Annales Bac · Spécialité mathématiques › 2025
2025Bac spé maths · Centres étrangers · Jour 2
Épreuve écrite de spécialité mathématiques, série générale · 13 juin 2025
Exercice 1 (6 pts)
On se propose de comparer l'évolution d'une population animale dans deux milieux distincts A et B.
Au 1er janvier 2025, on introduit 6000 individus dans chacun des milieux A et B.
Partie A
Dans cette partie, on étudie l'évolution de la population dans le milieu A.
On suppose que dans ce milieu, l'évolution de la population est modélisée par une suite géométrique \((u_n)\) de premier terme \(u_0 = 6\) et de raison \(0{,}93\).
Pour tout entier naturel \(n,\: u_n\) représente la population au 1er janvier de l'année \(2025+n\), exprimée en millier d'individus.
Donner, selon ce modèle, la population au 1er janvier 2026.
Pour tout entier naturel \(n\), exprimer \(u_n\) en fonction de \(n\).
Déterminer la limite de la suite \((u_n)\).
Interpréter ce résultat dans le contexte de l'exercice.
Partie B
Dans cette partie, on étudie l'évolution de la population dans le milieu B.
On suppose que dans ce milieu, l'évolution de la population est modélisée par la suite \((v_n)\) définie par
\(v_0 = 6\) et pour tout entier naturel \(n,\: v_{n+1} = -0{,}05v_n^2 +1{,}1v_n\).
Pour tout entier naturel \(n, v_n\) représente la population au 1er janvier de l'année \(2025 + n\), exprimée en millier d'individus.
Donner, selon ce modèle, la population au 1er janvier 2026.
Soit \(f\) la fonction définie sur l'intervalle \([0~;~+\infty[\) par
\[f(x) = -0{,}05x^2 + 1{,}1x.\]Démontrer que la fonction \(f\) est croissante sur l'intervalle [0 ; 11].
Démontrer par récurrence que pour tout entier naturel \(n\), on a
\[2 \leqslant v_{n+1} \leqslant v_n \leqslant 6.\]En déduire que la suite \((v_n)\) est convergente vers une limite \(\ell\).
Justifier que la limite \(\ell\) vérifie \(f(\ell) = \ell\) puis en déduire la valeur de \(\ell\).
Interpréter ce résultat dans le contexte de l'exercice.
Partie C
Cette partie a pour but de comparer l'évolution de la population dans les deux milieux.
En résolvant une inéquation, déterminer l'année à partir de laquelle la population du milieu A sera strictement inférieure à 3000 individus.
À l'aide de la calculatrice, déterminer l'année à partir de laquelle la population du milieu B sera strictement inférieure à 3000 individus.
Justifier qu'à partir d'une certaine année, la population du milieu B dépassera la population du milieu A.
On considère le programme Python ci-contre.
Recopier et compléter ce programme afin qu'après exécution, il affiche l'année à partir de laquelle la population du milieu B est strictement supérieure à la population du milieu A.
Déterminer l'année affichée après exécution du programme.
| n=0 |
| u = 6 |
| v = 6 |
| while … : |
| u = … |
| v= … |
| n = n+1 |
| print (2025 + n) |
Voir le corrigé de l'exercice 1
Partie A
\(u_1= u_0\times 0{,}93= 6 \times 0{,}93 = 5{,}58\).
\((u_n)\) est une suite géométrique de premier terme \(u_0 = 6\) et de raison \(q=0{,}93\) donc pour tout entier naturel \(n\), \(u_n = u_0\times q^n=6\times 0{,}93^n\).
La raison \(q\) vérifiant \(q \in ]-1~;~1[\), on sait que \(\displaystyle \lim\limits_{n \to +\infty} 0{,}93^n = 0\) donc \(\displaystyle \lim\limits_{n \to +\infty} u_n = 0\).
Interprétation : ceci signifie qu'au bout d'un grand nombre d'années la population animale dans le milieu A va aller à l'extinction.
Partie B
Pour tout entier naturel \(n\), \(v_{n+1} = -0{,}05v_n^2+1{,}1v_n\).
En particulier \(v_1= - 0{,}05\times 6^2+ 1{,}1\times 6 = - 1{,}8 + 6{,}6 = 4{,}8\).
Il y aura donc 4800 individus au 1er janvier 2026.
