Annales Bac · Spécialité mathématiques › 2025
2025Bac spé maths · Nouvelle-Calédonie · Jour 1
Épreuve écrite de spécialité mathématiques, série générale · 20 novembre 2025
Exercice 1 (5 pts)
On dispose d’un sac et de deux urnes A et B.
Le sac contient 4 boules : 1 boule avec la lettre A et 3 boules avec la lettre B.
L’urne A contient 5 billets : 3 billets de \(50\) euros et 2 billets de \(10\) euros.
L’urne B contient 4 billets : 1 billet de \(50\) euros et 3 billets de \(10\) euros.
Un joueur prend au hasard une boule dans le sac :
si c’est une boule avec la lettre A, il prend au hasard un billet dans l’urne A.
si c’est une boule avec la lettre B, il prend au hasard un billet dans l’urne B.
On note les évènements suivants :
\(A\) : le joueur obtient une boule avec la lettre A.
\(C\) : le joueur obtient un billet de 50 euros.
Recopier et compléter l'arbre ci-contre représentant la situation.
Quelle est la probabilité de l'évènement « le joueur obtient une boule avec la lettre A et un billet de \(50\) € ?
Démontrer que la probabilité \(P(C)\) est égale à 0,3375.

Le joueur a obtenu un billet de 10 euros.
L'affirmation « Il y a plus de \(80\,\%\) de chances qu'il ait au préalable obtenu une boule avec la lettre B » est-elle vraie ? Justifier.
On note \(X_1\) la variable aléatoire qui donne la somme, en euros, obtenue par le joueur.
Exemple : si le joueur obtient un billet de \(50\) €, on a \(X_1 = 50\).
Montrer que l'espérance \(E(X_1)\) est égale à \(23{,}50\) et que la variance \(V(X_1)\) est égale à \(357{,}75\).
Après avoir remis la boule dans le sac et le billet dans l'urne où il a été pris, le joueur joue une deuxième partie. On note \(X_2\) la variable aléatoire qui donne la somme obtenue par le joueur lors de cette deuxième partie.
On note \(Y\) la variable aléatoire ainsi définie : \(Y = X_1 + X_2\).
Montrer que \(E(Y) = 47\).
Expliquer pourquoi on a \(V(Y) = V(X_1) + V(X_2)\)
Le joueur joue de même une troisième, une quatrième,…, une centième partie.
On définit donc de la même façon les variables aléatoires \(X_3, \:X_4,\:\ldots, X_{100}\).
On note \(Z\) la variable aléatoire définie par \(Z = X_1 + X_2 + \ldots + X_{100}\).
Démontrer que la probabilité que \(Z\) appartienne à l'intervalle \(]1950~;~2750[\) est supérieure ou égale à \(0{,}75\).
Voir le corrigé de l'exercice 1
On complète l'arbre représentant la situation.

L'évènement « Le joueur obtient une boule avec la lettre A et un billet de 50 euros » est \(\left\{A \cap C\right\}\).
\[P\left(A \cap C\right) = P(A) \times P_{A}(C) = 0{,}25 \times 0{,}6 = \boxed{0,15}\]Les évènements \(A\) et \(\overline{A}\) forment une partition de l'univers, donc, d'après la formule des probabilités totales, on a :
\[\begin{aligned} P(C)&= P\left(A \cap C\right) + P\left(\overline{A} \cap C\right) = P(A) \times P_{A}(C) + P\left(\overline{A}\right) \times P_{\overline{A}}(C)\\ &= 0{,}15 + 0{,}75 \times 0{,}25 = 0{,}15 + 0{,}1875\\ &= \boxed{0{,}3375} \end{aligned}\]On doit calculer la probabilité \(P_{\overline{C}}\left(\overline{A}\right)\) :
\[P_{\overline{C}}\left(\overline{A}\right) = \dfrac{P\left(\overline{A}\cap \overline{C}\right)}{P\left(\overline{C}\right)} = \dfrac{P\left(\overline{A}\right) \times P_{\overline{A}}\left(\overline{C}\right)}{1 - P(C)} = \dfrac{0,75 \times 0{,}75}{1 - 0{,}3375} = \dfrac{0{,}5625}{0{,}6625} = \dfrac{45}{53} \approx 0{,}85.\]La probabilité que le joueur ait pris une boule avec la lettre B sachant qu'il a obtenu un billet de 10 euros est environ 85 %. L'affirmation est donc vraie.
