par B, donc \(f(-1) = f(x_\mathrm{B}) = y_\mathrm{B} = -2\).

    On nous dit que la tangente \(T\), tangente à \(\mathcal{C}_f\) en B, d'abscisse \(-1\), est aussi la droite (AB), dont le coefficient directeur est 1, donc \(f'(-1) = 1\).

  2. La fonction \(f\) n'est manifestement pas convexe sur son ensemble de définition, car la courbe \(\mathcal{C}_f\) passe en dessous de sa tangente \(T\) pour les valeurs \(x\) inférieures à \(- 1{,}7\), environ. Si la fonction était convexe sur tout son ensemble de définition, elle serait au-dessus de n'importe quelle tangente, sur tout son ensemble de définition.

    Ici, on a l'impression que la fonction est d'abord concave, puis convexe, avec un point d'inflexion dont l'abscisse est aux alentours de \(-1{,}4\).

  3. De ce que l'on peut voir de \(\mathcal{C}_f\), on ne voit qu'une seule solution à l'équation, qui est environ 0,1 (à \(10^{-1}\) près).

Partie B : étude de la fonction \(f\).

  1. On a :  \(\lim\limits_{x \to -2} x^2 + 2x - 1 = (-2)^2 + 2\times (-2) - 1 = -1\),   car \(x\longmapsto x^2 + 2x - 1\) est une fonction polynôme, continue sur \(\mathbb{R}\) et donc notamment continue en \(-2\).

    de plus :  \(\lim\limits_{x \to -2} (x + 2) = 0\)

    et donc, par composition :  \(\lim\limits_{x \to -2}\ln(x+2) = \lim\limits_{y \to 0} \ln(y) = -\infty\)

    finalement, par limite de la somme :  \(\lim\limits_{x \to -2}f(x) = -\infty\).

    Graphiquement, cela signifie que la courbe \(\mathcal{C}_f\) admet une asymptote verticale, d'équation \(x = -2\).

  2. Remarque : la justification de la dérivabilité de \(f\), donnée ci-après, n'est généralement pas attendue.

    La fonction \(x \longmapsto \ln(x+2)\) est dérivable sur \(]-2~;~+\infty[\), en tant que composée de \(x \longmapsto x+2\) définie et dérivable sur \(]-2~;~+\infty[\) et à valeurs dans \(\mathbb{R}^{*+}\), où la fonction ln est définie et dérivable.

    \(f\) est dérivable sur \(]-2~;~+\infty[\), en tant que somme de deux fonctions dérivables sur cet intervalle (une fonction polynôme et une fonction composée).

    \(\begin{aligned} \forall x \in ]-2~;~+\infty[,\quad f'(x)&=2x + 2 + 0 + \dfrac{1}{x+2}\\ &=\dfrac{(2x + 2)(x+2) + 1}{x+2}\\ &=\dfrac{2x^2 + 4x + 2x + 4 + 1}{x+2}\\ &=\dfrac{2 x^{2} + 6x + 5}{x + 2}.\end{aligned}\)

    On arrive bien à l'expression attendue pour la fonction dérivée \(f'\).

  3. Pour tout \(x\) réel strictement supérieur à \(-2\), \(x + 2\) est strictement positif, donc le signe de \(f'(x)\) est le signe de son numérateur. Ledit numérateur étant une expression polynomiale de degré 2 ayant un coefficient dominant (2) positif, cela signifie que les images seront positives, sauf entre d'éventuelles racines.

    Déterminons le discriminant du numérateur:   \(\Delta = 6^2 - 4\times 2 \times 5 = 36 - 40 = -4 <0\).

    Le trinôme n'a donc pas de racines réelles, et a donc des images strictement positives pour tout \(x\) réel.

    \(f'\) est donc une fonction à valeurs strictement positives sur \(]-2~;~+\infty[\), et \(f\) est donc strictement croissante sur \(]-2~;~+\infty[\).

    On peut donc établir le tableau de variations suivant :

    Figure du corrigé de l'exercice 3
  4. La fonction \(f\) est continue (car dérivable) sur \(]-2~;~+\infty[\), de plus, elle est strictement croissante sur cet intervalle et enfin, 0 est une valeur intermédiaire entre \(\lim\limits_{-2}f = -\infty\)   et   \(\lim\limits_{+\infty}f = + \infty\).

