Annales Bac · Spécialité mathématiques › 2025
2025Bac spé maths · Asie · Jour 1
Épreuve écrite de spécialité mathématiques, série générale · 11 juin 2025
Exercice 1 (5 pts)
L'espace est rapporté à un repère orthonormé \(\left(\text{O}~;~\overrightarrow{\imath},~\overrightarrow{\jmath},~\overrightarrow{k}\right)\).
On considère :
\(\alpha\) un réel quelconque ;
les points A(1 ; 1 ; 0), B(2 ; 1 ; 0) et C\((\alpha~;~3~;~\alpha)\) ;
\((d)\) la droite dont une représentation paramétrique est :
\[\left\{ \begin{array}{l} x = 1 + t\\ y = \phantom{11} 2t\\ z = \phantom{1}- t \end{array} \right., \quad t \in \mathbb{R}\]
Pour chacune des affirmations suivantes, préciser si elle est vraie ou fausse, puis justifier la réponse donnée. Une réponse non argumentée ne sera pas prise en compte.
Affirmation 1 : Pour toutes les valeurs de \(\alpha\), les points \(A\), \(B\) et \(C\) définissent un plan et un vecteur normal à ce plan est \(\overrightarrow{\jmath}\begin{pmatrix}0\\1\\0\end{pmatrix}\).
Affirmation 2 : Il existe exactement une valeur de \(\alpha\) telle que les droites \((AC)\) et \((d)\) soient parallèles.
Affirmation 3 : Une mesure de l'angle \(\widehat{\text{OAB}}\) est \(135^\circ\).
Affirmation 4 : Le projeté orthogonal du point \(A\) sur la droite \((d)\) est le point H(1 ; 2 ; 2).
Affirmation 5 : La sphère de centre O et de rayon 1 rencontre la droite \((d)\) en deux points distincts.
On rappelle que la sphère de centre \(\Omega\) et de rayon \(r\) est l'ensemble des points de l'espace situés à une distance \(r\) de \(\Omega\).
Voir le corrigé de l'exercice 1
Affirmation 1 : Fausse.
Le vecteur \(\overrightarrow{\mathrm{AB}}\) a pour coordonnées \(\overrightarrow{\mathrm{AB}}\begin{pmatrix} 1 \\ 0 \\ 0\end{pmatrix}\) et \(\overrightarrow{\mathrm{AC}}\) a pour coordonnées : \(\overrightarrow{\mathrm{AC}}\begin{pmatrix} \alpha - 1 \\2\\\alpha \end{pmatrix}\).
Quel que soit le réel \(\alpha\), ces coordonnées ne sont pas proportionnelles, donc les vecteurs ne sont pas colinéaires, et ils définissent bien un plan.
Cependant, le repère étant orthonormé, on peut utiliser les coordonnées pour calculer un produit scalaire : \(\overrightarrow{\mathrm{AC}}\cdot\overrightarrow{\jmath} = (\alpha-1)\times 0 + 2 \times 1 + \alpha \times 0 = 2\).
On constate que les vecteurs \(\overrightarrow{\jmath}\) et \(\overrightarrow{\mathrm{AC}}\) ne sont pas orthogonaux, donc \(\overrightarrow{\jmath}\) n'est pas un vecteur normal au plan (ABC) : cette partie de l'affirmation est donc fausse.
Affirmation 2 : Fausse.
En interprétant le système de représentation paramétrique, la droite \((d)\) est dirigée par \(\overrightarrow{u} \begin{pmatrix}1 \\ 2 \\ -1 \end{pmatrix}\). On rappelle : \(\overrightarrow{\mathrm{AC}}\begin{pmatrix} \alpha - 1 \\2\\\alpha \end{pmatrix}\).
Pour que les droites soient parallèles, il faudrait que les vecteurs \(\overrightarrow{u}\) et \(\overrightarrow{\mathrm{AC}}\) soient proportionnels, or, ici, ils ont la même ordonnée, donc ils devraient être égaux.
Or, si on choisit \(\alpha\) égal à 1, les altitudes seront égales, mais pas les abscisses, si on choisit \(\alpha\) égal à 2, alors les abscisses seront égales, mais pas les altitudes, et, pour tout autre réel \(\alpha\), les abscisses et altitudes seront différentes entre les deux vecteurs.
Quel que soit le réel \(\alpha\), les vecteurs \(\overrightarrow{u}\) et \(\overrightarrow{\mathrm{AC}}\) sont donc non colinéaires, et les droites ne sont pas parallèles : l'affirmation est donc fausse.
Affirmation 3 : Vraie.