Attention, piège :On demande une probabilité conditionnelle : \(P_{\overline{C}}(\overline{A})\). Ne pas confondre avec la probabilité de l’intersection \(P(\overline{A} \cap \overline{C}) = 0{,}5625\), qui ne permet pas de conclure directement. Il faut diviser par \(P(\overline{C})\) pour répondre à la question posée.
La loi de probabilité de \(X_{1}\) est donnée par le tableau suivant :
k_i 10 50 P(X_1 = k_i) 0,6625 0,3375 L'espérance de \(X_{1}\) est donc :
\[E\left(X_{1}\right) = 10 \times 0{,}6625 + 50 \times 0{,}3375 = 6{,}625 + 16{,}875 = \boxed{23,5}.\]La variance de \(X_{1}\) est donc :
\[\begin{aligned} V\left(X_{1}\right) & = E\left(X_{1}^{2}\right) - \left[E\left(X_{1}\right)\right]^{2} = \left (100 \times 0{,}6625 + 2500\times 0{,}3375 \right )- 23{,}5^{2}\\ & = 66{,}25 + 843{,}75 - 552{,}25 = \boxed{357,75}. \end{aligned}\]On sait que l'espérance d'une somme de variables aléatoires est égale à la somme des espérances; or \(X_{1}\) et \(X_{2}\) suivent la même loi, donc :
\[E(Y) = 2 \times E\left(X_{1}\right) = 2 \times 23{,}5 = \boxed{47}.\]Puisque la boule et le billet ont été remis, les deux tirages sont indépendants, donc les variables aléatoires \(X_{1}\) et \(X_{2}\) sont indépendantes. Or on sait que la variance de la somme de deux variables aléatoires indépendantes est égale à la somme de leurs variances (propriété de l'additivité). On a donc :
\[\boxed{V(Y) = V\left(X_{1}\right) + V\left(X_{2}\right)} \text{~~et donc~~} \boxed{V(Y)=2\times 357{,}75 = 715{,}5}\]
Le joueur joue de même une troisième, une quatrième,…, une centième partie.
On définit donc de la même façon les variables aléatoires \(X_3\), \(X_4\),…, \(X_{100}\).
On note \(Z\) la variable aléatoire définie par \(Z = X_1 + X_2 + \ldots + X_{100}\).
\(E\left (Z\right ) = E\left (\displaystyle\sum_{k=1}^{100} X_k \right ) = \displaystyle\sum_{k=1}^{100} \left (E\left (X_k\right )\right ) = 100\times 23{,}5 = 2350\)
\(V\left (Z\right ) = V\left (\displaystyle\sum_{k=1}^{100} X_k \right ) = \displaystyle\sum_{k=1}^{100} \left (V\left (X_k\right )\right ) = 100\times 357{,}75 = 35\,775\)
Pour tout réel \(t\) strictement positif, on a: \(P\left ( \left | Z-E(Z) \right | \geqslant t\right ) \leqslant \dfrac{V(Z)}{t^2}\).
C'est l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev.On en déduit que: \(P\left ( \left | Z-E(Z) \right | < t\right ) \geqslant 1- \dfrac{V(Z)}{t^2}\). Donc: \(P\left ( \left | Z- 2350 \right | < t\right ) \geqslant 1- \dfrac{35\,775}{t^2}\)
\(\left | Z- 2350 \right | < t \iff 2350-t < Z < 2350+ t\)
Or on cherche \(P\left ( Z \in\, \left ] 1950\;;\; 2750 \right [\right )\) donc on prendra \(t=400\).
On aura donc: \(P\left ( Z \in\, \left ] 1950\;;\; 2750 \right [\right ) \geqslant 1- \dfrac{35\,775}{400^2}\).