    D'après le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires appliqué aux fonctions strictement monotones, l'équation \(f(x) = 0\) admet une unique solution sur \(]- 2~;~+\infty[\), que l'on notera \(\alpha\).

    Avec une exploration à la calculatrice (éclairée par notre lecture graphique de la partie A), on trouve \(0{,}115 < \alpha < 0{,}12\), donc une valeur approchée à \(10^{-2}\) de \(\alpha\) est \(0{,}12\).

  5. Puisque \(f\) est strictement croissante sur \(]-2~;~+\infty[\), on a :

    \(\begin{aligned} -2 < x <\alpha &\implies f(x) < f(\alpha)\\ &\implies f(x) < 0\end{aligned}\) \(\begin{aligned} \alpha <x &\implies f(\alpha) < f(x)\\ &\implies 0< f(x) \end{aligned}\)

    \(f\) est donc à valeurs strictement négatives sur \(]-2~;~\alpha[\), nulle pour \(x = \alpha\) et à valeurs strictement positives sur \(]\alpha~;~+\infty[\).

  6. Pour étudier la présence d'un point d'inflexion, on va étudier le signe de la dérivée seconde de \(f\), notée \(f''\).

    \(f\) est deux fois dérivable sur \(]-2~;~+\infty[\), car sa dérivée première est une fraction rationnelle, et donc \(f'\) est dérivable partout où elle est définie.

    \(\begin{aligned} \forall x \in ]-2~;~+\infty[,\quad f''(x) &= \dfrac{(4x + 6)\times (x+2) - (2x^2 + 6x + 5)\times 1}{(x+2)^2}\\ &=\dfrac{4x^2+8x+6x+12-2x^2-6x-5}{(x+2)^2}\\ &=\dfrac{2x^2 +8x +7}{(x+2)^2} \end{aligned}\)

    Pour tout \(x\) réel strictement supérieur à \(-2\), \((x+2)^2\) est une quantité strictement positive, donc le signe de \(f''(x)\) est le signe de son numérateur, un polynôme de degré 2, dont le coefficient dominant est strictement positif, dont les images sont strictement positives, sauf entre ses deux éventuelles racines.

    Le discriminant est :  \(\Delta = 8^2 - 4\times 2 \times 7 = 8\times 8- 8\times 7 = 8>0\).

    Le trinôme a exactement deux racines réelles distinctes, et donc s'annule en changeant de signe deux fois, pour :

    \(x_1 = \dfrac{-8 - \sqrt{8}}{2\times 2} = \dfrac{-8 - 2\sqrt{2}}{4} = -2 - \dfrac{\sqrt{2}}{2}\).

    \(x_2 = \dfrac{-8 + \sqrt{8}}{2\times 2} = \dfrac{-8 + 2\sqrt{2}}{4} = -2 + \dfrac{\sqrt{2}}{2}\).

    La valeur \(x_1\) est manifestement strictement inférieure à \(-2\), et donc :

    Sur \(\left]-2~;~-2 + \dfrac{\sqrt{2}}{2}\right[\), \(f''\) est à valeurs strictement négatives, on a \(f''\left(-2 + \dfrac{\sqrt{2}}{2}\right) =0\) et sur \(\left]-2 + \dfrac{\sqrt{2}}{2}~;~+\infty\right[\), \(f''\) est à valeurs strictement positives.

    Ainsi, \(f\) est concave sur \(\left]-2~;~-2 + \dfrac{\sqrt{2}}{2}\right[\) et convexe sur \(\left]-2 + \dfrac{\sqrt{2}}{2}~;~+\infty\right[\) et donc son unique point d'inflexion est le point d'abscisse \(-2 + \dfrac{\sqrt{2}}{2}\).

    Remarque : On a : \(-2 + \dfrac{\sqrt{2}}{2}\approx-1{,}29\), ce qui n'est pas incohérent avec l'estimation graphique formulée en partie A dans ce corrigé.