O étant l'origine du repère, les coordonnées des vecteurs \(\overrightarrow{\mathrm{OA}}\) sont celles du point A, donc celles de \(\overrightarrow{\mathrm{AO}}\) sont : \(\begin{pmatrix}-1\\-1\\0\end{pmatrix}\). On rappelle \(\overrightarrow{\mathrm{AB}}\begin{pmatrix} 1 \\ 0 \\ 0\end{pmatrix}\).
On a donc, dans le repère orthonormé : \(\overrightarrow{\mathrm{AO}} \cdot \overrightarrow{\mathrm{AB}} = -1 \times 1 + (-1) \times 0 + 0 \times 0 = -1\).
Par ailleurs, on a : \(\mathrm{AO} = \sqrt{(-1)^2 + (-1)^2 + 0^2} = \sqrt{2}\), et \(\mathrm{AB} = \sqrt{1^2 + 0^2 + 0^2} = \sqrt{1} = 1\).
On a donc aussi : \(\overrightarrow{\mathrm{AO}} \cdot \overrightarrow{\mathrm{AB}} = \mathrm{AO} \times \mathrm{AB} \times \cos \left( \widehat{\mathrm{OAB}}\right) = \sqrt{2} \cos \left( \widehat{\mathrm{OAB}}\right)\).
En égalant les deux expressions du produit scalaire, il vient : \(-1 = \sqrt{2}\cos \left(\widehat{\mathrm{OAB}}\right)\),
ce qui équivaut à : \(\cos \left(\widehat{\mathrm{OAB}}\right) = \dfrac{-1}{\sqrt{2}} = \dfrac{-\sqrt{2}}{2}\).
On reconnaît ici l'opposé du cosinus d'un angle de \(\dfrac{\pi}{4}\), ce qui est donc le cosinus d'un angle de mesure \(\pi - \dfrac{\pi}{4} = \dfrac{3\pi}{4}\), soit effectivement 135°.
Affirmation 4 : Fausse.
Avec les coordonnées données pour H et la représentation paramétrique de \((d)\), pour avoir \(x_\mathrm{H} = 1 + t\), il faut avoir \(t = 0\), et donc les ordonnées et altitudes ne correspondront pas : le point H n'est pas sur la droite \((d)\), donc il n'est pas le projeté orthogonal de A sur \((d)\).
Affirmation 5 : Vraie
Soit \(t\) un réel quelconque et \(M_t\) le point de paramètre \(t\) sur la droite \((d)\).
La distance \(\mathrm{O}M_t\) est donnée par :
\(\mathrm{O}M_t = \sqrt{(1 + t)^2 + (2t)^2 + (-t)^2} = \sqrt{1 + 2t + t^2 + 4t^2 + t^2} = \sqrt{6t^2 + 2t + 1}\).
On a donc : \(\begin{aligned}[t] \mathrm{O}M_t = 1 &\iff \sqrt{6t^2 + 2t + 1} = 1\\ &\iff 6t^2 + 2t + 1 = 1 \\%\quad \text{car une distance est toujours positive}\\ &\iff 6t^2 + 2t = 0\\ &\iff 2t(3t + 1) = 0\\ &\iff 2t = 0 \quad \text{ou} \quad 3t + 1 = 0\\ &\iff t = 0 \quad \text{ou} \quad t = -\dfrac{1}{3}\\ \end{aligned}\)
L'équation a deux solutions, il y a donc exactement deux points de la droite \((d)\) qui sont sur la sphère : les points de paramètre 0 et \(-\dfrac{1}{3}\), l'affirmation est vraie.
Exercice 2 (5 pts)
Une entreprise qui fabrique des jouets doit effectuer des contrôles de conformité avant leur commercialisation. Dans cet exercice, on s'intéresse à deux tests effectués par l'entreprise de jouets : un test de fabrication et un test de sécurité.
À la suite d'un grand nombre de vérifications, l'entreprise affirme que:
95 % des jouets réussissent le test de fabrication ;
Parmi les jouets qui réussissent le test de fabrication, 98 % réussissent le test de sécurité ;
1 % des jouets ne réussissent aucun des deux tests.
On choisit au hasard un jouet parmi les jouets produits. On note:
\(F\) l'évènement : « le jouet réussit le test de fabrication » ;
\(S\) l'évènement : « le jouet réussit le test de sécurité ».
Partie A
À partir des données de l'énoncé, donner les probabilités \(P(F)\) et \(P_F(S)\).
Construire un arbre pondéré qui illustre la situation avec les données disponibles dans l'énoncé.
Montrer que \(P_{\overline{F}}\left(\overline{S}\right) = 0{,}2\).
Calculer la probabilité que le jouet choisi réussisse les deux tests.
Montrer que la probabilité que le jouet réussisse le test de sécurité vaut 0,97 arrondi au centième.
Lorsque le jouet a réussi le test de sécurité, quelle est la probabilité qu'il réussisse le test de fabrication? Donner une valeur approchée du résultat au centième.