\(1- \dfrac{35\,775}{400^2} \approx 0{,}776 \geqslant 0{,}75\). Donc la probabilité que \(Z\) appartienne à l'intervalle \(]1950~;~2750[\) est supérieure ou égale à \(0{,}75\).
Exercice 2 (4 pts)
Dans l'espace rapporté à un repère orthonormé \(\left(\text{O}~;~\overrightarrow{\imath},~\overrightarrow{\jmath},~\overrightarrow{k}\right)\), on considère les points :
A\((4~;~-4~;~4)\), B\((5~;~-3~;~2)\), C\((6~;~- 2;~;~3)\), D(5 ; 1 ; 1)
Démontrer que le triangle ABC est rectangle en \(B\).
Justifier qu’une équation cartésienne du plan (ABC) est :
\[x - y - 8 = 0.\]On note \(d\) la droite passant par le point \(D\) et orthogonale au plan (ABC).
Déterminer une représentation paramétrique de la droite \(d\).
On note H le projeté orthogonal du point \(D\) sur le plan \((ABC)\).
Déterminer les coordonnées du point H.
Montrer que DH \(= 2\sqrt 2\).
Montrer que le volume de la pyramide ABCD est égal à \(2\).
On rappelle que le volume V d'une pyramide se calcule à l'aide de la formule :
\[V = \dfrac13 \times \mathcal{B} \times h\]où \(\mathcal{B}\) est l'aire d'une base de la pyramide et \(h\) la hauteur correspondante.
On admet que l'aire du triangle BCD est égale à \(\dfrac{\sqrt{42}}{2}\).
En déduire la valeur exacte de la distance du point A au plan (BCD).
Voir le corrigé de l'exercice 2
Dans l'espace rapporté à un repère orthonormé \(\left(\mathrm{O}~;~\overrightarrow{\imath},~\overrightarrow{\jmath},~\overrightarrow{k}\right)\), on considère les points :
A\((4~;~-4~;~4)\), B\((5~;~-3~;~2)\), C\((6~;~- 2;~;~3)\), D(5 ; 1 ; 1)
On a : \(\overrightarrow{AB} = \begin{pmatrix}5-1\\-3-(-4)\\2-4\end{pmatrix} = \begin{pmatrix}1\\1\\-2\end{pmatrix}\) et \(\overrightarrow{CB} = \begin{pmatrix}5-6\\-3-(-2)\\2-3\end{pmatrix} = \begin{pmatrix}-1\\-1\\-1\end{pmatrix}\).
Donc : \(\overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{CB} = 1 \times (-1) + 1 \times (-1) - 2 \times (-1) = -1 -1 + 2 = 0.\)
Puisque leur produit scalaire est nul, les vecteurs \(\overrightarrow{AB}\) et \(\overrightarrow{CB}\) sont orthogonaux, donc le triangle ABC est rectangle en B.
D'après la question précédente, les points A, B et C étant non alignés, ils définissent bien un plan. Leurs coordonnées vérifient donc toute équation cartésienne du plan ainsi défini.
Or on a : \(4-(-4)-8 = 4 + 4 - 8 = 0,\) donc les coordonnées de A vérifient l'équation \(x - y - 8 = 0\).
De même \(5 - (-3) - 8 = 5 + 3 - 8 = 0 \qquad \text{et} \qquad 6 - (-2) - 8 = 6 + 2 - 8 = 0,\) donc les coordonnées de B et C vérifient également l'équation \(x - y - 8 = 0\).
Donc \(x - y - 8 = 0\) est bien une équation cartésienne du plan (ABC).
On sait que si \(\overrightarrow{\mathrm{n}} = \begin{pmatrix}a\\b\\c\end{pmatrix}\) est un vecteur normal à un plan, alors ce plan a une équation cartésienne de la forme \(ax + by + cz + d = 0\). Or on a vu à la question précédente que \(x - y - 8 = 0\) est une équation cartésienne du plan (ABC), donc \(\overrightarrow{\mathrm{n}} = \begin{pmatrix}1\\-1\\0\end{pmatrix}\) est un vecteur normal au plan (ABC).