    Attention, piège :

    Un point d'inflexion exige que \(f''\) s'annule en changeant de signe, pas seulement que \(f''(x)=0\). Ici, il est indispensable de préciser le signe de \(f''\) avant et après \(-2+\dfrac{\sqrt{2}}{2}\) avant de conclure.

Partie C : une distance minimale.

  1. Le point J a pour coordonnées \((0~;~1)\) et \(M\) a pour coordonnées \(\big(x~;~g(x)\big)\).

    Comme on est dans un repère orthonormé, on a :  \(\mathrm{J}M = \sqrt{(x_M - x_\mathrm{J})^2 + (y_M - y_\mathrm{J})^2}\)

    Donc,   \(\begin{aligned}[t] \forall x \in ]-2~;~+\infty[,\quad h(x)&=\mathrm{J}M^2\\ &=(x_{M} - x_{\mathrm{J}})^2 + (y_{M} - y_{\mathrm{J}})^2\\ &=(x - 0)^2 + \big(g(x) - 1\big)^2\\ &=x^{2}+\big[\ln (x+2)-1\big]^{2}.\end{aligned}\)

    On arrive bien à l'expression attendue.

    1. La fonction racine carrée est strictement croissante sur \(\mathbb{R}^+\), et la distance \(\mathrm{J}M\) est nécessairement positive, en tant que distance.

      Donc \(\mathrm{J}M_{x_1} \leqslant \mathrm{J}M_{x_2} \iff \mathrm{J}M_{x_1}^2 \leqslant \mathrm{J}M_{x_2}^2\).

      La distance \(\mathrm{J}M\) sera donc minimale pour la valeur \(x\) qui rend minimale le carré de cette distance, c'est-à-dire \(h(x)\).

      On sait que, pour tout \(x\) dans \(]-2~;~+\infty[\), \(\dfrac{2}{x+2}\) est strictement positif, donc \(h'(x)\) est du signe de \(f(x)\).

      On peut donc établir le tableau suivant :

      Figure du corrigé de l'exercice 3
    2. Comme \(h\) est décroissante sur \(]-2~;~\alpha[\) et croissante sur \(]\alpha~;~+\infty[\), la valeur de \(x\) pour laquelle la distance \(\mathrm{J}M\) est minimale est donc bien le nombre \(\alpha\), solution de l'équation \(f(x) = 0\), défini à la question 4. de la partie B.

    1. On sait que \(\alpha\) est la solution de l'équation \(f(x) = 0\).

      \(\begin{aligned} f(x) = 0 &\iff x^2 + 2x - 1 + \ln(x+2) = 0\\ &\iff \ln(x+2) = 1 - 2x -x^2 \end{aligned}\)

      Comme \(\alpha\) est solution de cette équation, on en déduit bien :

      \(\ln (\alpha+2)=1-2 \alpha-\alpha^{2}\).

    2. La tangente à \(\mathcal{C}_g\) au point \(M_\alpha\) a pour coefficient directeur :  \(g'(\alpha) = \dfrac{1}{\alpha + 2}\).

      La droite (J\(M_\alpha\)) a pour coefficient directeur :

      \(\dfrac{y_{M_\alpha} - y_\mathrm{J}}{x_{M_\alpha} - x_\mathrm{J}} = \dfrac{g(\alpha) - 1}{\alpha - 0} = \dfrac{\ln(\alpha + 2)-1}{\alpha} = \dfrac{1 - 2\alpha - \alpha^2 - 1}{\alpha} = \dfrac{\alpha (-2 - \alpha)}{\alpha } = -2 - \alpha\).

      Le produit de ces deux coefficients directeurs est donc :   \(\dfrac{1}{\alpha + 2}\times (-2-\alpha)~=~-1\).

      On en déduit dont que la tangente à \(\mathcal{C}_{g}\) au point \(M_{\alpha}\) et la droite \(\left(\mathrm{J}M_{\alpha}\right)\) sont perpendiculaires.

