Annales Bac · Spécialité mathématiques › 2025
2025Bac spé maths · Métropole · Jour 1
Épreuve écrite de spécialité mathématiques, série générale · 17 juin 2025
Exercice 1 (5 pts)
On compte quatre groupes sanguins dans l'espèce humaine: A, B, AB et O.
Chaque groupe sanguin peut présenter un facteur rhésus. Lorsqu'il est présent, on dit que le rhésus est positif, sinon on dit qu'il est négatif.
Au sein de la population française, on sait que:
45 % des individus appartiennent au groupe A, et parmi eux 85 % sont de rhésus positif;
10 % des individus appartiennent au groupe B, et parmi eux 84 % sont de rhésus positif;
3 % des individus appartiennent au groupe AB, et parmi eux 82 % sont de rhésus positif.
On choisit au hasard une personne dans la population française.
On désigne par:
\(A\) l'évènement « La personne choisie est de groupe sanguin A » ;
\(B\) l'évènement « La personne choisie est de groupe sanguin B » ;
\(AB\) l'évènement « La personne choisie est de groupe sanguin AB » ;
\(O\) l'évènement « La personne choisie est de groupe sanguin O » ;
\(R\) l'évènement « La personne choisie a un facteur rhésus positif ».
Pour un évènement quelconque \(E\), on note \(\overline{E}\) l'évènement contraire de \(E\) et \(p(E)\) la probabilité de \(E\).
Recopier l'arbre ci-contre en complétant les dix pointillés.
Montrer que \(p(B \cap R) = 0{,}084\). Interpréter ce résultat dans le contexte de l'exercice.
On précise que \(p(R) = 0{,}8397\).
Montrer que \(p_O(R) = 0{,}83\).
On dit qu'un individu est « donneur universel » lorsque son sang peut être transfusé à toute personne sans risque d'incompatibilité.
Le groupe O de rhésus négatif est le seul vérifiant cette caractéristique.
Montrer que la probabilité qu'un individu choisi au hasard dans la population française soit donneur universel est de 0,0714.

Lors d'une collecte de sang, on choisit un échantillon de \(100\) personnes dans la population d'une ville française. Cette population est suffisamment grande pour assimiler ce choix à un tirage avec remise. On note \(X\) la variable aléatoire qui à chaque échantillon de \(100\) personnes associe le nombre de donneurs universels dans cet échantillon.
Justifier que \(X\) suit une loi binomiale dont on précisera les paramètres.
Déterminer à \(10^{-3}\) près la probabilité qu'il y ait au plus 7 donneurs universels dans cet échantillon.
Montrer que l'espérance \(E(X)\) de la variable aléatoire \(X\) est égale à \(7{,}14\) et que sa variance \(V(X)\) est égale à \(6{,}63\) à \(10^{-2}\) près.
Lors de la semaine nationale du don du sang, une collecte de sang est organisée dans \(N\) villes françaises choisies au hasard numérotées 1,2, 3, ... , \(N\) où \(N\) est un entier naturel non nul.
On considère la variable aléatoire \(X_1\) qui à chaque échantillon de 100 personnes de la ville 1 associe le nombre de donneurs universels dans cet échantillon.
On définit de la même manière les variables aléatoires \(X_2\) pour la ville 2, ... , \(X_N\) pour la ville \(N\).
On suppose que ces variables aléatoires sont indépendantes et qu'elles admettent la même espérance égale à \(7{,}14\) et la même variance égale à \(6{,}63\).
On considère la variable aléatoire \(M_N = \dfrac{X_1 + X_2 + \ldots + X_N}{N}\).
Que représente la variable aléatoire \(M_N\) dans le contexte de l'exercice ?
Calculer l'espérance \(E(M_N)\).
On désigne par \(V(M_N)\) la variance de la variable aléatoire \(M_N\).
Montrer que \(V(M_N) = \dfrac{6,63}{N}\).
Déterminer la plus petite valeur de \(N\) pour laquelle l'inégalité de Bienaymé- Tchebychev permet d'affirmer que:
\[P(7 < M_N < 7{,}28) \geqslant 0{,}95.\]
Voir le corrigé de l'exercice 1
Puisque l'on choisit une personne au hasard dans la population française, on est en situation d'équiprobabilité, et donc la loi uniforme permet d'assimiler les proportions à des probabilités.
L'arbre représentant la situation est :

Remarque : les deux probabilités en rouge n'étaient pas attendues ici. On peut compléter ces deux branches après avoir répondu à la question 3.
\(P(B \cap R)=P(B) \times P_B(R)= 0{,}10 \times 0{,}84=0{,}084\).
Dans le contexte de l'exercice, \(8{,}4\%\) de la population est de groupe sanguin B et de rhésus positif.
Les évènements \(A\), \(B\), \(AB\) et \(O\) forment une partition de l'univers, donc, d'après la formule des probabilités totales :
\(P(R) = P\big(\,A\cap R\big) + P\big(\,B\cap R\big) + P\big(\,AB\cap R\big) +P\big(\,O\cap R\big)\)
D'où : \(\begin{aligned}[t] P\big(\,O\cap R\big)& = P(R) -P\big(\,A\cap R\big) - P\big(\,B\cap R\big) - P\big(\,AB\cap R\big) \\ &= 0{,}8397 - 0{,}45\times 0{,}85 - 0{,}084 - 0{,}03 \times 0{,}82\\ & = 0{,}3486 \end{aligned}\)
Or \(P_O(R)=\dfrac{P(O\cap R) }{P(O)}= \dfrac{0{,}3486}{0,42}= 0{,}83\)
Ce qui est le résultat donné.
Trouver la probabilité qu'un individu choisi au hasard dans la population française soit donneur universel revient à calculer la probabilité \(P\left( O\cap \overline{R} \right)\).