Puisque \(d\) est orthogonale au plan (ABC), le vecteur \(\overrightarrow{\mathrm{n}} = \begin{pmatrix}1\\-1\\0\end{pmatrix}\) est un vecteur directeur de \(d\). De plus, la droite \(d\) passe par le point \(\mathrm{D}\,(5~;~1~;~1)\).
\[\boxed{\left\{ \begin{array}{rcl} x &=& 5 + t\\ y &=& 1 - t\\ z &=& 1 \end{array}\right. \qquad t \in \mathbb{R}.}\]
Donc une représentation paramétrique de \(d\) est :Puisque la droite \(d\) est orthogonale au plan (ABC) et passe par D, le projeté orthogonal H de D sur (ABC) est le point d'intersection de la droite \(D\) et du plan (ABC). Les coordonnées \((x~;~y~;~z)\) du point H vérifient donc à la fois la représentation paramétrique de \(d\) et l'équation cartésienne de (ABC). Elles sont donc solution du système :
\[\begin{array}{l} \left\{ \begin{array}{rcl} x &=& 5 + t\\ y &=& 1 - t\\ z &=& 1\\ x - y - 8 &=& 0 \end{array}\right.\\ \\ \Longrightarrow 5 + t - (1 - t) - 8 = 0 \iff 2t - 4 = 0 \iff 2t = 4 \iff t = 2\\ \\ \left\{ \begin{array}{rcl} x &=& 5 + 2 = 7\\ y &=& 1 - 2 = -1\\ z &=& 1 \end{array}\right.\end{array}\]Les coordonnées du projeté orthogonal H de D sur (ABC) sont donc :
\[\boxed{\mathrm{H}\,(7~;~-1~;~1)}\]\(\mathrm{DH} = \sqrt{(7-5)^2 + (-1-1)^2 + (1 - 1)^2} = \sqrt{2^2 + (-2)^2 + 0^2} = \sqrt{4+4} = \sqrt{8} = \boxed{2\sqrt{2}}\)
La pyramide ABCD admet pour base le triangle ABC et pour hauteur le segment [DH]. On a donc \(V = \dfrac{1}{3} \times \text{aire}\,(\mathrm{ABC}) \times \mathrm{DH}\).
Puisque ABC est rectangle en B, on a :
\[\begin{aligned} \text{aire}\,(\text{ABC}) &= \dfrac{\mathrm{AB}\times\mathrm{CB}}{2} = \dfrac{\|\overrightarrow{AB}\| \times \|\overrightarrow{CB}\|}{2}\\ &= \dfrac{\sqrt{1^2 + 1^2 + (-2)^2} \times \sqrt{(-1)^2 + (-1)^2 + (-1)^2}}{2}\\ &= \dfrac{\sqrt{1+1+4}\times\sqrt{1+1+1}}{2} = \dfrac{\sqrt{6}\times\sqrt{3}}{2} = \dfrac{\sqrt{18}}{2}\\ &= \dfrac{3\sqrt{2}}{2}. \end{aligned}\]On a donc :
\[V = \dfrac{1}{\cancel{3}} \times \dfrac{\cancel{3}\sqrt{2}}{\cancel{2}} \times \cancel{2}\sqrt{2} = \boxed{2}\]Le volume de la pyramide ABCD est \(2\).
La distance du point A au plan (BCD) est la longueur de la hauteur issue de A de la pyramide ABCD. Soit \(x\) cette distance. On a alors \(V = \dfrac{1}{3} \times \text{aire\,(BCD)} \times x\). Donc :
\[\dfrac{1}{3} \times \dfrac{\sqrt{42}}{2} \times x = 2 \iff x\sqrt{42} = 2 \times 3 \times 2 \iff x = \dfrac{12}{\sqrt{42}} = \dfrac{2\times6}{\sqrt{6} \times \sqrt{7}} = \dfrac{2\sqrt{6}}{\sqrt{7}} = \boxed{\dfrac{2\sqrt{42}}{7}}\]La distance du point A au plan (BCD) est \(\dfrac{2\sqrt{42}}{7}\).