Partie B
On prélève au hasard dans la production de l'entreprise un lot de \(n\) jouets, où \(n\) est un entier strictement positif. On suppose que ce prélèvement se fait sur une quantité suffisamment grande de jouets pour être assimilé à une succession de \(n\) tirages indépendants avec remise.
On rappelle que la probabilité qu'un jouet réussisse le test de fabrication est égale à \(0{,}95\).
Soit \(S_n\) la variable aléatoire qui compte le nombre de jouets ayant réussi le test de fabrication. On admet que \(S_n\) suit la loi binomiale de paramètres \(n\) et \(p = 0{,}95\).
Exprimer l'espérance et la variance de la variable aléatoire \(S_n\) en fonction de \(n\).
Dans cette question, on pose \(n = 150\).
Déterminer une valeur approchée à \(10^{-3}\) près de \(P\left(S_{150} = 145\right)\). Interpréter ce résultat dans le contexte de l'exercice.
Déterminer la probabilité qu'au moins 94 % des jouets de ce lot réussissent le test de fabrication. Donner une valeur approchée du résultat à \(10^{-3}\) près.
Dans cette question, l'entier naturel non nul \(n\) n'est plus fixé.
Soit \(F_n\) la variable aléatoire définie par : \(F_n = \dfrac{S_n}{n}\). La variable aléatoire \(F_n\) représente la proportion des jouets qui réussissent le test de fabrication dans un lot de \(n\) jouets prélevés.
On note \(E(F_n)\) l'espérance et \(V(F_n)\) la variance de la variable aléatoire \(F_n\).
Montrer que \(E(F_n) = 0{,}95\) et que \(V(F_n) = \dfrac{0{,}0475}{n}\).
On s'intéresse à l'évènement \(I\) suivant: « la proportion de jouets qui réussissent le test de fabrication dans un lot de \(n\) jouets est strictement comprise entre 93 % et 97 % ».
En utilisant l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, déterminer une valeur \(n\) de la taille du lot de jouets à prélever, à partir de laquelle la probabilité de l'évènement \(I\) est supérieure ou égale à \(0{,}96\).
Voir le corrigé de l'exercice 2
Puisqu'on choisit un jouet au hasard dans la production, on est en situation d'équiprobabilité, et donc les proportions sont assimilables à des probabilités.
Partie A
D'après l'énoncé \(95\,\%\) des jouets réussissent le test de fabrication et, parmi les jouets qui réussissent le test de fabrication, \(98\,\%\) réussissent le test de sécurité, donc \(P(F) = 0{,}95\) et \(P_{F}(S) = 0{,}98\).
Un arbre pondéré qui illustre la situation avec les données disponibles dans l'énoncé (ainsi que les probabilités d'évènement contraire, triviales) est :

D'après l'énoncé \(1\,\%\) des jouets ne réussissent aucun des deux tests donc \(P\big(\,\overline{F}\cap \overline{S}\big)= 0{,}01\).
\(P_{\overline{F}}\big(\overline{S}\big)= \dfrac{P\big(\,\overline{F}\cap \overline{S}\big)}{P\big(\,\overline{F}\big)} = \dfrac{0,01}{0,05}=0{,}2\)
L'arbre complet est donc :
Attention, piège :Ne pas confondre la donnée « 1 % des jouets ne réussissent aucun des deux tests » avec une probabilité conditionnelle : \(0{,}01=P(\overline F\cap\overline S)\). Pour placer la branche \(\overline F \to \overline S\), on calcule \(P_{\overline F}(\overline S)=\dfrac{P(\overline F\cap\overline S)}{P(\overline F)}\).
\(P\big(\,F\cap S) = P(F) \times P_{F}(S)=0{,}95 \times 0{,}98 = 0{,}931\)
La probabilité que le jouet choisi réussisse les deux tests est égale à \(0{,}93\).
Les évènements \(F\) et \(\overline{F}\) forment une partition de l'univers, donc, d'après la formule des probabilités totales : \(P(S) = P\big(\,F\cap S\big) + P\big(\,\overline{F}\cap S\big)\)
On a donc : \(P(S)=0{,}931 + 0{,}05\times 0{,}8 = 0{,}971\).
La probabilité que le jouet réussisse le test de sécurité vaut, \(0{,}97\) arrondi au centième.
\(P_{S}(F)= \dfrac{P(F\cap S)}{P(S)} = \dfrac{0,931}{0,971}\approx 0{,}9588\)
La probabilité qu'un jouet réussisse le test de fabrication sachant qu'il a réussi le test de sécurité vaut \(0{,}96\), arrondi au centième.