Soit \(f\) la fonction définie sur l'intervalle \([0~;~+\infty[\) par\(f(x) = -0{,}05x^2 + 1{,}1x\).
La fonction \(f\) est dérivable donc continue sur \([0~;~+\infty[\).
\(\forall x \in [0~;~+\infty[\), \(f'(x) = -0{,}1x + 1{,}1\).
\(f'(x)\geqslant 0 \iff -0{,}1x + 1{,}1\geqslant 0 \iff x\leqslant \dfrac{1,1}{0,1} \iff x \leqslant 11\).
Donc la fonction \(f\) est croissante sur l'intervalle \([0~;~11]\).
Nous savons que pour tout entier naturel \(n\), \(v_{n+1}=f(v_n)\). Montrons par récurrence que : \(2 \leqslant v_{n+1} \leqslant v_n \leqslant 6\).
Initialisation : \(v_0 = 6\) et \(v_1 = 4{,}8\) donc \(2 \leqslant v_{1} \leqslant v_0 \leqslant 6\). La proposition est vraie au rang \(0\).
Hérédité : on suppose que pour \(n \in \mathbb{N}\), \(2 \leqslant v_{n+1} \leqslant v_n \leqslant 6\).
Comme \(v_{n}\in [0~;~11]\), \(v_{n+1}\in [0~;~11]\), et que \(f\) est croissante sur \([0~;~11]\) d'après le résultat précédent, les images des quatre nombres de l'encadrement sont rangées dans le même ordre croissant, soit
\(f(2) \leqslant f[v_{n+1}] \leqslant f[v_{n}] \leqslant f(6) \iff 2 \leqslant v_{n+2} \leqslant v_{n_1} \leqslant 4{,}8\) (car \(f(2) = -0{,}05 \times 2^2 + 2{,}2 = - 0{,}2 + 2{,}2 = 2\)).
On a donc \(2 \leqslant v_{n+2} \leqslant v_{n+1} \leqslant 6\). La proposition est vraie au rang \(n + 1\).
Conclusion : La proposition est vraie au rang \(n = 0\) et si elle est vraie au rang \(n \in \mathbb{N}\), elle l'est aussi au rang \(n + 1\). D'après l'axiome de récurrence, pour tout entier naturel \(n\),
\[2 \leqslant v_{n+1} \leqslant v_n \leqslant 6.\]
Le résultat précédent montre deux résultats : pour tout entier naturel \(n\),
\(v_{n+1} \leqslant v_n\) donc la suite \((v_n)\) est décroissante ;
\(2 \leqslant v_{n}\) donc la suite \((v_n)\) est minorée par 2.
D'après le théorème de la convergence monotone, la suite \((v_n)\) converge vers une limite \(\ell \geqslant 2\).
La fonction \(f\) est continue, \((f\left([2~;~6]\right) \subset [2~;~6]\)) et la suite \((v_n)\) converge, donc d'après le théorème du point fixe, \(\ell\) est l'unique solution sur \([2~;~6]\) de l'équation \(f(x) = x\).
On résout l'équation \(\ell=f(\ell)\) :
\(\ell=f(\ell) \iff \ell=-0{,}05\ell^2+1{,}1\ell \iff 0{,}05\ell^2-0{,}1 \ell=0 \iff 0{,}05\ell(\ell-2)=0\)
On obtient deux solutions : \(\ell=0 \notin [2~;~6]\) et \(\ell=2\). Donc \(\displaystyle \lim\limits_{n \to +\infty} v_n=2\).
Ceci signifie qu'au bout d'un certain nombre d'années la population va se rapprocher de 2000 individus, soit le tiers du nombre initial.
Partie C
En milieu A, on utilise la suite \((u_n)\). On cherche à résoudre \(u_n<3\).
\(u_n<3 \iff 6\times 0{,}93^n<3 \iff 0{,}93^n <\dfrac{1}{2}\). La fonction \(x\mapsto \ln(x)\) est croissante sur \(]0~;~+\infty[\) donc \(0{,}93^n <\dfrac{1}{2} \iff \ln\left(0{,}93^n\right)<\ln\left(\dfrac{1}{2} \right) \iff n \times \ln(0{,}93) <-\ln(2)\\ \iff n>-\dfrac{\ln(2)}{\ln(0{,}93)}\) car \(\ln(0{,}93) < 0\).
