Annales Bac · Spécialité mathématiques › 2025

2025Bac spé maths · Métropole (septembre) · Jour 2

Épreuve écrite de spécialité mathématiques, série générale · 10 septembre 2025

10 septembre 2025Durée : 4 heures20 points4 exercices
Fiche « Démonstration par récurrence »Fiche « Dérivée seconde et convexité »Fiche « Équation cartésienne d'un plan »Fiche « Loi binomiale »Couverture des fiches magiques Terminale spé maths

40 fiches · tout le programme

📒 Les fiches magiques

Exercice 1 (6 pts)

El Niño est un phénomène océanique à grande échelle du Pacifique équatorial qui affecte le régime des vents, la température de la mer et les précipitations sur l’ensemble du globe. Certaines années, ce phénomène est dit « dominant ». Les scientifiques cherchent à modéliser l’apparition de ce phénomène.

Dans cet exercice, les parties A et B sont indépendantes

Partie A - Premier modèle

À partir d’un échantillon de données, on considère une première modélisation :

  • chaque année, la probabilité que le phénomène El Niño soit dominant est égale à \(0{,}4\) ;

  • la survenue du phénomène El Niño se fait de façon indépendante d’une année sur l’autre.

On note \(X\) la variable aléatoire qui, sur une période de 10 ans, associe le nombre d’années où El Niño est dominant.

  1. Justifier que \(X\) suit une loi binomiale et préciser les paramètres de cette loi.

    1. Calculer la probabilité que, sur une période de 10 ans, le phénomène El Niño soit dominant exactement 2 années.

    2. Calculer \(P(X \leqslant 2)\). Que signifie ce résultat dans le contexte de l’exercice ?

  2. Calculer \(E(X)\). Interpréter ce résultat.

Partie B - Second modèle

Après une étude d’un recueil de données plus important sur les 50 dernières années, une autre modélisation apparait plus pertinente :

  • si le phénomène El Niño est dominant une année, alors la probabilité qu’il le soit encore l’année suivante est \(0{,}5\)

  • par contre, si le phénomène El Niño n’est pas dominant une année, alors la probabilité qu’il soit dominant l’année suivante est \(0{,}3\).

On considère que l’année de référence est 2023.

On note pour tout entier naturel \(n\) :

  • \(E_n\) l’évènement « le phénomène El Niño est dominant l’année \(2023 + n\) » ;

  • \(p_n\) la probabilité de l’évènement \(E_n\).

En 2023, El Niño n’était pas dominant. On a ainsi \(p_0 = 0\).

  1. Soit \(n\) un entier naturel. Recopier et compléter l’arbre pondéré suivant :

    Figure de l'exercice 1
  2. Justifier que \(p_1 = 0{,}3\).

  3. En vous aidant de l’arbre, montrer que, pour tout entier naturel \(n\), on a :

    \[p_{n+1} = 0{,}2p_n + 0{,}3\]

On cherche à prévoir l’évolution de l’apparition du phénomène El Niño.

    1. Conjecturer les variations et la limite éventuelle de la suite \((p_n)\).

    2. Montrer par récurrence que, pour tout entier naturel \(n\), on a : \(p_n \leqslant \dfrac38\).

    3. Déterminer le sens de variation de la suite \((p_n)\).

    4. En déduire la convergence de la suite \((p_n)\).

On cherche à déterminer la limite de la suite \((p_n)\).

  1. Soit \((u_n)\) la suite définie par \(u_n = p_n - \dfrac38\) pour tout entier naturel \(n\).

    1. Montrer que la suite \((u_n)\) est géométrique de raison 0,2 et préciser son premier terme.

    2. Montrer que, pour tout entier naturel \(n\), on a :

      \[p_n = \dfrac38\left(1 - 0{,}2^n\right).\]
    3. Calculer la limite de la suite \((p_n)\).