Partie B
\(S_{n}\) suit la loi binomiale de paramètres \(n\) et \(p = 0{,}95\) donc :
\(E\left(S_n\right)=n\times p = 0{,}95n\) et \(V(X)=np(1-p)= n \times 0{,}95 \times 0{,}05 = 0{,}0475n\).
Dans cette question, on pose \(n = 150\).
\(\begin{aligned}[t] P\left(S_{150}=145\right) & = \displaystyle \binom{150}{145}\times 0{,}95^{145}\times 0{,}05^{150 - 145}\\ & = 591\,600\,030\times 0{,}95^{145} \times 0{,}05^{5}\\ & \approx 0{,}10884 \end{aligned}\).
Finalement, avec les consignes d'arrondi : \(P\left(S_{150}= 145\right) \approx 0{,}109\)
Dans le contexte de l'exercice, dans environ 10,9% des cas, 145 jouets sur les 150 du lot réussissent le test de fabrication.
\(94\%\) des jouets de ce lot correspond à 141 jouets.
À l'aide de la calculatrice : \(P\left(S_{150} \geqslant 141\right) \approx 0{,}78088\)
La probabilité qu'au moins \(94\%\) des jouets de ce lot réussissent le test de fabrication vaut \(0{,}781\) à \(10^{-3}\) près.
Dans cette question, l'entier naturel non nul \(n\) n'est plus fixé.
D'après les propriétés sur l'espérance d'une somme de variables aléatoires :
\(E\big(\,F_{n}\big)= E\left(\dfrac{S_{n}}{n}\right) = \dfrac{E\left( S_{n}\right)}{n}= \dfrac{0,95n}{n}= 0{,}95\).
D'après les propriétés sur la variance d'une somme de variables aléatoires indépendantes :
\(V\big(\,F_{n}\big)= V\left(\dfrac{S_{n}}{n}\right) = \dfrac{V\left( S_{n}\right)}{n^2}= \dfrac{0{,}0475n}{n^2}= \dfrac{0,0475}{n}\).
L'évènement « \(0{,}93 <F_{n}< 0{,}97\) » revient à \(\big|F_{n} - 0{,}95 \big| < 0{,}02\) et
\(P\Big(\big|F_n - 0{,}95 \big| < 0{,}02\Big) = 1 - P\Big(\big|F_{n} - 0{,}95 \big| \geqslant 0{,}02\Big)\).
On veut que \(P\Big(\big|F_{n} - 0{,}95 \big| \geqslant 0{,}02\Big) \geqslant 0{,}96\)
On veut donc que \(P\Big(\big|F_n - 0{,}95 \big| < 0{,}02\Big) \leqslant 0{,}04\)
Or, pour tout réel \(t > 0\), d'après l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, on a :
\(P\Big(\big|F_n-E\big(\,F_n\big)\big| \geqslant t\Big) \leqslant \dfrac{V\big(\,F_n\big)}{t^2}\)
Pour \(t = 0{,}02\) on obtient : \(P\Big(\big|F_n-0{,}95\big| \geqslant 0{,}02\Big)\leqslant \dfrac{0{,}0475}{n \times 0{,}02^2}\).
Il faut résoudre l'inéquation suivante :
\(1-\dfrac{0{,}0475}{n\times 0{,}02^2} \geqslant 0{,}96 \iff \dfrac{0{,}0475}{n\times 0{,}02^2} \leqslant 0{,}04 \iff n\geqslant \dfrac{0{,}0475}{0,04\times 0{,}02^2} \\ \iff n\geqslant2969\).
Le lot devra contenir au moins \(2969\) jouets.
L'inégalité est donc vraie pour tout entier \(n \geqslant 2969\).
À partir de \(2969\) jouets prélevés, la probabilité de l'évènement \(I\) est supérieure ou égale à \(0{,}96\).
Exercice 3 (5 pts)
Un patient doit prendre toutes les heures une dose de \(2\) ml d'un médicament.
On introduit la suite \(\left(u_n\right)\) telle que le terme \(u_n\) représente la quantité de médicament, exprimée en ml présente dans l'organisme immédiatement après \(n\) prises de médicament.
On a \(u_1 = 2\) et
pour tout entier naturel \(n\) strictement positif : \(u_{n+1} = 2 + 0{,}8u_n\).
Partie A
En utilisant ce modèle, un médecin cherche à savoir à partir de combien de prises du médicament la quantité présente dans l'organisme du patient est strictement supérieure à 9 mL.
Calculer la valeur \(u_2\).
Montrer par récurrence que :
\[u_n = 10 - 8 \times 0{,}8^{n-1} \,\text{pour tout entier naturel} \:n \:\text{strictement positif.}\]Déterminer \(\lim\limits_{n \to +\infty} u_n\) et et donner une interprétation de ce résultat dans le contexte de l'exercice.