\(\begin{aligned} P\left( O\cap \overline{R} \right)& = P(O)\times P_{O}\left(\overline{R}\right)\\ &= P(O)\times \left(1- P_{O}(R)\right)\\ &= 0{,}42 \times (1 - 0{,}83)\\ &= 0{,}0714 \end{aligned}\)
La probabilité d'être un donneur universel est bien de \(0{,}0714\).
On répète 100 fois de manière identique et indépendante une expérience aléatoire à deux issues dont le succès « la personne est un donneur universel » a une probabilité \(p=0{,}0714\).
La variable aléatoire \(X\) compte le nombre de succès.
Donc \(X\) suit une loi binomiale de paramètres \(n=100\) et \(p=0{,}0714\).
\(P(X \leq 7 ) \approx 0{,}57714\).
À \(10^{-3}\) près, la probabilité qu'il y ait au plus 7 donneurs universels dans cet échantillon vaut \(0{,}577\).
\(X\) suit une loi binomiale de paramètres \(n=100\) et \(p=0{,}0714\) donc :
\(\begin{aligned}[t] E(X)& =n \times p \\&= 100 \times 0{,}0714\\&=7{,}14\end{aligned}\)
\(\begin{aligned}[t] V(X)& = n \times p \times (1-p)\\& = 100 \times 0{,}0714 \times (1- 0{,}714) \\& = 6{,}630204\\ & \approx 6{,}63\quad\text{ à }10^{-2} \text{ près.} \end{aligned}\)
La variable aléatoire \(M_{N}\) dans le contexte de l'exercice représente le nombre moyen de donneurs universels sur les \(N\) collectes de sang organisées.
\(M_N\) est la moyenne empirique de la variable aléatoire \(X\) donc :
\(E\left(M_{N}\right)=E(X) =7{,}14\).
\(V\left(M_{N}\right)=\dfrac{V(X)}{N}= \dfrac{6,63}{N}\).
L'évènement \(\big\{ 7<M_{N}<7{,}28 \big\}\) revient à \(\big\{\big|M_{N} - 7{,}14\big| < 0{,}14\big\}\)
et \(P\Big(\big|M_N - 7{,}14 \big| < 0{,}14\Big) = 1 - P\Big(\big|M_{N} - 7{,}14 \big| \geqslant 0{,}14\Big)\).
On veut que \(1 - P\Big(\big|M_{N} - 7{,}14 \big| \geqslant 0{,}14\Big) \geqslant 0{,}95\)
On veut donc que \(P\Big(\big|M_N - 7{,}14 \big| \geqslant 0{,}14\Big) \leqslant 0{,}05\)
Or, pour tout réel \(t > 0\), d'après l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, on a :
\(P\Big(\big|M_N-E\big(\,M_N\big)\big| \geqslant t\Big) \leqslant \dfrac{V\big(\,M_N\big)}{t^2}\)
Pour \(t = 0{,}14\) on obtient : \(P\Big(\big|M_N-7{,}14\big| \geqslant 0{,}14\Big)\leqslant \dfrac{6,63}{ N \times 0{,}14^2}\).
On veut donc que : \(\begin{aligned}[t] \dfrac{16\,575}{49 N} \leqslant 0{,}05 &\iff \dfrac{331\,500}{49} \leqslant N \\ &\iff 6765+\dfrac{15}{49}\leqslant N \end{aligned}\)
L'inégalité est donc vraie pour tout entier \(N \geqslant 6766\).
La plus petite valeur de \(N\) pour laquelle l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev permet d'affirmer que \(P\left(7<M_{N}<7{,}28\right) \geqslant 0{,}95\) est \(6766\).
Exercice 2 (6 pts)
On considère une fonction \(f\) définie sur l'intervalle \(]0~;~ +\infty[\). On admet qu'elle est deux fois dérivable sur l'intervalle \(]0~;~ +\infty[\). On note \(f'\) sa fonction dérivée et \(f''\) sa fonction dérivée seconde.
Dans un repère orthogonal, on a tracé ci-dessous:
la courbe représentative de \(f\), notée \(\mathcal{C}_f\) sur l'intervalle ]0 ; 3] ;
la droite \(T_{\text{A}}\),tangente à \(\mathcal{C}_f\) au point A(1 ; 2) ;
la droite \(T_{\text{B}}\) tangente à \(\mathcal{C}_f\) au point B(e ; e).
On précise par ailleurs que la tangente \(T_{\text{A}}\) passe par le point C(3 ; 0).

Partie A : Lectures graphiques
On répondra aux questions suivantes en les justifiant à l'aide du graphique.
Déterminer le nombre dérivé \(f'(1)\).
Combien de solutions l'équation \(f'(x) = 0\) admet-elle dans l'intervalle ]0 ; 3] ?
Quel est le signe de \(f''(0{,}2)\) ?
Partie B : étude de la fonction \(f\)
On admet dans cette partie que la fonction \(f\) est définie sur l'intervalle \(]0~;~ +\infty[\) par
\[f(x) = x[2(\ln x)^2 - 3\ln x + 2 ]\]où \(\ln\) désigne la fonction logarithme népérien.
Résoudre dans \(\mathbb{R}\) l'équation \(2X^2- 3X + 2 = 0\).
En déduire que \(\mathcal{C}_f\) ne coupe pas l'axe des abscisses.
Déterminer, en justifiant, la limite de \(f\) en \(+\infty\).
On admettra que la limite de \(f\) en 0 est égale à 0.
On admet que pour tout \(x\) appartenant à \(]0~;~ +\infty[\), \(f'(x) = 2(\ln x)^2 + \ln x - 1\).
Montrer que pour tout \(x\) appartenant à \(]0~;~ +\infty[\), \(f''(x)= \dfrac 1x(4\ln x + 1)\).
Étudier la convexité de la fonction \(f\) sur l'intervalle \(]0~;~ +\infty[\) et préciser la valeur exacte de l'abscisse du point d'inflexion.
Montrer que la courbe \(\mathcal{C}_f\) est au-dessus de la tangente \(T_{\text{B}}\) sur l'intervalle \(]1~;~ +\infty[\).