Or \(-\dfrac{\ln(2)}{\ln(0{,}93)}\approx 9{,}55\) donc \(n\geqslant 10\) soit en 2035.
À partir de 2035, le nombre d'individus en milieu A sera inférieur à 3000.
On sait que \((v_n)\) est décroissante. Avec la calculatrice, on trouve \(v_5\approx 3{,}14\) et
\(v_6\approx 2{,}96\). Donc pour \(n\geqslant 6\).
Ce sera donc à partir de 2031.
La suite \((u_n)\) converge vers 0, et \((v_n)\) converge vers 2. Les deux suites étant décroissantes en partant de \(u_0 = v_0=6\), il existera un rang \(N\) tel que \(v_N > u_N\).
Attention, piège :La décroissance des deux suites depuis la même valeur initiale ne suffit pas à garantir un croisement. Il faut utiliser les limites : puisque \(u_n \to 0\), il existe un rang à partir duquel \(u_n < 1\) ; puisque \(v_n \to 2\), il existe un rang à partir duquel \(v_n > 1\). À partir du plus grand de ces deux rangs, on a donc \(v_n > u_n\).
Le script complété :
n=0 u = 6 v = 6 while u >= v : u = 0.93*u v= -0.05*v**2+1.1*v n = n+1 print (2025 + n) Le script affiche 2038. Avec la calculatrice : \(u_{12} \approx 2{,}51\) et \(v_{12}\approx 2{,}41\) ; \(u_{13} \approx 2{,}34\) et \(v_{13}\approx 2{,}36\). Donc \(N = 13\).
Exercice 2 (6 pts)
Partie A
On considère la fonction \(f\) définie sur l'intervalle \([0~;~+\infty[\) par :
\[f(x) = \dfrac{1}{a+ \mathrm{e}^{-bx}}\]où \(a\) et \(b\) sont deux constantes réelles strictement positives.
On admet que la fonction \(f\) est dérivable sur l'intervalle \([0~;~+\infty[\).
La fonction \(f\) admet pour représentation graphique la courbe \(\mathcal{C}_f\) ci-dessous :

On considère les points A(0 ; 0,5) et B(10 ; 1).
On admet que la droite (AB) est tangente à la courbe \(\mathcal{C}_f\) au point A.
Par lecture graphique, donner une valeur approchée de \(f(10)\).
On admet que \(\displaystyle\lim_{x \to + \infty} f(x) = 1\).
Donner une interprétation graphique de ce résultat.
Justifier que \(a = 1\).
Déterminer le coefficient directeur de la droite (AB).
Déterminer l'expression de \(f'(x)\) en fonction de \(x\) et de la constante \(b\).
En déduire la valeur de \(b\).
Partie B
On admet, dans la suite de l'exercice, que la fonction \(f\) est définie sur l'intervalle \([0~;~+\infty[\) par :
\[f(x) = \dfrac{1}{1 + \mathrm{e}^{-0{,}2x}}\]Déterminer \(\displaystyle\lim_{x \to + \infty} f(x)\).
Étudier les variations de la fonction \(f\) sur l'intervalle \([0~;~+\infty[\).
Montrer qu'il existe un unique réel \(\alpha\) positif tel que \(f(\alpha) = 0{,}97\).
À l'aide de la calculatrice, donner un encadrement du réel \(\alpha\) par deux nombres entiers consécutifs.
Interpréter ce résultat dans le contexte de l'énoncé.
Partie C
Montrer que, pour tout \(x\) appartenant à l'intervalle \([0~;~+\infty[\), \(f(x) = \dfrac{\mathrm{e}^{0,2x}}{1 + \mathrm{e}^{0,2x}}\).
En déduire une primitive de la fonction \(f\) sur l'intervalle \([0~;~+\infty[\).
Calculer la valeur moyenne de la fonction \(f\) sur l'intervalle [0 ; 40], c'est-à-dire:
\[I = \dfrac{1}{40}\displaystyle\int_0^{40} \dfrac{1}{1 + \mathrm{e}^{-0{,}2x}}\,\text{d}x.\]On donnera la valeur exacte et une valeur approchée au millième.
Voir le corrigé de l'exercice 2
Partie A
1970 - 1960 = 10. Donc on lit \(f(10)\).