Soit \(N\) un entier naturel strictement positif, l'inéquation \(u_N \geqslant 10\) admet-elle des solutions?
Interpréter le résultat de cette question dans le contexte de l'exercice.
Déterminer à partir de combien de prises de médicament la quantité de médicament présente dans l'organisme du patient est strictement supérieure à \(9\) mL. Justifier votre démarche.
Partie B
En utilisant la même modélisation, le médecin s'intéresse à la quantité moyenne de médicament présente dans l'organisme du malade au cours du temps.
On définit pour cela la suite \(\left(S_n\right)\) définie pour tout entier naturel \(n\) strictement positif par
\[S_n = \frac{u_1 + u_2 + \dots + u_n}{n}.\]On admet que la suite \(\left(S_n\right)\) est croissante.
Calculer \(S_2\).
Montrer que pour tout entier naturel \(n\) strictement positif,
\[u_1 + u_2 + \dots + u_n = 10n - 40 + 40 \times 0{,}8^n.\]Calculer \(\lim\limits_{n \to +\infty} S_n\).
On donne la fonction mystere suivante, écrite en langage Python :
1 def mystere(k): 2 n = 1 3 s = 2 4 while s < k: 5 n = n + 1 6 s = 10 - 40/n + (40*0.8**n)/n 7 return n Dans le contexte de l'énoncé, que représente la valeur renvoyée par la saisie
mystere(9)?Justifier que cette valeur est strictement supérieure à \(10\).
Voir le corrigé de l'exercice 3
Partie A
On a : \(u_2 = 2 + 0{,}8u_1 = 2 + 0{,}8 \times 2 = 2 + 1{,}6 = 3{,}6\).
Après deux prises du médicament, le patient a 3,6 mL de médicament dans son organisme.
Pour tout entier naturel non nul \(n\), on pose \(P_n\), l'affirmation : « \(u_n = 10 - 8\times 0{,}8^{n-1}\) ».
Initialisation : On a, d'une part : \(u_1 = 2\), d'après l'énoncé.
Et, d'autre part : \(10 - 8 \times 0{,}8^{1 - 1} = 10 - 8 \times 0{,}8^0 = 10 - 8 \times 1 = 2\).
On constate que pour \(n = 1\), l'affirmation \(P_1\) est vraie.
Hérédité : Pour \(n\) entier naturel non nul, on suppose l'affirmation \(P_n\) vraie, c'est-à-dire : « \(u_n = 10 - 8\times 0{,}8^{n-1}\) ».
On veut montrer que cela implique que l'affirmation \(P_{n+1}\) est vraie.
On a : \(\begin{aligned}[t] u_{n+1} &= 2 + 0{,}8u_n \quad \text{ par définition de la suite }(u_n) \\ &= 2 + 0{,}8 \Big(10 - 8\times 0{,}8^{n-1}\Big) \quad \text{ par hypothèse de récurrence}\\ &= 2 + 0{,}8 \times 10 - 0{,}8 \times 8\times 0{,}8^{n-1}\\ &= 2 + 8 - 8\times 0{,}8 \times 0{,}8^{n-1}\\ &= 10 - 8 \times 0{,}8^{n} \quad \text{c'est l'égalité } P_{n+1}\\ \end{aligned}\)
Conclusion : L'affirmation est vraie au rang 1, et, pour tout rang naturel non nul \(n\), si \(P_n\) est vraie alors \(P_{n+1}\) l'est aussi, donc, en vertu du principe de démonstration par récurrence, on a donc démontré que \(P_n\) est vraie pour tout entier naturel \(n\) non nul, autrement dit, on a établi une expression explicite du terme général de la suite.
Par connaissance des limites des suites géométriques, comme on a \(-1 < 0{,}8 < 1\), on en déduit : \(\lim\limits_{n \to +\infty} 0{,}8^{n-1} = \lim\limits_{n \to +\infty} - 8\times 0{,}8^{n-1} = 0\).
Par limite de la somme, on en déduit : \(\lim\limits_{n\to +\infty} u_n = \lim\limits_{n\to +\infty} = 10 + 0 = 10\).
La suite \((u_n)\) converge donc vers 10.
Dans le contexte de l'exercice, cela signifie qu'au bout d'un nombre important de prises de ce médicament, l'organisme du patient contiendra une quantité de médicament qui tend vers les 10 mL.
Soit \(N\) un entier naturel non nul, étudions l'inéquation :
\(\begin{aligned} u_N \geqslant 10 &\iff 10 - 8 \times 0{,}8^{N-1} \geqslant 10\\ &\iff -8\times 0{,}8^{N-1} \geqslant 0 \end{aligned}\)
Le membre de gauche est un réel strictement négatif (car 8 et 0,8 sont strictement positifs) et ne peut être supérieur ou égal à 0.