Partie C : Calcul d'aire
Justifier que la tangente \(T_{\text{B}}\) a pour équation réduite \(y = 2x - \mathrm{e}\).
À l'aide d'une intégration par parties, montrer que
\[\displaystyle\int_1^{\mathrm{e}} x\ln x\, \text{d}x = \dfrac{\mathrm{e}^2 + 1}{4}.\]On note \(\mathcal{A}\) l'aire du domaine hachuré sur la figure, délimité par la courbe \(\mathcal{C}_f\), la tangente \(T_{\text{B}}\), et les droites d'équation \(x = 1\) et \(x = \mathrm{e}\).
On admet que \(\displaystyle\int_1^{\mathrm{e}} x(\ln x)^2\,\text{d}x = \dfrac{\mathrm{e}^2 - 1}{4}\).
En déduire la valeur exacte de \(\mathcal{A}\) en unité d'aire.
Voir le corrigé de l'exercice 2
Partie A: Lectures graphiques
Le nombre dérivé \(f'(1)\) est égal au coefficient directeur de la tangente à \(C_{f}\) au point \(\mathrm{A}(1 ~;~ 2)\).
La tangente \(T_{\mathrm{A}}\) passe par le point \(\mathrm{C}(3 ~;~ 0)\) son coefficient directeur est donc égal à \(\dfrac{0-2}{3-1}= \dfrac{-2}{2}=-1\).
Donc \(f'(1)= - 1\).
\(f'(x)=0\) lorsque la tangente à la courbe est horizontale.
L'équation \(f'(x)=0\) admet donc 2 solutions dans l'intervalle \(]0 ~;~ 3]\) ce qui correspond à deux extremums de la fonction.
Graphiquement, sur l'intervalle \([0~;~0{,}5]\) le graphe de la fonction semble concave donc on en déduit : \(f''(0{,}2)~<~0\).
Partie B : Étude de la fonction \(f\)
\(2X^{2}-3X + 2 = 0\) est une équation du second degré. Déterminons son discriminant \(\Delta\) :
\(\Delta = (-3)^2-4 \times 2 \times 2 = 9-16=-7<0\)
Le discriminant est négatif donc cette équation n'admet pas de solution sur \(\mathbb{R}\).
\(C_{f}\) coupe l'axe des abscisses à l'abscisse \(x\) est équivalent à \(f(x)=0\) soit
\(x\left(2(\ln x)^{2}-3 \ln x+2\right)=~0\) .
Or \(x >0\) donc \(f(x)=0 \iff 2(\ln x)^{2}-3 \ln x+2 =0\)
Posons pour \(x > 0\), \(X=\ln (x)\), l'équation devient : \(2X^2-3X+2=0\) or on vient de démontrer que cette équation n'admet pas de solution sur \(\mathbb{R}\) donc l'équation \(f(x)=0\) n'admet pas de solution sur \(\mathbb{R}\) donc \(C_{f}\) ne coupe pas l'axe des abscisses
\(f(x)=x\left(2(\ln x)^{2}-3 \ln x+2 \right)= x\left( \ln x\right)^2 \left( 2 - \dfrac{3}{\ln x}+\dfrac{2}{(\ln x)^2}\right)\).
On sait que \(\lim\limits_{x\to +\infty }\ln x =+\infty\) donc \(\lim\limits_{x\to +\infty }(\ln x)^2 =+\infty\)
d'où, d'une part : \(\lim\limits_{x\to +\infty} x(\ln x)^2 = +\infty\)
et, d'autre part \(\begin{cases} \lim\limits_{x \to +\infty }\frac{3}{\ln x} =0\\ \lim\limits_{x\to +\infty } \frac{2}{(\ln x)^2}= 0\end{cases}\) donc, par somme \(\lim\limits_{x \to +\infty } 2 - \dfrac{3}{\ln(x)}+\dfrac{2}{(\ln(x))^2} = 2\).
Et finalement, par produit \(\lim\limits_{x \to +\infty } f(x) =+\infty\).
\(f'(x)=2(\ln x)^{2} + \ln x - 1\).
Non demandé : \(f\) est dérivable comme produit de sommes de fonctions de \(x\) dérivables sur \(]0~;~+ \infty[\) et sur cet intervalle :
\(f'(x) = 2(\ln x)^2 - 3\ln x + 2 + x(4\ln x \times \dfrac 1x - 3\dfrac 1x) = 2(\ln x)^2 - 3\ln x + 2 + 4\ln x - 3 = 2(\ln x)^2 + \ln x - 1\).
On sait que \(u\) étant une fonction de \(x\) dérivable \(\left(u^n\right)' = n u'u^{n-1}\)
Donc pour tout \(x\) appartenant à \(]0~;~ +\infty[\):
\(f''(x)= 2 \times 2 \ln x \times \dfrac{1}{x} + \dfrac{1}{x}-0 =\dfrac{1}{x}(4 \ln x + 1)\).
Pour déterminer la convexité de \(f\), déterminons le signe de \(f''(x)\).
Sur \(]0~;~+\infty[\), \(\dfrac{1}{x} > 0\) donc \(f''(x)\) est du signe de \(4 \ln x+1\)
\(\begin{aligned} 4 \ln x+1 =0& \iff \ln x = -\dfrac{1}{4}\\ &\iff x = \mathrm{e}^{-\frac{1}{4}} \end{aligned}\)
\(\begin{aligned} 4 \ln x+1 > 0& \iff \ln x > -\dfrac{1}{4}\\ &\iff x > \mathrm{e}^{-\frac{1}{4}} \end{aligned}\)
Donc \(f''(x) \geqslant 0 \iff x \in \left[\mathrm{e}^{-\frac{1}{4}}~;~+ \infty\right[\) : la fonction \(f\) est convexe sur cet intervalle.
D'où :
La fonction \(f\) est concave sur l'intervalle \(\left]0~;~ \mathrm{e}^{-\frac{1}{4}}\right]\) et convexe sur l'intervalle \(\left[ \mathrm{e}^{-\frac{1}{4}}~;~+\infty\right[\).