Dans la limite de précision du graphique, \(f(10) \approx 0{,}9\).
Si \(\displaystyle\lim_{t \to + \infty} f(t) = 1\) alors \(\mathcal{C}_f\) admet une asymptote horizontale d'équation \(y=1\) au voisinage de \(+\infty\).
\(f(0)=\dfrac{1}{2}\) donc \(\dfrac{1}{a+1}=\dfrac{1}{2} \iff a + 1 = 2 \iff a = 1\).
Soit \(m\) ce coefficient directeur. \(m =\dfrac{y_B-y_A}{x_B-x_A} = \dfrac{0,5}{10}= 0{,}05\).
La fonction \(f\) est continue et dérivable sur \([0~;~+\infty[\). \(f(t)\) est de la forme \(\dfrac{1}{u(t)}\), de dérivée \(-\dfrac{u'(t)}{u^2(t)}\) Donc en posant \(u(t)=a+ \mathrm{e}^{-bt}\), \(u'(t)=-b\mathrm{e}^{-bt}\)
Donc \(\forall t \in [0~;~+\infty[\), \(f'(t)=-\dfrac{-b\mathrm{e}^{-bt}}{\left(1+ \mathrm{e}^{-bt}\right)^2}=\dfrac{b\mathrm{e}^{-bt}}{\left(1+ \mathrm{e}^{-bt}\right)^2}\).
Le nombre dérivée de \(f\) en 0 est égale à la pente de la droite \((AB)\), tangente à \(\mathcal{C}_f\) au point d'abscisse 0. Donc \(f'(0)= 0{,}05\) donc \(\dfrac{b}{2^2}=0{,}05\) donc \(b = 4 \times 0{,}05 = 0{,}2\).
Partie B
On admet, dans la suite de l'exercice, que le taux d'équipement en réfrigérateurs est représenté par la fonction \(f\) définie sur l'intervalle \([0~;~+\infty[\) par : \(f(t) = \dfrac{1}{1+ \mathrm{e}^{-0{,}2t}}\).
\(\displaystyle\lim_{t \to + \infty} \mathrm{e}^{-0{,}2t} = 0\) (par composition). Donc \(\displaystyle\lim_{t \to + \infty} f(t)=1\).
La fonction \(f\) est continue et dérivable sur \([0~;~+\infty[\), de la forme \(\dfrac{1}{u(t)}\), de dérivée \(-\dfrac{u'(t)}{u^2(t)}\).
Donc en posant \(u(t)=1+ \mathrm{e}^{-0{,}2t}\), \(u'(t)=-0{,}2\mathrm{e}^{-0{,}2t}\), \(\forall t \in [0~;~+\infty[\), \(f'(t)=-\dfrac{-0{,}2\mathrm{e}^{-0{,}2t}}{\left(1+ \mathrm{e}^{-0{,}2t}\right)^2}\) soit \(f'(t)=\dfrac{0,2\mathrm{e}^{-0{,}2t}}{\left(1+ \mathrm{e}^{-0{,}2t}\right)^2}\).
\(\forall t \in [0~;~+\infty[\), \(0{,}2\mathrm{e}^{-0{,}2t}>0\) et \(\left(1+ \mathrm{e}^{-0{,}2t}\right)^2>0\) donc \(f'(t) > 0\) donc \(f\) est croissante sur \([0~;~+\infty[\).
On a \(f(0)= \dfrac{1}{2}\) et \(\displaystyle\lim_{t \to + \infty} f(t)=1\).
La fonction \(f\) est continue strictement croissante sur \([0~;~+\infty[\) à valeurs dans \(\left[\dfrac{1}{2}~;~1\right[\). Or \(0{,}97 \in \left[\dfrac{1}{2}~;~1\right[\), donc d'après le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires, l'équation \(f(x) = 0{,}97\) admet une unique solution \(\alpha\) dans l'intervalle \([0~;~+\infty[\).
Avec la calculatrice \(\alpha \approx 17{,}4\) donc \(\alpha \in ]17~;~18[\).