L'inéquation n'admet donc pas de solution.
Dans le contexte de l'exercice, cela peut s'interpréter sur le comportement de la suite, qui est donc majorée (strictement) par 10, ou par la quantité de médicament dans l'organisme de l'individu qui est toujours strictement inférieure à 10 mL, quel que soit le nombre de prises du médicament enchaînées.
On résout une inéquation différente, avec \(n\) un entier naturel non nul :
\(\begin{aligned} u_n > 9 &\iff 10 - 8 \times 0{,}8^{n-1} > 9\\ &\iff - 8 \times 0{,}8^{n-1} > -1\\ &\iff 0{,}8^{n-1} < \dfrac{1}{8} \quad \text{car } -8<0\\ &\iff \ln\left(0{,}8^{n-1}\right) < \ln\left(\dfrac{1}{8}\right) \quad {\small \text{la fonction ln étant strictement croissante sur }\mathbb{R}^{*+}} \\ &\iff (n-1)\ln(0{,}8) < -\ln(8) \quad \text{ d'après les propriétés de la fonction ln}\\ &\iff n-1 > -\dfrac{\ln(8)}{\ln(0{,}8)} \quad \text{car } \ln(0{,}8) < 0\\ &\iff n > 1 - \dfrac{\ln(8)}{\ln(0{,}8)} \end{aligned}\)
Or, \(1 - \dfrac{\ln(8)}{\ln(0{,}8)} \approx 10{,}3\).
Comme on résout pour \(n\) entier naturel non nul, les solutions sont les entiers supérieurs ou égaux à 11.
C'est à partir de 11 prises successives du médicament que la quantité de celui-ci dans l'organisme du patient dépasse strictement les 9.
Attention, piège :Lorsqu’on divise une inéquation par \(\ln(0{,}8)\), qui est strictement négatif, le sens de l’inégalité change. L’oubli de ce changement de sens est une erreur très fréquente : \((n-1)\ln(0{,}8) < -\ln(8)\) devient \(n-1 > -\dfrac{\ln(8)}{\ln(0{,}8)}\), car \(\ln(0{,}8) \lt 0\).
Partie B
On a \(S_2 = \dfrac{u_1 + u_2}{n} = \dfrac{2 + 3{,}6}{2} = 2{,}8\).
Pour donner l'expression explicite de la somme, on utilisera l'expression explicite du terme général de la suite \((u_n)\), établi à la question A. 2..
La somme est une somme de \(n\) termes consécutifs, de \(u_1\) à \(u_n\) :
\(\begin{aligned} u_1 + u_2 + \dots + u_n &= 10 - 8\times 0{,}8^{0} + 10 - 8\times 0{,}8^{1} + \dots + 10 - 8\times 0{,}8^{n-1}\\ &= 10 + 10 + \dots + 10 - 8\times \left( 0{,}8^{0} + 0{,}8^{1} + \dots + 0{,}8^{n-1}\right)\\ &= 10\times n - 8 \times 1 \times \dfrac{1 - 0{,}8^{n}}{1 - 0{,}8}\quad \text{formule connue}\\ &= 10 n - \dfrac{8}{0,2} \times \left(1 - 0{,}8^{n}\right)\\ &= 10 n - 40 \times \left(1 - 0{,}8^{n}\right)\\ &= 10 n - 40 + 40 \times 0{,}8^{n}\quad \text{en développant}\\ \end{aligned}\)
On arrive donc bien à l'expression annoncée.
On déduit de la question précédente que, pour tout \(n\) entier naturel non nul, on a : \(S_n = 10 - \dfrac{40}{n} + \dfrac{40}{n}\times 0{,}8^n\).
On a donc, par limite du quotient : \(\lim\limits_{n \to +\infty} \dfrac{40}{n} = 0\),
de plus, par limite des suites géométriques, comme \(-1 < 0{,}8 < 1\) : \(\lim\limits_{n \to +\infty} 0{,}8^n = 0\).
Ainsi, par limite de la somme et du produit, on en déduit :
\(\lim\limits_{n \to +\infty} S_n = \lim\limits_{n \to +\infty} 10 - \dfrac{40}{n} + \dfrac{40}{n}\times 0{,}8^n = 10\).
La quantité moyenne de médicament présente dans l'organisme du patient tend elle aussi vers 10.
La fonction mystère est une fonction de seuil : elle détermine l'indice seuil pour lequel la valeur de \(S_n\) franchit le seuil
kpour la première fois.mystere(9)renvoie donc le premier nombre entier naturel non nul \(n\) pour lequel la quantité moyenne de médicament dans l'organisme du patient depuis le début de la prise devient supérieure ou égale à 9.Cette valeur est donc nécessairement strictement supérieure à 10, puisque l'on a établi à la fin de la partie A que c'est seulement à la onzième prise du médicament que la quantité à ce moment là dans le corps du patient dépasse les 9.