La valeur exacte de l'abscisse du point d'inflexion est \(\mathrm{e}^{-\frac{1}{4}} \approx 0{,}779\).
La fonction \(f\) est convexe sur l'intervalle \(\left[ \mathrm{e}^{-\frac{1}{4}}~;~+\infty\right[\) or \(\mathrm{e}^{-\frac{1}{4}} <1\)
donc la fonction \(f\) est convexe sur l'intervalle \([1~;~+\infty[\)
et donc sur cet intervalle, la courbe \(C_{f}\) est au-dessus de toutes ses tangentes, en particulier \(T_{\mathrm{B}}\).
Partie C : Calcul d'aire
L'équation réduite de la tangente \(T_{\mathrm{B}}\) au point d'abscisse \(\mathrm{e}\) est : \(y= f'(\mathrm{e})(x-\mathrm{e} )+ f(\mathrm{e})\)
\(f'(\mathrm{e})= 2(\ln \mathrm{e})^{2} + \ln \mathrm{e} - 1 = 2 \times 1 + 1 - 1 = 2\) ;
\(f(\mathrm{e}) = \mathrm{e} \left(2(\ln \mathrm{e})^{2}-3 \ln e+2 \right)= \mathrm{e} \left(2 \times 1^2- 3 + 2\right)= \mathrm{e}\times 1= \mathrm{e}\). (Ceci est dans l'énoncé mais pas clairement !)
La tangente \(T_{\mathrm{B}}\) a donc pour équation réduite \(y=2 x-\mathrm{e}\).
\(x \longmapsto x \ln x\) est de la forme \(u v'\) avec \(\begin{cases}u(x)=\ln x \quad\text { et } \quad u'(x)=\frac{1}{x} \\ v'(x)=x \quad\text { et } \quad v(x)=\frac{x^2}{2}\end{cases}\)
Les fonctions \(u\) et \(v\) sont continues car dérivables sur \(\left[1~;~\mathrm{e}\right]\) et les fonctions \(u'\) et \(v'\) sont continues sur \(\left[1~;~\mathrm{e}\right]\), donc, d'après la formule d'intégration par parties :
\(\displaystyle \int_{a}^{b} u(x)v'(x)\, \mathrm{d}x = \Big [u(x)v(x)\Big]_{a}^{b} - \int_{a}^{b} u'(x)v(x) \, \mathrm{d}x\).
d'où \(\begin{aligned}[t] \int_1^{\mathrm{e}} x\ln x \, \mathrm{d}x& =\Big[\ln x \times \dfrac{x^2}{2} \Big]_1^{\mathrm{e}}-\int_1^{\mathrm{e}} \left[\dfrac{1}{x} \times \dfrac{x^2}{2}\right] \, \mathrm{d}x\\ & = \left( \ln \mathrm{e} \times \dfrac{\mathrm{e}^2}{2} \right) -\left(\ln 1 \times \dfrac{1^2}{2}\right) - \int_1^{\mathrm{e}} \dfrac{x}{2} \, \mathrm{d}x\\ & = 1 \times \dfrac{\mathrm{e}^2}{2}- 0 - \Big[ \dfrac{x^2}{4} \Big]_1^{\mathrm{e}}\\ & = \dfrac{\mathrm{e}^2}{2} - \left(\dfrac{\mathrm{e}^2}{4}-\dfrac{1}{4} \right)\\ &= \dfrac{2\mathrm{e}^2}{4}- \dfrac{\mathrm{e}^2}{4}+\dfrac{1}{4} \\ &= \dfrac{\mathrm{e}^{2}+1}{4} \end{aligned}\)
On note \(\mathcal{A}\) l'aire du domaine hachuré sur la figure, délimité par la courbe \(C_{f}\), la tangente \(T_{\mathrm{B}}\), et les droites d'équation \(x=1\) et \(x=\mathrm{e}\).
Sur l'intervalle \([1~;~\mathrm{e}]\), la courbe \(C_{f}\) est au-dessus de la tangente \(T_{\mathrm{B}}\) donc l'aire du domaine hachuré sur la figure, délimité par la courbe \(C_{f}\), la tangente \(T_{\mathrm{B}}\), et les droites d'équation \(x=1\) et \(x= \mathrm{e}\) est égale, en unité d'aires, à \(\displaystyle \int_{1}^{\mathrm{e}} [f(x)-2x+\mathrm{e} ]~\mathrm{d} x\).
\(\begin{aligned} \mathcal{A} &= \int_{1}^{\mathrm{e}} [f(x)-2x+\mathrm{e}] ~\mathrm{d} x\\ &= \int_{1}^{\mathrm{e}} [2x(\ln x)^{2}-3x \ln x+2x -2x+\mathrm{e}] ~\mathrm{d} x\\ &= 2\int_{1}^{\mathrm{e}} x(\ln x)^{2} ~\mathrm{d} x-3 \int_{1}^{\mathrm{e}} x \ln x ~\mathrm{d} x+ \int_{1}^{\mathrm{e}} \mathrm{e} ~\mathrm{d} x \quad \text {par linéarité de l'intégrale}\\ &= 2 \times \dfrac{\mathrm{e}^{2}-1}{4} - 3 \times \dfrac{\mathrm{e}^{2}+1}{4} + \Big[ \mathrm{e} x\Big]_1^{\mathrm{e}}\\ &= \dfrac{2\mathrm{e}^2-2-3\mathrm{e}^2-3}{4} + \mathrm{e}^2-\mathrm{e} \\ &= \dfrac{-\mathrm{e}^2-5}{4} +\dfrac{ 4\mathrm{e}^2-4\mathrm{e}}{4} \\ &= \dfrac{3\mathrm{e}^2-5-4\mathrm{e}}{4}.\\ \end{aligned}\).
Soit une aire d'environ 1,57 unités d'aire.