Partie C
\(\forall t \in [0~;~+\infty[\), \(f(t) = \dfrac{1}{1+ \mathrm{e}^{-0{,}2t}}\). En multipliant numérateur et dénominateur par \(\mathrm{e}^{0,2t}\), on obtient : \(f(t)=\dfrac{\mathrm{e}^{0,2t}}{\mathrm{e}^{0,2t}(1+ \mathrm{e}^{-0{,}2t})}= \dfrac{\mathrm{e}^{0,2t}}{\mathrm{e}^{0,2t} + 1} = \dfrac{\mathrm{e}^{0,2t}}{1 + \mathrm{e}^{0,2t}}\).
\(f\) est de la forme \(\dfrac{u'(t)}{u(t)}\), de primitive \(\ln(u(t))\) (avec \(u\) fonction strictement positive car les deux termes du quotient sont strictement positifs) en posant \(u(t)=\mathrm{e}^{0,2t}\) et \(u'(t)= 0{,}2\mathrm{e}^{0,2t}\).
En écrivant \(f(t)=\dfrac{\mathrm{e}^{0,2t}}{1 + \mathrm{e}^{0,2t}}=\dfrac{1}{0,2}\times \dfrac{0,2\mathrm{e}^{0,2t}}{1 + \mathrm{e}^{0,2t}}=5\times \dfrac{0,2\mathrm{e}^{0,2t}}{1 + \mathrm{e}^{0,2t}}\),
on détermine la fonction \(F\), une primitive de \(f\) : \(F(t)= 5\ln\left(1 + \mathrm{e}^{0,2t}\right)\) pour \(t \in [0~;~+\infty[\).
Attention, piège :Pour primitive \( \dfrac{\mathrm{e}^{0,2t}}{1+\mathrm{e}^{0,2t}} \), n'écrivez pas directement \( \ln(1+\mathrm{e}^{0,2t}) \) : le numérateur n'est pas exactement \( (1+\mathrm{e}^{0,2t})' = 0{,}2\,\mathrm{e}^{0,2t} \). Il faut d'abord écrire \( f(t)=5 \times \dfrac{0{,}2\,\mathrm{e}^{0,2t}}{1+\mathrm{e}^{0,2t}} \), d'où le facteur \(5\) dans la primitive.
\(I = \dfrac{1}{40}\displaystyle\int_0^{40} \dfrac{1}{1 + \mathrm{e}^{-0{,}2t}}\,\text{d}t = \dfrac{1}{40}\displaystyle\int_0^{40} \dfrac{\mathrm{e}^{0,2t}}{1 + \mathrm{e}^{0,2t}} \,\text{d}t =\dfrac{1}{40}\left[5\ln\left(1 + \mathrm{e}^{0,2t}\right)\right]_0^{40}=\)
\(\dfrac{5}{40}\left(\ln\left(\mathrm{e}^8+1\right)-\ln(2)\right)\\=\dfrac{1}{8}\left(\ln\left(\mathrm{e}^8+1\right)-\ln(2)\right)=\dfrac{1}{8} \ln\left(\dfrac{\mathrm{e}^8+1}{2}\right)\approx 0{,}913\)
Exercice 3 (4 pts)
Le codage « base64 », utilisé en informatique, permet de représenter et de transmettre des messages et d'autres données telles que des images, en utilisant 64 caractères: les 26 lettres majuscules, les 26 lettres minuscules, les chiffres de 0 à 9 et deux autres caractères spéciaux.
Les parties A, B et C sont indépendantes.
Partie A
Dans cette partie, on s'intéresse aux séquences de 4 caractères en base64. Par exemple, « gP3g » est une telle séquence. Dans une séquence, l'ordre est à prendre en compte: les séquences « m5C2 » et « 5C2m » ne sont pas identiques.
Déterminer le nombre de séquences possibles.
Déterminer le nombre de séquences si l'on impose que les 4 caractères sont différents deux à deux.
Déterminer le nombre de séquences ne comportant pas de lettre A majuscule
En déduire le nombre de séquences comportant au moins une lettre A majuscule.
Déterminer le nombre de séquences comportant exactement une fois la lettre A majuscule.
Déterminer le nombre de séquences comportant exactement deux fois la lettre A majuscule.
Partie B
On s'intéresse à la transmission d'une séquence de 250 caractères d'un ordinateur à un autre. On suppose que la probabilité qu'un caractère soit mal transmis est égale à 0,01 et que les transmissions des différents caractères sont indépendantes entre elles. On note X la variable aléatoire égale au nombre de caractères mal transmis.
On admet que la variable aléatoire X suit la loi binomiale. Donner ses paramètres.