Avant \(n = 11\), les valeurs de la suite \((u_n)\) sont donc toutes inférieures strictement à 9, et donc leur moyenne le sera aussi.
Il est donc impossible que \(S_n\) soit supérieur à 9 pour tout entier naturel non nul \(n\), pour \(n\) inférieur ou égal à 10.
La fonction
mystèredoit donc renvoyer une valeur (un indice) strictement supérieur à 10. Elle renverra en réalité 40 (on a \(S_{39} \approx 8{,}974\) et \(S_{40} \approx 9{,}0001\)).
Exercice 4 (5 pts)
On considère la fonction \(f\) définie sur l'intervalle \(]0~;~ + \infty[\) par
\[f(x) = \frac{\mathrm{e}^{\sqrt{x}}}{2\sqrt{x}}\]et on appelle \(\mathcal{C}_f\) sa courbe représentative dans un repère orthonormé.
On définit la fonction \(g\) sur l'intervalle \(]0~;~ + \infty[\) par \(g(x) = \mathrm{e}^{\sqrt{x}}\).
Montrer que \(g'(x) = f(x)\) pour tout \(x\) de l'intervalle \(]0~;~ + \infty[\).
Pour tout réel \(x\) de l'intervalle \(]0~;~ + \infty[\), calculer \(f'(x)\) et montrer que:
\[f'(x) = \dfrac{\mathrm{e}^{\sqrt{x}}\left(\sqrt x - 1\right)}{4x\sqrt x}.\]
Déterminer la limite de la fonction \(f\) en \(0\).
Interpréter graphiquement ce résultat.
Déterminer la limite de la fonction \(f\) en \(+ \infty\).
Étudier le sens de variation de la fonction \(f\) sur \(]0~;~+ \infty[\).
Dresser le tableau de variations de la fonction \(f\) en y faisant figurer les limites aux bornes de l'intervalle de définition.
Montrer que l'équation \(f(x) = 2\) admet une unique solution sur l'intervalle \([1~;~+\infty[\) et donner une valeur approchée à \(10^{-1}\) près de cette solution.
On pose \(I = \displaystyle\int_1^2 f(x)\, \text{d}x\).
Calculer \(I\).
Interpréter graphiquement le résultat.
On admet que la fonction \(f\) est deux fois dérivable sur l'intervalle \(]0~;~ + \infty[\) et que:
\[f"(x) = \dfrac{\mathrm{e}^{\sqrt{x}}\left(x - 3\sqrt x + 3\right)}{8x^2\sqrt x}.\]En posant \(X = \sqrt x\), montrer que \(x - 3\sqrt x + 3 > 0\) pour tout réel \(x\) de l'intervalle \(]0~;~ + \infty[\).
Étudier la convexité de la fonction \(f\) sur l'intervalle \(]0~;~ + \infty[\).
Voir le corrigé de l'exercice 4
On considère \(f\) la fonction définie sur l'intervalle \(]0; +\infty[\) par \(f(x) = \dfrac{\mathrm{e}^{\sqrt{x}}}{2 \sqrt{x}}\) et on appelle \(C_f\) sa courbe représentative dans un repère orthonormé.
On définit la fonction \(g\) sur l'intervalle \(]0~;~ +\infty[\) par \(g(x) = \mathrm{e}^{\sqrt{x}}\)
La fonction \(g\) est continue et dérivable sur \(]0~;~+\infty[\), donc \(\forall x \in ]0~;~+\infty[\),
\(g'(x) = \dfrac{1}{2\sqrt{x}}\times \mathrm{e}^{\sqrt{x}}= \dfrac{\mathrm{e}^{\sqrt{x}}}{2\sqrt{x}} = f(x)\).
La fonction \(f\) est continue et dérivable sur \(]0~;~+\infty[\), donc \(\forall x \in ]0~;~+\infty[\),
\(f'(x) = \dfrac{\dfrac{1}{2\sqrt{x}}\mathrm{e}^{\sqrt{x}}\times2\sqrt{x}-\mathrm{e}^{\sqrt{x}}\times 2\dfrac{1}{2\sqrt{x}}}{(2\sqrt{x})^2} = \dfrac{\mathrm{e}^{\sqrt{x}}-\dfrac{\mathrm{e}^{\sqrt{x}}}{\sqrt{x}}}{4x}=\dfrac{\dfrac{\sqrt{x}\mathrm{e}^{\sqrt{x}}-\mathrm{e}^{\sqrt{x}}}{\sqrt{x}}}{4x}= \dfrac{\mathrm{e}^{\sqrt{x}} (\sqrt{x} - 1)}{4 x \sqrt{x}}\).