Exercice 3 (6 pts)
On considère \(n\) un entier naturel non nul.
On considère la fonction \(f_n\) définie sur l’intervalle \([0~;~1]\) par :
\[f_n(x) = x^n \mathrm{e}^{1 - x}.\]On admet que la fonction \(f_n\) est dérivable sur \([0~;~1]\) et on note \(f'_n\) sa fonction dérivée.
Partie A
Dans cette partie on étudie le cas où \(n = 1\).
On étudie donc la fonction \(f_1\) définie sur \([0~;~1]\) par :
\[f_1(x) = x\mathrm{e}^{1 - x}.\]Montrer que \(f'_1(x)\) est strictement positive pour tout réel \(x\) de \([0~;~1[\).
En déduire le tableau de variations de la fonction \(f_1\) sur l'intervalle \([0~;~1]\)
En déduire que l'équation \(f_1(x)= 0{,}1\) admet une unique solution dans l'intervalle \([0~;~1]\)
Partie B
On considère la suite \((u_n)\) définie pour tout entier naturel \(n\) non nul par
\(u_n = \displaystyle\int_0^1 f_n(x) \:\text{d}x\) c'est-à-dire \(u_n = \displaystyle\int_0^1 x^n \mathrm{e}^{1-x} \: \text{d}x\).
On admet que \(u_1 = \mathrm{e} - 2\).
Justifier que pour tout \(x \in [0~;~1]\) et pour tout entier naturel \(n\) non nul,
\[0 \leqslant x^{n+1} \leqslant x^n\].
En déduire que pour tout entier naturel \(n\) non nul,
\[0 \leqslant u_{n+1} \leqslant u_n.\]Montrer que la suite \((u_n)\) est convergente.
À l’aide d’une intégration par parties, démontrer que pour tout entier naturel \(n\) non nul on a :
\[u_{n+1} = (n + 1)u_n - 1.\]On considère le script Python ci-dessous définissant la fonction
suite():from math import exp def suite(): u = … for n in range (1, …): u = … returnRecopier et compléter le script Python ci-dessus pour que la fonction
suite()renvoie la valeur de \(\displaystyle\int_0^1 x^8 \mathrm{e}^{1-x} \, \text{d}x\).
Démontrer que pour tout entier naturel \(n\) non nul on a :
\[u_{n} \leqslant \frac{\mathrm{e}}{n+1}.\]En déduire la limite de la suite \((u_n)\).
Voir le corrigé de l'exercice 3
On considère \(n\) un entier naturel non nul.
On considère la fonction \(f_n\) définie sur l'intervalle \([0~;~1]\) par : \(f_n(x) = x^n \mathrm{e}^{1 - x}.\)
Partie A
\(f_1(x)=x \mathrm{e}^{1-x}\) donc \(f'_{1}(x) = 1 \times \mathrm{e}^{1 - x} + x \times \left(-\mathrm{e}^{1-x}\right) = \boxed{(1-x)\mathrm{e}^{1-x}}\)
On sait que pour tout \(x \in \mathbb{R}\) on a \(\mathrm{e}^{1-x} > 0\), donc \(f'_{1}(x)\) est du signe de \(1 - x\). Or, \(1 - x \geqslant 0 \iff x \leqslant 1\). Donc, pour tout \(x \in {\left[0~;~1\right[}\), \(f'_{1}(x)\) est strictement positif.
\[f_{1}(0) = 0 \times \mathrm{e}^{1-0} = 0\] \[f_{1}(1) = 1 \times \mathrm{e}^{1-1} = \mathrm{e}^{0} = 1\]La fonction \(f_{1}\) est continue (puisque dérivable) et strictement croissante sur \(\left[0~;~1\right]\), avec
\(f_{1}(0) = 0 < 0{,}1\) et \(f_{1}(1) = 1 > 0{,}1\), donc, d'après le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires, l'équation \(f_{1}(x) = 0{,}1\) admet une solution unique dans \(\left[0~;~1\right]\).