Déterminer la probabilité que tous les caractères soient bien transmis. On donnera l'expression exacte, puis une valeur approchée à \(10^{-3}\) près.
Que pensez-vous de l'affirmation suivante: « La probabilité que plus de 16 caractères soient mal transmis est négligeable » ?
Partie C
On s'intéresse maintenant à la transmission de 4 séquences de 250 caractères.
On note \(X_1,\: X_2,\: X_3\) et \(X_4\) les variables aléatoires correspondant aux nombres de caractères mal transmis lors de la transmission de chacune des 4 séquences.
On admet que les variables aléatoires \(X_1,\: X_2,\: X_3\) et \(X_4\) sont indépendantes entre elles et suivent la même loi que la variable aléatoire \(X\) définie en partie B.
On note \(S = X_1 + X_2 + X_3 + X_4.\)
Déterminer, en justifiant, l'espérance et la variance de la variable aléatoire \(S\).
Voir le corrigé de l'exercice 3
Partie A
Pour chaque caractère, il y a 64 possibilités, donc pour une séquences de 4 caractères, il y a \(64^4\) possibilités, soit 16 777 216 possibilités. On pourra noter
card\((\Omega)=16\,777\,216\).
Si les caractères sont différents deux à deux, il s'agit alors d'un arrangement de 4 caractères parmi 64 : \(\dfrac{64~!}{(64-4)~!}=64 \times 63 \times 62 \times 61=15\,249\,024\) possibilités.
On reprend la question 1. avec seulement 63 caractères. cela donne donc
\(63^4=15\,752\,961\) possibilités.
Soit \(X\) l'évènement : « la séquence ne comporte pas la lettre A ».
Son événement contraire est donc : \(\overline{X}\) « la séquence comporte au moins une fois la lettre A ».
Ainsi card\((X) + \text{card}(\overline{X})= \text{card}(\Omega)\) donc card\((\overline{X}) = \text{card}(\Omega) - \text{card}(X) = 64^4 - 63^4 = 1\,024\,255\).
Il y a donc 1 024 255 séquences contenant au moins une fois la lettre A.
Attention, piège :Pour « au moins un A », n’utilisez pas \(4 \times 63^3\) : ce produit compte les séquences avec exactement un A (choix de sa position puis trois caractères parmi les 63 autres, répétitions comprises). On passe par l’événement contraire : \(64^4 - 63^4\).
La lettre A peut se situer dans l'une des quatre positions dans le code, les trois autres lettres étant différentes. Il y aura donc \(4\times 63^3 = 1\,000\,188\) possibilités.
Il y a \(\dbinom{4}{2}\) façons de placer les deux lettres A dans la séquence. Les deux autres lettres ne sont pas des A. Il y aura donc \(\dbinom{4}{2} \times 63^2 = 23\,814\) possibilités.
Partie B
\(X\) suit une loi binomiale de paramètres \(n=250\) et \(p=0{,}01\).
\(P(X=0)=\dbinom{250}{0}\times 0{,}01^0\times (1-0{,}01)^{250-0}=0{,}99^{250}\approx 0{,}081\).
On calcule \(P(X >16)= P(X\geqslant 17)\). Avec la calculatrice, \(P(X\geqslant 17)\approx 1{,}04\times 10^{-9}\), ce qui est négligeable.
Partie C
En utilisant les propriétés sur la linéarité de l'espérance et de la variance (les variables aléatoires \(X_1,\: X_2,\: X_3\) et \(X_4\) étant indépendantes), on peut affirmer que :
\(E(S)=E(X_1 + X_2 + X_3 + X_4)=E(X_1) + E(X_2) + E(X_3) + E(X_4)= 4\times E(X)=\)
\(4\times n \times p=4\times 250 \times 0{,}01 = 10\).
Il en est de même pour la variance :
\(V(S)=V(X_1 + X_2 + X_3 + X_4)=V(X_1) + V(X_2) + V(X_3) + V(X_4)=4\times V(X)=4\times n \times p \times (1-p)=4\times 250 \times 0{,}01 \times 0{,}99=9{,}9\).
Exercice 4 (4 pts)
On se place dans un repère orthonormé \(\left(\text{O}~;~\overrightarrow{\imath},~\overrightarrow{\jmath},~\overrightarrow{k}\right)\)de l'espace.