\(\displaystyle \lim\limits_{x \to 0} \mathrm{e}^{\sqrt{x}}=1\) et \(\displaystyle \lim\limits_{x \to 0} 2\sqrt{x}=0\) avec \(\dfrac{\mathrm{e}^{\sqrt{x}}}{2 \sqrt{x}} > 0\) donc \(\displaystyle \lim\limits_{x \to 0}f(x)=+\infty\).
Donc \(C_f\) admet une asymptote verticale d'équation \(x=0\).
D'après les croissances comparées, \(\displaystyle \lim\limits_{u \to +\infty} \dfrac{\mathrm{e}^u}{u}=+\infty\) donc par composition de limites (en posant \(u(x)=\sqrt{x}\)) \(\lim\limits_{x \to +\infty} f(x)=+\infty\).
\(\forall x \in ]0~;~+\infty[\), \(\mathrm{e}^{\sqrt{x}}>0\) et \(4 x \sqrt{x}>0\) donc \(f'(x)\) a le même signe que \(\sqrt{x}-1\).
\(\sqrt{x}-1\geqslant 0 \iff \sqrt{x}\geqslant1 \iff x\geqslant1\)

La fonction \(f\) est continue et strictement croissante sur l'intervalle \([1~;~+\infty[\) à valeurs dans \(\left[\dfrac{\mathrm{e}}{2}~;~+\infty\right[\). Or \(2\in \left[\dfrac{\mathrm{e}}{2}~;~+\infty\right[\) (car \(\dfrac{\mathrm{e}}{2}<2\)) donc d'après le corollaire du TVI, l'équation \(f(x) = 2\) admet une unique solution notée \(\alpha\) dans \([1;+\infty[\).
À la calculatrice : \(\alpha\approx 4{,}6\).
\(I = \displaystyle\int_1^2 f(x) \, \text{d}x\).
\(\forall x \in [1~;~2]\), \(f(x)=\dfrac{\mathrm{e}^{\sqrt{x}}}{2 \sqrt{x}}=\dfrac{1}{2\sqrt{x}} \times {\mathrm{e}^{\sqrt{x}}}\). En remarquant que la dérivée de la fonction \(g\) est la fonction \(f\), donc \(g\) est une primitive de \(f\).
Donc \(I = \displaystyle\int_1^2 f(x) \, dx=\left[g(x)\right]_1^2=\left[\mathrm{e}^{\sqrt{x}}\right]_1^2= \mathrm{e}^{\sqrt{2}}- \mathrm{e}\)
L'aire du domaine \(\begin{cases} 1\leqslant x \leqslant 2 \\ 0\leqslant y \leqslant f(x)\end{cases}\) est égale à \(\mathrm{e}^{\sqrt{2}}- \mathrm{e}\).
\(I\) est donc l’aire du domaine compris entre \(\mathcal{C}_f\) , l’axe des abscisses et les droites d’équation \(x =1\) et \(x =2\).
\(\forall x \in ]0~;~ +\infty[\), \(f''(x) = \dfrac{\mathrm{e}^{\sqrt{x}} (x - 3 \sqrt{x} + 3)}{8 x^2 \sqrt{x}}\)
On pose \(\forall x \in ]0~;~ +\infty[\), \(X=\sqrt{x}\).
\(x - 3 \sqrt{x} + 3=X^2-3X+3\).
\(\Delta=(-3)^2-4\times 1\times 3=-3<0\) donc \(\forall X \in ]0~;~ +\infty[\), \(X^2-3X+3>0\) donc \(\forall x \in ]0; +\infty[\), \(x - 3 \sqrt{x} + 3>0\).
\(\forall x \in ]0; +\infty[\), \(e^{\sqrt{x}}>0\) et \(x - 3 \sqrt{x} + 3>0\) et \(8 x^2 \sqrt{x}>0\) donc \(f''(x)>0\).
La fonction \(f\) est convexe sur \(]0~;~ +\infty[\).
Les fiches magiques · Terminale spé maths
Le Bac de maths en 40 fiches
- 40 fiches claires et illustrées : tout le cours de spécialité, une notion par page.
- Vidéos méthodes pas à pas, accessibles par QR code sur chaque fiche.
- 15 minutes par jour d'exercices corrigés pour être prêt le jour du Bac.
Au programme du sujet 2025 · Asie · jour 1
Épreuve de spécialité mathématiques du baccalauréat général, session 11 juin 2025, durée 4 heures, 20 points. Chaque exercice est corrigé en détail, avec les rappels de cours utiles et les pièges à éviter.
- Exercice 1 : géométrie dans l'espace
- Exercice 2 : probabilités
- Exercice 3 : suites, algorithmique et python, limites et continuité
- Exercice 4 : dérivation et convexité, fonction exponentielle, limites et continuité