Partie B
On considère la suite \((u_n)\) définie pour tout entier naturel \(n\) non nul par
\(u_n = \displaystyle\int_0^1 f_n(x) \:\text{d}x\) c'est-à-dire \(u_n = \displaystyle\int_0^1 x^n \mathrm{e}^{1-x} \: \text{d}x\).
On admet que \(u_1 = \mathrm{e} - 2\).
Pour \(x \in \, [0~;~1]\), on a: \(0\leqslant x \leqslant 1\).
\(x\geqslant 0\) donc \(x^n\geqslant 0\); on multiplie l'inégalité précédente par \(x^n\):
\(0\times x^n \leqslant x \times x^n \leqslant 1 \times x^n \iff 0 \leqslant x^{n+1} \leqslant x^n\)
On a donc démontré que pour tout entier naturel \(n\), on a:
\[\boxed{0 \leqslant x^{n+1} \leqslant x^n}\]On sait que pour tout \(x \in \mathbb{R}\), \(\mathrm{e}^{1-x} > 0\), donc, d'après la question précédente :
\[0 \leqslant x^{n+1} \leqslant x^{n} \iff 0 \leqslant x^{n+1}\mathrm{e}^{1-x} \leqslant x^{n}\mathrm{e}^{1-x}.\]Donc, d'après la positivité de l'intégration :
\[0 \leqslant x^{n+1}\mathrm{e}^{1-x} \leqslant x^{n}\mathrm{e}^{1-x} \implies 0 \leqslant \int_{0}^{1}x^{n+1}\mathrm{e}^{1-x}\,\text{d}x \leqslant \int_{0}^{1}x^{n}\mathrm{e}^{1-x}\,\text{d}x \iff \boxed{0 \leqslant u_{n+1} \leqslant u_{n}}\]D'après la question précédente, puisque \(u_{n+1} \leqslant u_{n}\) la suite \(\left(u_{n}\right)\) est décroissante.
De plus, puisque \(0 \leqslant u_{n}\), elle est minorée par \(0\).
Donc, d'après le théorème de convergence monotone, la suite \(\left(u_{n}\right)\) est convergente vers une limite positive ou nulle.
On sait que pour \(u\) et \(v\) dérivables on a : \(\displaystyle\int_{a}^{b}u'(x)v(x)\,\text{d}x = \left[u(x)v(x)\right]_{a}^{b} - \displaystyle\int_{a}^{b}u(x)v'(x)\,\text{d}x\).
Posons \(u'(x) = \mathrm{e}^{1-x}\) et \(v(x) = x^{n+1}\). Alors \(u(x) = -\mathrm{e}^{1-x}\) et \(v'(x) = (n+1)x^{n}\).
On a donc :
\[\begin{aligned} \int_{0}^{1}x^{n+1}\mathrm{e}^{1-x}\,\text{d}x &= \left[-x^{n+1}\mathrm{e}^{1-x}\right]_{0}^{1} - \int_{0}^{1}(n+1)x^{n}\left(-\mathrm{e}^{1-x}\right)\,\text{d}x\\ &= -1^{n+1}\mathrm{e}^{1-1} - \left(-0^{n+1}\mathrm{e}^{1-0}\right) - (n+1)\int_{0}^{1}-x^{n}\mathrm{e}^{1-x}\,\text{d}x\\ &= -1 + (n+1)\int_{0}^{1}x^{n}\mathrm{e}^{1-x}\,\text{d}x \end{aligned}\]On a donc bien :
\[\boxed{u_{n+1} = (n+1)u_{n} - 1}.\]On complète le script Python en bleu ci-dessus pour que la fonction
suite()renvoie la valeur de \(\displaystyle\int_0^1 x^8 \mathrm{e}^{1-x} \, \text{d}x\).from math import exp
def suite() : u = exp(1)-2 for n in range (1,8): u = (n+1) * u - 1 return u Attention, piège :En Python,
range(1,8)itère pour \(n=1,2,\dots,7\). Comme \(u\) est initialisé à \(u_1\), il faut appliquer la relation \(u_{n+1}=(n+1)u_n-1\) jusqu'à \(n=7\) pour obtenir \(u_8\) ;range(1,9)donnerait \(u_9\).