On considère les points A(1 ; 0 ; 3), B\(( -2~;~1~;~2)\) et C(0 ; 3 ; 2).
Montrer que les points A, B et C ne sont pas alignés.
Soit \(\overrightarrow{n}\) le vecteur de coordonnées \(\begin{pmatrix}-1\\1\\4\end{pmatrix}\)Vérifier que le vecteur \(\overrightarrow{n}\) est orthogonal au plan (ABC).
En déduire que le plan (ABC) admet pour équation cartésienne
\(-x + y + 4z - 11 = 0\).
On considère le plan \(\mathcal{P}\) d'équation cartésienne \(3x - 3y + 2z - 9 = 0\) et le plan \(\mathcal{P}'\) d'équation cartésienne \(x - y- z + 2 = 0\).
Démontrer que les plans \(\mathcal{P}\) et \(\mathcal{P}'\) sont sécants. On note \((d)\) leur droite d'intersection.
Déterminer si les plans \(\mathcal{P}\) et \(\mathcal{P}'\) sont perpendiculaires.
Montrer que la droite \((d)\) est dirigée par le vecteur \(\overrightarrow{u}\begin{pmatrix}1\\1\\0\end{pmatrix}\).
Montrer que le point M(2 ; 1 ; 3) appartient aux plans \(\mathcal{P}\) et \(\mathcal{P}'\). En déduire une représentation paramétrique de la droite \((d)\).
Montrer que la droite \((d)\) est aussi incluse dans le plan (ABC).
Que peut-on dire des trois plans (ABC), \(\mathcal{P}\) et \(\mathcal{P}'\) ?
Voir le corrigé de l'exercice 4
\(\overrightarrow{AB}\begin{pmatrix}-3\\1\\-1\end{pmatrix}\) et \(\overrightarrow{AC}\begin{pmatrix}-1\\3\\-1\end{pmatrix}\). Ces deux vecteurs ne sont pas colinéaires car \(\dfrac{-3}{-1}\neq \dfrac{1}{3}\). Les points \(A\), \(B\) et \(C\) ne sont pas alignés.
D'après la question précédente, les vecteurs \(\overrightarrow{AB}\) et \(\overrightarrow{AC}\) forment une base du plan \((ABC)\). Avec \(\overrightarrow{n}\begin{pmatrix}-1\\1\\4\end{pmatrix}\), on calcule \(\overrightarrow{n}\cdot\overrightarrow{AB}\) et \(\overrightarrow{n}\cdot\overrightarrow{AC}\) :
\(\overrightarrow{n}.\overrightarrow{AB}=3+1-4=0\) et \(\overrightarrow{n}.\overrightarrow{AC}=1+3-4=0\). \(\overrightarrow{n}\) est donc orthogonal à deux vecteurs non colinéaires du plan \((ABC)\) donc il est normal à ce plan \((ABC)\).
Attention, piège :Ne confondez pas « plans sécants » et « plans perpendiculaires » : deux plans sont perpendiculaires si et seulement si leurs vecteurs normaux sont orthogonaux, c’est-à-dire \(\overrightarrow{n_1}\cdot\overrightarrow{n_2}=0\). Ici \(\overrightarrow{n_1}\cdot\overrightarrow{n_2}=4\neq 0\), donc \(\mathcal{P}\) et \(\mathcal{P}'\) ne sont pas perpendiculaires, même s’ils sont sécants.
\(\overrightarrow{n}\) étant normal au plan \((ABC)\), une équation cartésienne de ce plan est de la forme : \(-x+y+4z+d=0\) avec \(d \in \mathbb{R}\).
\(A(1~;~0~;~3) \in (ABC)\) donc \(-1+0+12+d=0 \iff d=-11\).
Donc \((ABC)\) : \(-x+y+4x-11=0\).
On considère le plan \(\mathcal{P}\) d'équation cartésienne \(3x - 3y + 2z - 9 = 0\) et le plan \(\mathcal{P}'\) d'équation cartésienne \(x - y- z + 2 = 0\).