La valeur exacte de \(\mathcal{A}\) est \(\dfrac{3\mathrm{e}^2-4\mathrm{e} -5}{4} \,\rm{u.a.}\)
Exercice 3 (4 pts)
Pour chacune des affirmations suivantes, indiquer si elle est vraie ou fausse. Justifier chaque réponse. Une réponse non justifiée ne rapporte aucun point.
On munit l'espace d'un repère orthonormé \(\left(\text{O}~;~\overrightarrow{\imath},~\overrightarrow{\jmath},~\overrightarrow{k}\right)\).
On considère les points A\((-1~;~0~;~5)\) et B\((3~;~2~;~-1)\).
Affirmation 1 : Une représentation paramétrique de la droite (AB) est
\[\left\{\begin{array}{l c l} x &=& \phantom{-}3 - 2t\\ y &=&\phantom{-}2- \phantom{2}t\\ z&=&- 1 + 3t \end{array}\right.\:\text{avec } t \in \mathbb{R}.\]Affirmation 2 : Le vecteur \(\overrightarrow{n}\begin{pmatrix}5\\ -2\\1\end{pmatrix}\) est normal au plan (OAB).
On considère :
la droite \(d\) de représentation paramétrique \(\left\{\begin{array}{l c l}x &=&15+ \phantom{-}k\\y &=& \phantom{1}8 - \phantom{-}k\\z &=& - 6 + 2k \end{array}\right.\) avec \(k\in \mathbb{R}\) ;
la droite \(d'\) de représentation paramétrique \(\left\{\begin{array}{l c l}x&=&1 + 4s\\ y &=& 2 + 4s\\z&=&1- 6s \end{array}\right.\) avec \(s \in \mathbb{R}\).
Affirmation 3 : Les droites \(d\) et \(d'\) ne sont pas coplanaires.
On considère le plan \(\mathcal{P}\) d'équation \(x- y + z + 1 = 0\).
Affirmation 4 : La distance du point C\((2~;~-1~;~2)\) au plan \(\mathcal{P}\) est égale à \(2\sqrt 3\).
Voir le corrigé de l'exercice 3
Affirmation 1 : Vraie.
La lecture de la représentation paramétrique donnée indique que la droite représentée :
passe (pour le paramètre \(t=0\)) par le point de coordonnées \((3 ~;~ 2 ~;~ -1)\), autrement dit par B;
et qu'elle est dirigée par le vecteur \(\overrightarrow{u} \begin{pmatrix}-2 \\-1 \\ 3\end{pmatrix}\).
Comme on a : \(\overrightarrow{\mathrm{AB}} \begin{pmatrix} 3 - (-1) \\ 2 - 0 \\ -1 - 5\end{pmatrix}\), soit \(\overrightarrow{\mathrm{AB}} \begin{pmatrix} 4 \\ 2 \\ -6\end{pmatrix}\), on remarque que \(\overrightarrow{\mathrm{AB}} = -2\overrightarrow{u}\), donc la droite dont on a la représentation paramétrique est dirigée par un vecteur colinéaire à \(\overrightarrow{\mathrm{AB}}\).
Ainsi, la représentation paramétrique donnée est celle d'une droite passant par B et dirigée par \(\overrightarrow{\mathrm{AB}}\) : c'est bien la droite (AB).
Affirmation 2 : Fausse.
Comme O est l'origine du repère, on a \(\overrightarrow{\mathrm{OA}}\begin{pmatrix} -1 \\ 0 \\ 5 \end{pmatrix}\) et \(\overrightarrow{\mathrm{OB}}\begin{pmatrix} 3 \\ 2 \\ -1 \end{pmatrix}\).
Ces vecteurs sont clairement non colinéaires, et donc O, A et B définissent bien un plan. Le repère est orthonormal, donc on peut calculer des produits scalaires à l'aide des coordonnées :
On a bien : \(\overrightarrow{n} \cdot \overrightarrow{\mathrm{OA}} = 5 \times (-1) + (-2) \times 0 + 1 \times 5 = -5 + 0 + 5 = 0\) et \(\overrightarrow{n}\) est donc bien orthogonal à \(\overrightarrow{\mathrm{OA}}\),
par contre, on a : \(\overrightarrow{n} \cdot \overrightarrow{\mathrm{OB}} = 5 \times 3 + (-2) \times 2 + 1 \times (-1) = 15 - 4 - 1 = 10 \neq 0\) et \(\overrightarrow{n}\) n'est donc pas orthogonal à \(\overrightarrow{\mathrm{OB}}\).
Ainsi, \(\overrightarrow{n}\) n'est pas orthogonal au plan (OAB), car il n'est pas orthogonal à deux vecteurs définissant une base de ce plan.
Affirmation 3 : Fausse.
Par lecture des représentations paramétriques, les deux droites \(d\) et \(d'\) sont dirigées respectivement par \(\overrightarrow{v} \begin{pmatrix} 1 \\-1\\2\end{pmatrix}\) et \(\overrightarrow{v'} \begin{pmatrix} 4 \\4\\-6\end{pmatrix}\).
Ces vecteurs sont clairement non colinéaires, donc les droites ne sont pas parallèles (ni confondues, ni strictement parallèles). Elles peuvent donc être soit sécantes, soit non coplanaires.
Cherchons s'il existe un coupe \((k~;~s)\) tel que le point de paramètre \(k\) sur \(d\) soit confondu avec le point de paramètre \(s\) sur \(d'\), pour cela, résolvons :
\[\begin{aligned} \begin{cases} 15+k=1+4 s \\ 8-k=2+4 s \\ -6+2 k=1-6 s \end{cases} &\iff \begin{cases} k=-14 + 4 s \\ 8-(-14 + 4 s)=2+4 s \\ -6+2(- 14 + 4 s)=1-6 s \end{cases}\\ &\iff \begin{cases} k=-14+4 s \\ 8+14-4 s=2+4 s \\ -6-28+8 s=1-6 s \end{cases}\\ &\iff \begin{cases} k=-14+4 s \\ 8 s=20 \\ 14 s=35 \end{cases}\\ &\iff \begin{cases} k=-14+4 s \\ s=\frac{20}{8}=\frac{5}{2} \\ s=\frac{35}{14}=\frac{5}{2} \end{cases}\\ &\iff \begin{cases} s=2{,}5 \\ s=2{,}5 \\ k=-4 \end{cases} \end{aligned}\]Le système a une solution, donc les deux droites ont un point commun, le point qui a comme coordonnées \((11 ~;~ 12 ~;~ -14)\), c'est le point de paramètre \(k = -4\) sur \(d\) et c'est aussi le point de paramètre \(s = 2{,}5\) sur \(d'\).