On se place dans l'intervalle d'intégration : soit \(x \in [0~;~1]\), donc
\(\begin{aligned}[t] 0 \leqslant x \leqslant 1 &\implies 1-x \leqslant 1 \implies \mathrm{e}^{1-x} \leqslant \mathrm{e} \text{~~~~(croissance de la fonction exponentielle)}\\ &\implies x^n \mathrm{e}^{1-x} \leqslant x^n\times \mathrm{e} ~~~~(x^n\geqslant 0)\\ &\implies \displaystyle\int_{0}^{1} x^n \mathrm{e}^{1-x} \,\text{d}x \leqslant \displaystyle\int_{0}^{1} x^n\times \mathrm{e} \,\text{d}x \text{~~~~(craoissance de l'intégration)}\\ &\implies \displaystyle\int_{0}^{1} x^n \mathrm{e}^{1-x} \,\text{d}x \leqslant \mathrm{e} \displaystyle\int_{0}^{1} x^n \,\text{d}x \implies u_n \leqslant \mathrm{e} \left [ \dfrac{x^{n+1}}{n+1} \right ]_{0}^{1}\\ & \implies u_n \leqslant \dfrac{\mathrm{e}}{n+1} \\ \end{aligned}\)
On sait que pour tout \(n\), on a: \(0\leqslant u_n\); donc \(0\leqslant u_n \leqslant \dfrac{\mathrm{e}}{n+1}\).
Or \(\displaystyle\lim_{n \to + \infty} \dfrac{\mathrm{e}}{n+1} = 0\), donc d'après le théorème des gendarmes, on peut dire que
\[\boxed{\displaystyle\lim_{n \to + \infty} u_n = 0}\]
Exercice 4 (5 pts)
Pour chacune des cinq affirmations suivantes, indiquer si elle est vraie ou fausse, en justifiant la réponse.
Une réponse non justifiée n’est pas prise en compte.
Une absence de réponse n’est pas pénalisée.
On considère la fonction \(f\) définie sur l’intervalle \(]0~;~ +\infty[\) par :
\[f(x) = \ln (x) - x^2.\]Affirmation 1 : \(\displaystyle \lim_{x \to +\infty} f(x) = -\infty\).
On considère l’équation différentielle
\[(E) : \quad - 2y' + 3y = \sin x + 8\cos x.\]On considère la fonction \(f\) définie sur \(\mathbb{R}\) par :
\[f(x) = 2\cos x - \sin x.\]Affirmation 2 : La fonction \(f\) est solution de l’équation différentielle \((E)\).
On considère la fonction \(g\) définie sur l’intervalle \(]0~;~+\infty[\) par :
\[g(x) = \ln (3x + 1) + 8.\]On considère la suite \((u_n)\) définie par \(u_0 = 25\) et pour tout entier naturel \(n\) :
\[u_{n+1} = g(u_n).\]On admet que la suite \((u_n)\) est strictement positive.
Affirmation 3 : La suite \((u_n)\) est décroissante.
On considère une fonction affine \(h\) définie sur \(\mathbb{R}\).
On note \(k\) la fonction définie sur \(\mathbb{R}\) par \(k(x) = x^4 + x^2 + h(x)\).
Affirmation 4 : La fonction \(k\) est convexe sur \(\mathbb{R}\).
Une anagramme d'un mot est le résultat d'une permutation des lettres de ce mot.
Exemple : le mot BAC est possède 6 anagrammes : BAC, BCA, ABC, ACB, CAB, CBA.
Affirmation 5 : Le mot EULER possède 120 anagrammes.
Voir le corrigé de l'exercice 4
Puisque \(x > 0\), on peut écrire \(f(x) = x^2\left(\dfrac{\ln (x)}{x^2} - 1\right)\).