    4. Interpréter ce résultat dans le contexte de l’exercice.

Voir le corrigé de l'exercice 1

Partie A

  1. La variable aléatoire \(X\) compte le nombre de succès d'une répétition de 10 épreuves de Bernoulli. Les épreuves sont indépendantes deux à deux. La probabilité du succès est \(p=0.4\). Donc \(X\) suit une loi binomiale de paramètres 10 ; 0.4 : \(X \sim \mathcal{B}(10~;~0.4)\).

    1. \(P(X = 2) = \binom{10}{2}\times p^2\times(1-p)^{10-2}= \binom{10}{2}\times0.4^{2}\times 0.6^{8} \approx 0.1209\)

    2. Comme les évènements \(\lbrace X = i\rbrace\) et \(\lbrace X = j\rbrace\) sont disjoints pour \(i \neq j\) :

      \(\begin{array}{cl} P(X \leqslant 2) &= P(\lbrace X = 0 \rbrace \cup \lbrace X = 1 \rbrace \cup \lbrace X = 2 \rbrace ) \\ &= \displaystyle\sum_{i=0}^{2} P(X=i)\\ &= \displaystyle\sum_{i=0}^{2}\binom{10}{i}p^{i}(1-p)^{10-i} \\ &\approx 0.1673 \end{array}\)

      La probabilité que le phénomène El Niño soit dominant au plus deux années sur une période de 10 ans est d'environ 0.1673.

  2. Comme \(X\) suit une loi binomiale \(\mathcal{B}(10~;~0.4)\) : \(E(X) = n\times p = 10 \times 0.4 = 4\). En moyenne le phénomène El Nino est dominant quatre années sur une période de 10 ans.

Partie B

  1. Figure du corrigé de l'exercice 1
  2. \(p_0 = 0\)
    \(1-p_0 = 1\)

    \(p_1 = P\left(E_1\right) = P\left(E_0\right)\times P_{E_{0}}\left(E_1\right) + P\left(\overline{E_0}\right)\times P_{\overline{E_{0}}}\left(E_1\right) = 0 \times 0.5 + 1 \times 0.3 = 0.3\)

  3. \(p_{n+1} = P\left(E_{n+1}\right) = P\left(E_n\right)\times P_{E_{n}}\left(E_{n+1}\right) + P\left(\overline{E_n}\right)\times P_{\overline{E_{n}}}\left(E_{n+1}\right)\\ = p_n \times 0.5 + (1-p_n) \times 0.3 = 0.2\times p_n + 0.3\)

    1. En utilisant la calculatrice la suite \(\left(p_n\right)\) semble être croissante et avoir pour limite \(0.375\).

      \(n\)\(p_n\)
      00
      10.3
      20.36
      30.372
      ⋮⋮
      130.3749999996928
      140.37499999993856
    2. On formule l'hypothèse de récurrence \(\mathcal{H}(n)~:~p_n\leqslant 0.375\).

      On vérifie que \(\mathcal{H}(0)\) est vraie (initialisation).

      Comme \(p_0 = 0 \leqslant 0.375\), \(\mathcal{H}(0)\) est vraie.

      Montrons que \(\mathcal{H}(n)\Rightarrow \mathcal{H}(n+1)\) (hérédité).

      On suppose que \(\mathcal{H}(n)\) est vraie, avec \(n \in \mathbb{N}\).

      \(p_{n+1} = 0.2\times p_n + 0.3\)

      D'après \(\mathcal{H}(n)\), \(p_n \leqslant 0.375\), en multipliant par \(0.2\) on obtient :

      \(0.2\times p_n \leqslant 0.075\), en ajoutant \(0.3\) on obtient :

      \(0.2\times p_n + 0.3 \leqslant 0.375\), ainsi on obtient :

      \(p_{n+1} \leqslant 0.375\) (\(\mathcal{H}(n+1)\) est vérifiée)

      D'après le principe de récurrence,

      \(\forall n\in \mathbb{N}, n \geqslant 0, p_n\leqslant 0.375\)