Le vecteur \(\overrightarrow{n_1}\begin{pmatrix}3\\-3\\2\end{pmatrix}\) est normal au plan \(\mathcal{P}\), le vecteur \(\overrightarrow{n_2}\begin{pmatrix}1\\-1\\-1\end{pmatrix}\) est normal au plan \(\mathcal{P}'\) . Les vecteurs \(\overrightarrow{n_1}\) et \(\overrightarrow{n_2}\) ne sont pas colinéaires car \(\dfrac{3}{1}\neq \dfrac{2}{-1}\). Donc les plans \(\mathcal{P}\) et \(\mathcal{P}'\) ne sont ni parallèles ni confondus. Ils sont donc sécants. Leur intersection est donc une droite \((d)\).
\(\overrightarrow{n_1}\cdot \overrightarrow{n_2}=3+3-2=4\neq 0\) donc les plans ne sont pas perpendiculaires.
Attention, piège :Ne confondez pas « plans sécants » et « plans perpendiculaires » : deux plans sont perpendiculaires si et seulement si leurs vecteurs normaux sont orthogonaux, c’est-à-dire \(\overrightarrow{n_1}\cdot\overrightarrow{n_2}=0\). Ici \(\overrightarrow{n_1}\cdot\overrightarrow{n_2}=4\neq 0\), donc \(\mathcal{P}\) et \(\mathcal{P}'\) ne sont pas perpendiculaires, même s’ils sont sécants.
\((d)\) est la droite d'intersection des plans \(\mathcal{P}\) et \(\mathcal{P}'\) dont les vecteurs normaux sont respectivement \(\overrightarrow{v}\begin{pmatrix}3\\-3\\2\end{pmatrix}\) et \(\overrightarrow{v'}\begin{pmatrix}1\\-1\\-1\end{pmatrix}\).
Pour montrer que \(\overrightarrow{u}\) dirige \((d)\), il suffit de prouver que ce vecteur est contenu dans chacun des plans \(\mathcal{P}\) et \(\mathcal{P}'\), soit \(\overrightarrow{u} . \overrightarrow{v} = 0\) et \(\overrightarrow{u} . \overrightarrow{v'} = 0\)
Or, \(\overrightarrow{u} . \overrightarrow{v} = 1 \times 3 + 1 \times (-3) = 0\) et \(\overrightarrow{u} . \overrightarrow{v} = 1 \times 1 + 1 \times (-1) = 0\).
Ainsi, \((d)\) est bien dirigée par \(\overrightarrow{u}\).
On remplace les coordonnées de \(M\) dans les deux équations de plans :
\(6-3+6-9=12-12=0\) donc \(M\in \mathcal{P}\) ;
\(2-1-3+2=4-4=0\) donc \(M\in \mathcal{P}'\).
La droite \((d)\) passe donc par \(M\) et a pour vecteur directeur \((d)~:~\overrightarrow{u}\) donc
\(\begin{cases} x=2+t\\y=1+t\\z=3\end{cases},~t\in \mathbb{R}\)
On cherche l'intersection de \((ABC)\) et de \((d)\). On résout le système :
\(\begin{cases} x=2+t\\y=1+t\\z=3\\-x+y+4z-11=0\end{cases}\). S'il admet une infinité de solutions alors \((d)\subset (ABC)\).
On remplace \(x\), \(y\) et \(z\) dans la dernière équation :
\(-x+y+4z-11=0 \Rightarrow -(2+t)+1+t+4\times 3-11=0 \iff 0=0\). La dernière équation est vérifiée quelque soit la valeur de \(t\). Donc ce système admet une infinité de solutions. \((d)\subset (ABC)\)
Donc la droite \((d)\) appartient aux trois plans \((ABC)\), \(\mathcal{P}\) et \(\mathcal{P}'\). Reprenons les trois vecteurs normaux des trois plans : \(\overrightarrow{n}\begin{pmatrix}-1\\1\\4\end{pmatrix}\), \(\overrightarrow{n_1}\begin{pmatrix}3\\-3\\2\end{pmatrix}\) et \(\overrightarrow{n_2}\begin{pmatrix}1\\-1\\-1\end{pmatrix}\).
\(\overrightarrow{u}\) et \(\overrightarrow{n_1}\) ne sont pas colinéaires, de même pour \(\overrightarrow{u}\) et \(\overrightarrow{n_2}\). Le plan \((ABC)\) n'est donc confondu ni avec \(\mathcal{P}\) ni avec \(\mathcal{P}'\). Ces trois plans sont simplement sécants, d'intersections \((d)\).
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