      Remarque : on aurait aussi pu mobiliser des connaissances du programme de première et utiliser des vecteurs normaux ou des vecteurs directeurs de ces deux droites, et en calculer le produit scalaire (entre les deux vecteurs directeurs, ou entre les deux vecteurs normaux) ou vérifier la colinéarité (entre le vecteur directeur de l'une et le vecteur normal de l'autre), pour arriver à la même conclusion.

Exercice 4 (4 pts)

Pour chacune des affirmations suivantes, indiquer si elle est vraie ou fausse. Chaque réponse doit être justifiée. Une réponse non justifiée ne rapporte aucun point.

Dans l'espace muni d'un repère orthonormé, on considère les points suivants :

A\((2~;~0 ~;~0)\),  B\((0 ~;~4~;~3)\),  C\((4 ~;~4 ~;~1)\),  D\((0 ~;~0 ~;~4)\)  et   H\((-1~;~1~;~2)\)

Affirmation 1 : les points A, C et D définissent un plan \(\mathcal{P}\) d'équation \(8 x- 5 y+ 4z - 16 = 0\).

Affirmation 2 : les points A, B, C et D sont coplanaires.

Affirmation 3 : les droites (AC) et (BH) sont sécantes.

On admet que le plan (ABC) a pour équation cartésienne \(x - y + 2z - 2 = 0\).

Affirmation 4 : le point H est le projeté orthogonal du point D sur le plan (ABC).

Voir le corrigé de l'exercice 4

Affirmation 1 : Vraie

Ici, il y a deux éléments à justifier : d'une part A, C et D définissent un plan et d'autre part, ce plan a bien l'équation annoncée.

  • On a :  \(\overrightarrow{\mathrm{AC}}\begin{pmatrix} 4 - 2\\4 - 0\\1-0 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 2\\4\\1 \end{pmatrix}\)  et   \(\overrightarrow{\mathrm{AD}}\begin{pmatrix} -2\\0\\4\end{pmatrix}\).

    Avec \(x_{\overrightarrow{\mathrm{AD}}} = -x_{\overrightarrow{\mathrm{AC}}}\) mais \(y_{\overrightarrow{\mathrm{AD}} }\neq -y_{\overrightarrow{\mathrm{AC}}}\), il est évident que les vecteurs \(\overrightarrow{\mathrm{AC}}\) et \(\overrightarrow{\mathrm{AD}}\) ne sont pas colinéaires, donc que les points A, C et D ne sont pas alignés, et donc :

    A, C et D définissent un plan;

  • le plan d'équation \(8x-5y+4z-16=0\) admet pour vecteur normal \(\overrightarrow{n_1}\), de coordonnées \(\begin{pmatrix}8\\-5\\4\end{pmatrix}\).

    On a :   \(\overrightarrow{n_1}\cdot\overrightarrow{\mathrm{AC}} = 8\times 2 - 5 \times 4 + 4 \times 1 = 16 - 20 + 4 = 0\)

    et   \(\overrightarrow{n_1}\cdot\overrightarrow{\mathrm{AD}} = 8\times (-2) - 5 \times 0 + 4 \times 4 = -16 - 0 + 16 = 0\)

    \(\overrightarrow{n_1}\) est donc bien orthogonal à deux vecteurs non colinéaires du plan (ACD), donc \(\overrightarrow{n_1}\) est orthogonal au plan (ACD).

    Le plan dont on a l'équation partage un vecteur normal avec (ACD) : ces deux plans sont parallèles.

    Comme, de plus,   \(8x_\mathrm{A}-5y_\mathrm{A}+4z_\mathrm{A}-16 = 8\times 2 - 5 \times 0 +4\times 0 - 16 = 16 - 16 = 0\)

    on en déduit que les coordonnées de A vérifient l'équation donnée, et donc que A est dans le plan dont on a l'équation, ce plan est donc confondu avec (ACD).

Finalement, on a bien confirmé que les points A, C et D définissent un plan \(\mathcal{P}\) d'équation \(8 x - 5y + 4z - 16 = 0\).

Remarque : pour le deuxième point de cette question, on pouvait aussi vérifier que A, C et D avaient des coordonnées vérifiant l'équation donnée, cela revenait au même.