Elles sont donc sécantes en ce point, et donc sont coplanaires.
Attention, piège : Dans l’espace, deux droites dont les vecteurs directeurs ne sont pas colinéaires ne sont pas automatiquement non coplanaires : elles peuvent être sécantes (donc coplanaires) ou non coplanaires. Pour trancher, il faut résoudre le système d’intersection \(M_k = M'_s\).Affirmation 4 : Vraie.
Le repère est orthonormé, donc par lecture de l'équation de plan, \(P\) admet comme vecteur normal \(\overrightarrow{n'}\) de coordonnées : \(\overrightarrow{n'} \begin{pmatrix} 1\\-1\\1 \end{pmatrix}\).
Ainsi, la droite \(\Delta\), passant par C et orthogonale à \(P\) aura pour représentation paramétrique : \(\begin{cases} x = 2 + l\\y = -1 - l\\ z= 2 + l\end{cases}\quad\) avec \(l\in\mathbb{R}\).
Si on appelle H le projeté orthogonal de C sur \(P\), alors \(\mathrm{H} = P \cap \Delta\). Donc H sera le point de \(\Delta\) dont le paramètre fait que les coordonnées paramétriques vérifient l'équation de \(P\).
On résout donc : \(\begin{aligned}[t] (2 + l) - (-1 - l) + (2 + l) + 1 = 0 &\iff 3l + 6 = 0\\ &\iff 3l = -6\\ &\iff l = -2 \end{aligned}\)
H est donc le point de paramètre \(l = -2\) sur \(\Delta\), donc ses coordonnées sont :
\(\mathrm{H} (0 ~;~ 1 ~;~ 0)\).
La distance CH vaut donc : \(\begin{aligned}[t] \mathrm{CH} &= \sqrt{(0 - 2)^2 + (1 - (-1))^2 + (0 - 2)^2}\\ &=\sqrt{4 + 4 + 4}\\ &=\sqrt{4\times 3}\\ &=\sqrt{4}\times \sqrt{3}\\ &=2\sqrt{3} \end{aligned}\)
La distance entre C et \(P\), c'est-à-dire la distance de C à son projeté orthogonal sur \(P\) est donc bien égale à \(2\sqrt{3}\).
Exercice 4 (5 pts)
Une équipe de biologistes étudie l'évolution de la superficie recouverte par une algue marine appelée posidonie, sur le fond de la baie de l'Alycastre, près de l'île de Porquerolles.
La zone étudiée est d'une superficie totale de 20 hectares (ha), et au premier juillet 2024, la posidonie recouvrait 1 ha de cette zone.
Partie A : étude d'un modèle discret
Pour tout entier naturel \(n\), on note \(u_n\) la superficie de la zone, en hectare, recouverte par la posidonie au premier juillet de l'année \(2024 + n\). Ainsi, \(u_0 = 1\).
Une étude conduite sur cette superficie a permis d'établir que pour tout entier naturel \(n\) :
\[u_{n+1} = - 0{,}02u_n^2 + 1{,}3u_n.\]Calculer la superficie que devrait recouvrir la posidonie au premier juillet 2025 d'après ce modèle.
On note \(h\) la fonction définie sur [0 ; 20] par
\[h(x) = - 0{,}02x^2 + 1{,}3x.\]On admet que \(h\) est croissante sur [0 ; 20].
Démontrer que pour tout entier naturel \(n,\: 1 \leqslant u_n \leqslant u_{n+1} \leqslant 20\).
En déduire que la suite \(\left(u_n\right)\) converge. On note \(L\) sa limite.
Justifier que \(L = 15\).
Les biologistes souhaitent savoir au bout de combien de temps la surface recouverte par la posidonie dépassera les 14 hectares.
Sans aucun calcul, justifier que, d'après ce modèle, cela se produira.
Recopier et compléter l'algorithme suivant pour qu'en fin d'exécution, il affiche la réponse à la question des biologistes.
[frame=single]
def seuil():
n=0
u= 1
while ...... :
n=......
u=......
return nPartie B : étude d'un modèle continu
On souhaite décrire la superficie de la zone étudiée recouverte par la posidonie au cours du temps avec un modèle continu.
Dans ce modèle, pour une durée \(t\), en année, écoulée à partir du premier juillet 2024, la superficie de la zone étudiée recouverte par la posidonie est donnée par \(f(t)\), où \(f\) est une fonction définie sur \([0~;~ +\infty[\) vérifiant :
\(f(0) = 1\) ;
\(f\) ne s'annule pas sur \([0~;~ +\infty[\) ;
\(f\) est dérivable sur \([0~;~ +\infty[\) ;
\(f\) est solution sur \([0~;~ +\infty[\) de l'équation différentielle
\[(E_1) : \quad y' =0{,}02y(15 - y).\]
On admet qu'une telle fonction \(f\) existe; le but de cette partie est d'en déterminer une expression.
On note \(f'\) la fonction dérivée de \(f\).
Soit \(g\) la fonction définie sur \([0~;~ +\infty[\) par \(g(t) = \dfrac{1}{f(t)}\).
Montrer que \(g\) est solution de l'équation différentielle
\[(E_2) : \quad y' = - 0{,}3y + 0{,}02.\]Donner les solutions de l'équation différentielle \((E_2)\).