    3. Pour tout \(n\in \mathbb{N}\), \(p_n\) désignant une probabilité est un nombre positif.

      Soit \({n\in\mathbb{N}}\)

      \(p_{n+1}-p_{n} = -0.8\times p_n + 0.3\)

      \(p_{n+1}-p_{n} \geqslant -0.8\times 0.375 + 0.3\)

      \(p_{n+1}-p_{n} \geqslant 0\)

      Ceci étant valable quelque soit le choix de \(n\), \(\forall n \in \mathbb{N},~p_{n+1}-p_{n} \geqslant 0\), donc \(\left(p_n\right)\) est croissante.

      Attention, piège :

      Attention à l’étape \(p_n \leqslant 0{,}375 \Rightarrow -0{,}8p_n \geqslant -0{,}8 \times 0{,}375\) : la multiplication par un nombre négatif change le sens de l’inégalité. Beaucoup d’élèves écrivent \(\leqslant\) à tort ; c’est pourtant cette inversion qui permet de conclure \(p_{n+1}-p_n \geqslant 0\).

    4. \(\left(p_n\right)\) est croissante et majorée donc \(\left(p_n\right)\) est convergente vers \(l\). De plus \({l\leqslant 0.375}\).

    1. \(\begin{array}{rcl} u_{n+1} &=& p_{n+1} - \dfrac{3}{8}\\ &=& 0.2\times p_n + 0.3 - \dfrac{3}{8}\\ &=& 0.2\times p_n +0.2\times \dfrac{3}{2} - 0.2\times\dfrac{15}{8}\\ &=& 0.2\times p_n +0.2\times\left( \dfrac{3}{2} - \dfrac{15}{8}\right)\\ &=& 0.2\times p_n +0.2\times\left( - \dfrac{3}{8}\right)\\ &=& 0.2\times \left(p_n - \dfrac{3}{8}\right)\\ \end{array}\)

      Finalement quel que soit \(n\) naturel, \(u_{n+1} = 0.2\times u_{n}\) : ceci prouve que \(\left(u_n\right)\) est une suite géométrique de raison \(0.2\).

      \(u_0 = p_{0} - \dfrac{3}{8} = 0 - \dfrac{3}{8} = -\dfrac{3}{8}\)

      Le premier terme est donné par : \({u_0 = - \dfrac{3}{8}}\)

    2. Comme \(\left(u_n\right)\) est une suite géométrique de raison \(0.2\) de premier terme \({u_0 = - \dfrac{3}{8}}\) :

      \(\forall n \in \mathbb{N}~:~u_n = - \dfrac{3}{8} \times 0.2^{n}\)

      Comme \(\forall n \in \mathbb{N}~:~u_n = p_{n} - \dfrac{3}{8}\),

      \(\forall n \in \mathbb{N}~:~p_n = -u_{n} + \dfrac{3}{8} = \left(-0.2^{n} +1 \right)\times \dfrac{3}{8} = \dfrac{3}{8}\left(1-0.2^{n} \right)\)

    3. Comme \(0.2<1\), \(\displaystyle\lim_{n\rightarrow +\infty}0.2^{n} = 0\) et donc \(\displaystyle\lim_{n\rightarrow +\infty}p_{n} = \dfrac{3}{8}\)

    4. La probabilité d'observer un phénomène El Niño dominant tend vers \(\dfrac{3}{8}\) quand le nombre d'années d'observation augmente.

Exercice 2 (5 pts)

Pour chacune des affirmations suivantes, indiquer si elle est juste ou fausse.
Chaque réponse doit être justifiée.
Une réponse non justifiée ne rapporte aucun point.

  1. Dans une classe de 24 élèves, il y a 14 filles et 10 garçons.

    Affirmation 1 :

    Il est possible de constituer 272 groupes différents de quatre élèves composés de deux filles et deux garçons.

  2. Soit \(f\) la fonction définie sur \(\mathbb{R}\) par \(f(x) = 3\sin(2x + \pi)\) et \(C\) sa courbe représentative dans un repère donné.