Affirmation 2 : Fausse

Puisque l'on sait que A, C et D définissent le plan \(\mathcal{P}\) d'équation \(8x-5y+4z-16 = 0\), alors on a : les points A, B, C et D sont coplanaires \(\begin{aligned}[t] &\iff \mathrm{B} \in \mathcal{P}\\ &\iff 8x_\mathrm{B}-5y_\mathrm{B}+4z_\mathrm{B}-16 =0\\ &\iff 8\times 0 - 5\times 4 + 4\times 3 - 16 = 0\\ &\iff 0 - 20 + 12 - 16 = 0\\ &\iff -24 = 0\end{aligned}\)

Comme \(-24\neq 0\), on en déduit que B n'appartient pas à \(\mathcal{P}\), et donc que les points A, B, C et D ne sont pas coplanaires.

Affirmation 3 : Vraie

les droites (AC) et (BH) sont dirigées par \(\overrightarrow{\mathrm{AC}} \begin{pmatrix} 2\\4\\1 \end{pmatrix}\) et \(\overrightarrow{\mathrm{BH}} \begin{pmatrix} -1\\-3\\-1 \end{pmatrix}\) respectivement. Comme ces vecteurs sont visiblement non colinéaires, les droites sont soit sécantes, soit non coplanaires.

Pour chercher un éventuel point d'intersection, on a donné des représentations paramétriques des deux droites :

\((\mathrm{AC}) \begin{cases} x = 2+2s\\y = 4s\\z = s \end{cases}\) où \(s\in \mathbb{R}\)  \((\mathrm{BH})\begin{cases} x = - t\\y = 4 - 3t\\z=3 - t\end{cases}\) où \(t\in \mathbb{R}\).

Si on considère \(M_s\) le point de paramètre \(s\) sur la droite (AC) et \(N_t\) le point de paramètre \(t\) sur (BH), alors :

\(\begin{aligned} M_s = N_t &\iff \begin{cases} 2+2s = - t\\4s = 4 - 3t\\s=3 - t\end{cases}\\ &\iff \begin{cases} 2+2(3-t) = - t\\4(3-t) = 4 - 3t\\s=3 - t\end{cases}\\ &\iff \begin{cases} 2+6-2t = - t\\12-4t = 4 - 3t\\s=3 - t\end{cases}\\ &\iff \begin{cases} 8 = -t+2t\\12-4 = - 3t+4t\\s=3 - t\end{cases}\\ &\iff \begin{cases} t=8\\t=8\\s=3 - 8\end{cases}\\ &\iff \begin{cases} t=8\\t=8\\s=-5\end{cases}\\ \end{aligned}\)

Le système a une unique solution, donc les deux droites ont un unique point commun, c'est \(M_{-5}\), qui est confondu avec \(N_8\), autrement dit, le point de coordonnées : \((-8~;~ -20~;~-5)\).

Les droites sont bien sécantes.

Affirmation 4 : Vraie

Il y a deux éléments à vérifier ici pour répondre positivement : le point H est-il un point du plan (ABC), et le vecteur \(\overrightarrow{\mathrm{DH}}\) est-il normal au plan ?

  • On a :  \(x_\mathrm{H} - y_{\mathrm{H}} +2z_{\mathrm{H}} - 2 = -1 - 1 + 2\times 2 - 2 = -2 + 4 - 2 = 0\)

    Les coordonnées de H vérifient l'équation donnée pour (ABC), donc H est bien un point du plan (ABC);

  • On a :  \(\overrightarrow{\mathrm{DH}}\begin{pmatrix} -1\\1\\-2 \end{pmatrix}\).

    D'après l'équation donnée pour (ABC), un vecteur normal à (ABC) est :

    \(\overrightarrow{n_2} \begin{pmatrix} 1\\-1\\2 \end{pmatrix}\).

    Comme on a :  \(\overrightarrow{n_2} = -\overrightarrow{\mathrm{DH}}\),   on en déduit que les vecteurs sont colinéaires, donc que \(\overrightarrow{\mathrm{DH}}\) est normal au plan (ABC).

En conclusion, H est un point de (ABC) tel que (DH) est orthogonale à (ABC) : H est bien le projeté orthogonal de D sur (ABC).

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