En déduire que pour tout \(t \in [0~;~ +\infty[\) :
\[f(t)= \dfrac{15}{14\mathrm{e}^{-0{,}3t} + 1}.\]Déterminer la limite de \(f\) en \(+\infty\).
Résoudre dans l'intervalle \([0~;~ +\infty[\) l'inéquation \(f(t) > 14\). Interpréter le résultat dans le contexte de l'exercice.
Voir le corrigé de l'exercice 4
Partie A : étude d'un modèle discret
Le premier juillet 2025 étant le premier juillet \(2024 + 1\), on demande ici de calculer : \(u_1 = u_{0 + 1} = -0{,}02u_0^2 + 1{,}3u_0 = -0{,}02\times 1^2 + 1{,}3 \times 1 = 1{,}3-0{,}02 = 1{,}28\).
D'après ce modèle, au premier juillet 2025, la posidonie recouvrera une superficie de 1,28.
On remarque que la fonction \(h\) introduite dans la question est la fonction de récurrence de la suite, c'est-à-dire que pour tout entier naturel \(n\), on a : \(h(u_n)= u_{n+1}\).
Pour tout entier naturel \(n\), on pose l'affirmation \(P_n\) : « \(1 \leqslant u_n \leqslant u_{n+1} \leqslant 20\). »
Initialisation : pour \(n = 0\), on a, d'après la définition de la suite \(u_0 = 1\) et d'après la question précédente \(u_1 = 1{,}28\).
On constate donc que l'affirmation \(P_0\) est vraie.
Hérédité : On suppose que, pour un entier naturel \(n\), l'affirmation \(P_n\) est vraie.
Par hypothèse, on a donc :
\(\begin{aligned}[t] 1 \leqslant u_n \leqslant u_{n+1} \leqslant 20 &\implies h(1) \leqslant h(u_n) \leqslant h(u_{n+1}) \leqslant h(20)\\ &\qquad \qquad \text{car \(h\) est supposée croissante sur }[0~;~20]\\ &\implies 1{,}28 \leqslant u_{n+1} \leqslant u_{n+2} \leqslant 18 \quad \text{car } h(1) = 1{,}28 \text{~ et ~} h(20) = 18.\\ &\implies 1 \leqslant u_{n+1} \leqslant u_{n+2} \leqslant 20 \quad \text{car } 1 \leqslant 1{,}28 \text{~ et ~} 18 \leqslant 20.\\ \end{aligned}\)
Si \(P_n\) est vraie, alors \(P_{n+1}\) est donc vraie aussi.
Conclusion : On a établi que la propriété était vraie au rang 0, et que, pour \(n\) naturel \(n\), \(P_n\) est vraie alors \(P_{n+1}\) l'est aussi, donc d'après le principe de récurrence, on en déduit :
\(\forall n \in \mathbb{N},\quad 1 \leqslant u_n \leqslant u_{n+1} \leqslant 20.\)
D'après la question précédente, on a :
\(\forall n \in \mathbb{N},\quad 1\leqslant u_n \leqslant 20\) : la suite est bornée par 1 et 20;
\(\forall n \in \mathbb{N},\quad u_n \leqslant u_{n+1}\): la suite est croissante;
La suite est donc croissante et majorée, elle est donc convergente, vers une limite \(L\).
Comme la suite est bornée par 1 et 20, on en déduit que la limite \(L\) est donc un réel de l'intervalle \([1 ~;~20]\).
La suite \(u\) est définie par récurrence, sa fonction de récurrence étant continue (la fonction \(h\) est un polynôme de degré 2, donc continue sur son ensemble de définition); la suite est également convergente. D'après le théorème du point fixe, on en déduit que la limite de la suite \((u_n)\) doit être une solution à l'équation \(h(x) = x\).
Résolvons cette équation : \(\begin{aligned}[t] h(x) = x &\iff -0{,}02x^2 +1{,}3x = x\\ &\iff -0{,}02x^2 + 0{,}3 x = 0\\ &\iff -0{,}02x \left(x + \dfrac{0,3}{-0{,}02}\right ) = 0\\ &\iff -0{,}02x (x - 15) = 0\\ &\iff x = 0 \text{~ ou bien ~} x = 15\\ \end{aligned}\)
L'équation a deux solutions, 0 et 15, et parmi ces deux solutions, seule 15 est dans l'intervalle \([1 ~;~ 20]\), dont on a établi qu'il contient la limite \(L\).
La limite de la suite est donc bien \(L = 15\).
Puisque la suite converge vers 15, tout intervalle ouvert contenant 15 doit contenir tous les termes de la suite, à partir d'un certain rang.
L'intervalle \(]14 ~;~ +\infty[\) est un tel intervalle, donc il existe un rang \(N_0\) à partir duquel les termes de la suite sont dans l'intervalle \(]14 ~;~ +\infty[\), et sont donc supérieurs à 14.
Il existe donc une année à partir de laquelle la posidonie recouvrira une surface dépassant les 14.
Il s'agit ici d'un algorithme de seuil classique,
netusont initialisées à 0 et \(u_0\) respectivement. Tant que le terme stocké dans la variableurestera inférieur ou égal à 14, alors on mettra à jour ces deux variables pour qu'elles contiennent respectivement l'indice suivant et le terme suivant dans la suite.Cela donne :
def seuil(): n=0 u=1 while u < = 14 : n= n+1 u= -0.02*u**2 + 1.3*u return n
Remarque : Il y a une légère ambigüité sur l'interprétation de l'expression « dépassera les 14 hectares ». On a choisi dans ce corrigé de le comprendre comme « devenant strictement supérieur à 14 hectares ».
Si on interprète comme « devenant supérieur ou égal à 14 hectares », alors la quatrième ligne de l'algorithme devient :
while u < 14 :Les deux versions renvoient le même résultat, de toutes façons, car aucun terme de la suite n'est égal à 14.L'appel
seuil()renvoie ici 18, car \(u_{17} \approx 13{,}8\) et \(u_{18} \approx 14{,}1\). Il faudra donc 18 ans pour que la posidonie recouvre une surface dépassant les 14 hectares.