    Affirmation 2 :

    Une équation de la tangente à \(C\) au point d’abscisse \(\dfrac{\pi}{2}\) est \(y = 6x - 3\pi\).

  3. On considère la fonction \(F\) définie sur \(]0~;~+\infty[\) par \(F(x) = (2x + 1)\ln (x)\).

    Affirmation 3 :

    La fonction \(F\) est une primitive de la fonction \(f\) définie sur \(]0~;~+\infty[\) par \(f(x) = \dfrac2x\).

  4. On considère la fonction \(g\) définie sur \(\mathbb{R}\) par \(g(t) = 45\mathrm{e}^{0,06t} + 20\).

    Affirmation 4 :

    La fonction \(g\) est l’unique solution de l'équation différentielle

    \((E_1)\: ∶ y' + 0{,}06y = 1{,}2\) vérifiant \(g(0) = 65\).

  5. On considère l’équation différentielle :

    \[(E_2) :\quad y' - y = 3\mathrm{e}^{0,4x}\]

    où \(y\) est une fonction positive de la variable réelle \(x\), définie et dérivable sur \(\mathbb{R}\) et \(y'\) la fonction dérivée de la fonction \(y\).

    Affirmation 5 :

    Les solutions de l’équation \((E_2)\) sont des fonctions convexes sur \(\mathbb{R}\).

Voir le corrigé de l'exercice 2
  1. \(\binom{14}{2}\times \binom{10}{2} = 4095 \neq 272\).

    L'énoncé indique «  est-il possible  » et ne fait pas intervenir le nombre maximum de groupes composés de deux filles et deux garçons. Comme \(272 < 4095\), l'affirmation est vraie.

  2. \(f\) est dérivable comme composée de fonctions dérivables.

    \(\forall x \in \mathbb{R},~ f'(x) = 6\times \cos(2x+\pi)\)

    \(f'\left(\dfrac{\pi}{2}\right) = 6\times \cos\left(2\times\dfrac{\pi}{2} +\pi\right) = 6\)

    \(f\left(\dfrac{\pi}{2}\right) = 3\times \sin\left(2\times\dfrac{\pi}{2} +\pi\right) = 0\)

    L'équation de la tangente au point d'abscisse \(\dfrac{\pi}{2}\) est donnée par :

    \(y = \left(x - \dfrac{\pi}{2}\right)\times f'\left(\dfrac{\pi}{2}\right) + f\left(\dfrac{\pi}{2}\right)\)

    \(y = 6x- 6\times\dfrac{\pi}{2}\)

    \(y= 6x- 3\pi\)

    L'affirmation est vraie.

  3. \(\forall x\in ]0~;~+\infty[, F'(x) = \dfrac{2 x \ln x+2 x+1}{x}\), en particulier \(F'(1) = \dfrac{3}{2}\) et \(f(1) = 2\). \(f\) n'est pas la dérivée de \(F\). Ainsi on montre que \(F\) n'est pas une primitive de \(f\).

    L'affirmation est fausse.

  4. \(g(0) = 45 \times \mathrm{e}^{0} +20 = 65\)

    \(\forall t \in \mathbb{R}\quad g'(t) +0.06\times g(t) = 45\times 0.06\times \mathrm{e}^{ 0.06t} + 0.06\times\left(45\times\mathrm{e}^{ 0.06t}+20\right) = 5.4\times\mathrm{e}^{ 0.06t}+1.2\) \(g\) n'est pas solution de \((E)\).

    L'affirmation est fausse.

  5. Soit \(y\) une solution positive de \(\left(E_2\right)\) on peut écrire \(\forall x \in \mathbb{R}\quad y'(x) = y(x) + 3\mathrm{e}^{0.4x}\), comme \(\forall x \in \mathbb{R}\quad y(x)\geqslant 0\text{ et } 3\mathrm{e}^{0.4x}\geqslant 0\), alors \(\forall x \in \mathbb{R}\quad y'(x)\geqslant 0\).