On sait (croissances comparées) que \(\displaystyle\lim_{x \to - \infty} \dfrac{\ln (x)}{x^2} = 0\), donc que \(\displaystyle\lim_{x \to - \infty} \dfrac{\ln (x)}{x^2} - 1 = - 1\).
Comme \(\displaystyle\lim_{x \to - \infty}x^2 = + \infty\), on obtient finalement par produit de limites
\(\displaystyle\lim_{x \to - \infty} x^2 \left(\dfrac{\ln (x)}{x^2} - 1\right) = - \infty\).
L'affirmation 1 est vraie.
\(f(x)=2\,\cos\left (x\right )- \sin\left (x\right )\), donc: \(f'(x)= -2\,\sin\left (x\right ) - \cos\left (x\right )\). Donc:
\(\begin{aligned}[t] - 2f'(x) + 3f(x) & = -2\left ( -2\,\sin\left (x\right ) - \cos\left (x\right )\right ) +3 \left (2\,\cos\left (x\right )- \sin\left (x\right ) \right )\\ & = 4\,\sin\left (x\right ) +2\,\cos\left (x\right ) +6\,\cos\left (x\right ) -3\,\sin\left (x\right )\\ & = \sin\left (x\right ) +8\,\cos\left (x\right ) \end{aligned}\)
Donc la fonction \(f\) est solution de l'équation différentielle \(-2y' +3y = \sin\left (x\right ) +8\,\cos\left (x\right )\).
L'affirmation 2 est vraie.
On a \(u_0 = 25\) et donc \(u_1 = \ln (3 \times 25 + 1) + 8 \approx 12{,}3 < 25\).
On peut donc supposer que la suite est décroissante ce que l'on démontre par récurrence : soit \((P_n) : u_{n+1} < u_n\)
Initialisation : on a vu que \(u_1 < u_0\) donc \(P_0\) est vraie.
Hérédité : soit \(n \in \mathbb{N}\) et supposons que \(u_{n+1} < u_n\) : on a succésivement :
\[\begin{aligned} u_{n+1} < u_n &\iff & 3u_{n+1} < 3u_n\\ &\iff &3u_{n+1} + 1 < 3u_n + 1\\ &\iff &\ln \left(3u_{n+1} + 1\right) < \ln \left(3u_n + 1\right)\:\text{par croissance de la fonction ln}\\ &\iff &\ln \left(3u_{n+1} + 1\right) + 8 < \ln \left(3u_n + 1\right) + 8\\ &\iff &u_{n+2} < u_{n+1} \end{aligned}\]La relation est vraie au rang \(n+1\).
Conclusion : La relation est vraie au rang 0 et si elle est vraie au rang \(n \in \mathbb{N}\), elle l'est aussi au rang \(n + 1\) : d'après le principe de récurrence quel que soit \(n \in \mathbb{N}, \\\: u_{n+1} < u_n\) : ceci montre que la suite \((u_n)\) est décroissante.
L'affirmation 3 est vraie.
Une application affine est de la forme \(h(x) = ax + b\), avec \(a \in \mathbb{R}\) et \(b \in \mathbb{R}\).
Donc \(k(x) = x^4 + x^2 + ax + b\) ; \(k\) est une fonction polynôme dérivable sur \(\mathbb{R}\) et sur cet intervalle on a successivement :
\(k'(x) = 4x^3 + 2x + a\), puis
\(k''(x) = 12x^2 + 2\), comme un carré est supérieur ou égal à zéro, il en résulte que \(k''(x) \geqslant 2 > 0\).
Sur \(\mathbb{R}\), la dérivée seconde est supérieure à zéro : la fonction \(k\) est convexe sur \(\mathbb{R}\).
L'affirmation 4 est vraie.
Avec 5 lettres différentes le nombre d'anagrammes est égal à \(5! = 120\).
Comme EULER possède deux lettres identiques le nombre d'anagrammes est égal à
\(\dfrac{5!}{2!} = \dfrac{120}{2} = 60\).
L'affirmation 5 est fausse.
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