Partie B : étude d'un modèle continu
Si on a, pour tout réel positif \(t\), \(g = \dfrac{1}{f(t)}\), alors pour tout réel \(t\) positif, on a :
\(g'(t) = \dfrac{-f'(t)}{f(t)^2}\)
On aura alors : \(\begin{aligned}[t] -0{,}3g(t) + 0{,}02 &= \dfrac{-0{,}3}{f(t)} + 0{,}02 \\ &= \dfrac{-0{,}3 + 0{,}02f(t)}{f(t)}\\ \end{aligned}\)
Et, par ailleurs : \(\begin{aligned}[t] g'(t) &= \dfrac{-f'(t)}{f(t)^2} \\ &= \dfrac{-\big[0{,}02f(t)(15 - f(t))\big]}{f(t)^2}\quad \text{ car \(f\) est solution de }(E_1)\\ &= \dfrac{-\big[0{,}02(15 - f(t))\big]}{f(t)}\quad \text{en simplifiant par } f(t) \\ &\qquad\qquad \text{on rappelle que \(f\) ne s'annule pas sur \([0 ; +∞[\)}\\ &= \dfrac{- 0{,}3 + 0{,}02f(t)}{f(t)}\quad \text{en développant}\\ &=- 0{,}3g(t) + 0{,}02 \end{aligned}\)
On constate bien que \(g\) est une solution de l'équation différentielle \((E_2)\).
Les solutions de l'équation \((E_2)\) sont, d'après une propriété du cours, les fonctions de la forme :
\(t \longmapsto C \mathrm{e}^{-0{,}3t} + \dfrac{-0{,}02}{-0{,}3}\), où \(C \in \mathbb{R}\).
C'est-à-dire, les fonctions de la forme \(t \longmapsto C \mathrm{e}^{-0{,}3t} + \dfrac{1}{15}\), où \(C \in \mathbb{R}\).
À retenir :Pour une équation différentielle \(y'=ay+b\) avec \(a\neq 0\), les solutions sur \(\mathbb{R}\) sont les fonctions \(t\longmapsto C\mathrm{e}^{at}-\dfrac{b}{a}\), où \(C\in\mathbb{R}\). Ici \(a=-0{,}3\) et \(b=0{,}02\), donc \(-\dfrac{b}{a}=\dfrac{1}{15}\).
Comme on sait que \(f(0) = 1\), on en déduit \(g(0) = \dfrac{1}{f(0)} = 1\).
Donc \(\begin{aligned}[t] g(0) = 1 &\iff C \mathrm{e}^{-0{,}3\times 0} + \dfrac{1}{15} = 1\\ &\iff C + \dfrac{1}{15} = 1\\ &\iff C = 1 - \dfrac{1}{15}\\ &\iff C = \dfrac{14}{15}\\ \end{aligned}\)
La seule fonction solution de \((E_2)\) vérifiant \(g(0) = 1\) est donc
\(g : t \longmapsto \dfrac{14}{15} \mathrm{e}^{-0{,}3t} + \dfrac{1}{15}\).
On en déduit donc que, pour tout \(t\) réel positif, on a : \(\begin{aligned}[t] f(t) &=\dfrac{1}{g(t)}\\ &= \dfrac{1}{\dfrac{14}{15} \mathrm{e}^{-0{,}3t} + \dfrac{1}{15}}\\ &= \dfrac{15}{14 \mathrm{e}^{-0{,}3t} + 1}\\ \end{aligned}\)
On arrive bien à l'expression annoncée.
On a : \(\lim\limits_{t \to +\infty} -0{,}3t = -\infty\), donc par composition, \(\lim\limits_{t \to +\infty} \mathrm{e}^{-0{,}3t} = \lim\limits_{y\to -\infty} \mathrm{e}^{y} = 0\)
Par limite du produit et de la somme, on a alors : \(\lim\limits_{t \to +\infty} 14\mathrm{e}^{-0{,}3t} + 1 =1\).
Finalement, par limite du quotient : \(\lim\limits_{t \to +\infty} f(t) = \lim\limits_{t \to +\infty} \dfrac{15}{14\mathrm{e}^{-0{,}3t} + 1} =15\).
La fonction \(f\) tend vers 15 quand \(t\) tend vers \(+\infty\). Le modèle continu rejoint la conclusion du modèle discret : la posidonie tendra à occuper une surface de 15 hectares.
Soit \(t\) un réel positif. Résolvons :
\(\begin{aligned} f(t) > 14 &\iff \dfrac{15}{14\mathrm{e}^{-0{,}3t} + 1} > 14\\ &\iff 15 > 14(14\mathrm{e}^{-0{,}3t} + 1) \quad \text{car } 14\mathrm{e}^{-0{,}3t} + 1 > 0\\ &\iff 15 > 196 \mathrm{e}^{-0{,}3t} + 14\\ &\iff 1 > 196 \mathrm{e}^{-0{,}3t}\\ &\iff \dfrac{1}{196} > \mathrm{e}^{-0{,}3t} \quad \text{car } 196 >0\\ &\iff \ln\left(\dfrac{1}{196}\right) > -0{,}3t \quad \text{car ln est strictement croissante sur } \mathbb{R}^+\\ &\iff -\ln\left(196\right) > -0{,}3t \quad \text{par proriété de la fonction ln}\\ &\iff \dfrac{\ln(196)}{0,3} < t \quad \text{ car } -0{,}3 < 0\\ \end{aligned}\)
L'ensemble des solutions de l'inéquation est donc l'intervalle \(\left]\dfrac{\ln(196)}{0,3}~;~+\infty\right[\).
Comme \(\dfrac{\ln(196)}{0,3}\approx 17{,}6\), cela signifie qu'il faudra environ 17,6 années (soit 17 ans et un peu plus de 7 mois) pour que la posidonie occupe un espace strictement supérieur à 14 hectares. Là encore, le modèle continu a des conclusions cohérentes avec celles du modèle discret.
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