    On dérive l'équation différentielle :

    \(\forall x \in \mathbb{R}\quad y''(x) = y'(x) + 1.2\mathrm{e}^{0.4x}\). Comme \(\forall x \in \mathbb{R}\quad y'(x)\geqslant 0\text{ et } 1.2\mathrm{e}^{0.4x}\geqslant 0\), alors \(\forall x \in \mathbb{R}\quad y''(x)\geqslant 0\).

    \(\forall x \in \mathbb{R}\quad y''(x)\geqslant 0\) donc \(y\) est convexe sur \(\mathbb{R}\).

    L'affirmation est vraie : les solutions positives de \(\left(E_2\right)\) sont des fonctions convexes sur \(\mathbb{R}\).

Exercice 3 (4 pts)

On considère la fonction \(f\) définie sur ]0 ; 8] par

\[f(x) = \dfrac{10\ln \left(- x^2 + 7x + 9\right)}{x}\]

Soit \(C_f\) la représentation graphique de la fonction \(f\) dans un repère orthonormé \(\left(\text{O}~;~\overrightarrow{\imath},~\overrightarrow{\jmath}\right)\).

Partie A

  1. Résoudre dans \(\mathbb{R}\) l’inéquation \(- x^2 + 7x + 8 \geqslant 0\).

  2. En déduire que pour tout \(x \in ]0~;~8]\), on a \(f(x) \geqslant 0\).

  3. Interpréter graphiquement ce résultat.

Partie B

La courbe \(C_f\) est représentée ci-dessous.

Soit \(M\) le point de \(C_f\) d’abscisse \(x\) avec \(x \in ]0~;~8]\).

On appelle \(N\) et \(P\) les projetés orthogonaux du point \(M\) respectivement sur l’axe des abscisses et sur l’axe des ordonnées.

Dans cette partie, on s’intéresse à l’aire \(\mathcal{A}(x)\) du rectangle O\(NMP\).

Figure de l'exercice 3
  1. Donner les coordonnées des points \(N\) et \(P\) en fonction de \(x\).

  2. Montrer que pour tout \(x\) appartenant à l’intervalle ]0 ; 8],

    \[\mathcal{A}(x) = 10 \ln \left(-x^2 + 7x + 9\right)\]
  3. Existe-t-il une position du point \(M\) pour laquelle l’aire du rectangle O\(NMP\) est maximale ? Si elle existe, déterminer cette position.

Partie C

On considère un réel strictement positif \(k\).

On souhaite déterminer la plus petite valeur de \(x\), approchée au dixième, appartenant à [3,5 ; 8] pour laquelle l’aire \(\mathcal{A}(x)\) devient inférieure ou égale à \(k\).

Pour ce faire, on considère l’algorithme ci-dessous.

Pour rappel, en langage Python, \(\ln (x)\) s’écrit log (\(x\)).

1from math import *
2
3def A(x) :
4return 10*log (- 1* x**2 + 7*x + 9)
5
6def pluspetitevaleur(k) :
7x = 3.5
8while A(x).......... :
9x = x + 0.1
10return ...........
  1. Recopier et compléter les lignes 8 et 10 de l’algorithme.

  2. Quel nombre renvoie alors l’instruction pluspetitevaleur(30) ?

  3. Que se passe-t-il lorsque \(k = 35\) ? Justifier.

Voir le corrigé de l'exercice 3

Partie A

  1. \(-x^2 + 7x + 8 =0\) admet \(-1\) comme solution évidente. L'autre solution de l'équation du second degré est donc \(8\).

    Le trinôme est négatif (du signe du coefficient de \(x^2\)), sauf entre les racines, d'où le tableau de signes de \(x\longmapsto -x^2 + 7x + 8\) :

    Figure du corrigé de l'exercice 3

    L'ensemble des solutions de l'inéquation \(-x^2 + 7x + 8 \geqslant 0\) sur \(\mathbb{R}\) est l'intervalle \(\left[-1~;~8\right]\)

  2. Pour tout nombre réel \(x\) appartenant à l'intervalle \(\left]0~;~8\right]\), \(-x^2 + 7x + 8 \geqslant 0\). D'où en ajoutant 1 à chaque membre \(-x^2 + 7x + 9 \geqslant 1\).

    Comme la fonction logarithme népérien est une fonction croissante on a pour tout \(x\) appartenant à \(\left]0~;~8\right]\), \(\ln\left(- x^2 + 7x + 9\right) \geqslant \ln(1)\). C'est à dire \(\ln\left(- x^2 + 7x + 9\right) \geqslant 0\).

    Pour tout \(x\) appartenant à \(\left]0~;~8\right]\), \(x>0\) et \(10\ln\left(-x^2 + 7x + 9\right) \geqslant 0\), donc \(f(x) = \dfrac{10\ln\left(-x^2 + 7x + 9\right)}{x} \geqslant 0\).

  3. Sur l'intervalle \([0~;~8]\) la courbe représentative est au dessus de l'axe des abscisses.

Partie B

  1. Pour \(x\in \left]0~;~8\right]\), M\(\left(x,\dfrac{10\ln\left(-x^2 + 7x + 9\right)}{x}\right)\) et donc N\(\left(x,0\right)\) et P\(\left(0,\dfrac{10\ln\left(-x^2 + 7x + 9\right)}{x}\right)\).

  2. Comme pour \(x\in \left]0~;~8\right]\), l'abscisse de N est positive et l'ordonnée de P est positive. On peut écrire ON\(=x\) et OP\(=\dfrac{10\ln\left(-x^2 + 7x + 9\right)}{x}\).

    L'aire de ONMP vaut \(\text{ON}\times\text{OP}\) donc :

    \(\forall x \in \left]0~;~8\right]\quad \mathcal{A}(x) = x\times \dfrac{10\ln\left(-x^2 + 7x + 9\right)}{x} = 10\ln\left(-x^2 + 7x + 9\right)\)

  3. Sur \(\left]0~;~8\right[\), \(-x^2 + 7x + 9 > 0\) donc \(\mathcal{A}\) est une fonction dérivable de la variable \(x\) sur \(\left]0~;~8\right[\) comme composée de fonction définies et dérivables.

    \(\forall x\in \left]0~;~8\right[\), \(\mathcal{A}'(x) = 10\times \dfrac{-2x + 7}{-x^2 + 7x +9}\).

    S'il existe \(x\in \left]0~;~8\right[\) telle que \(\mathcal{A}(x)\) soit maximale, il faut que \(\mathcal{A}'(x) = 0\)

    Pour \(x\in \left]0~;~8\right[\), \(-x^2 + 7x +9 > 0\), \(\mathcal{A}'(x)\) est donc du signe de \(-2x + 7\).

    \(\begin{array}{ccc} \mathcal{A}'(x) \geqslant 0 &\iff& -2x + 7 \geqslant 0 \\ \mathcal{A}'(x) \geqslant 0 &\iff& x \leqslant \dfrac{7}{2} \\ \end{array}\)

    \(\mathcal{A}\) est croissante sur \(\left]0~;~\dfrac{7}{2}\right[\) et décroissante sur \(\left]\dfrac{7}{2}~;~8\right[\).

    La dérivée s'annule en \(\dfrac{7}{2}\), en étant positive avant puis négative après, donc la fonction \(\mathcal{A}\) a un maximum sur \(]0~;~8[\), :

    \(\mathcal{A}\left(\dfrac{7}{2}\right) = 10\ln(17)+ 10\ln(5)-20\ln(2) \approx 30.56\)

Partie C

  1. [language=python,frame=single, escapechar=|, numbers=left]
    from math import *	
    
    def A(x):
    	return 10*log(-1 * x**2 + 7*x + 9)
    	
    def pluspetitevaleur(k):
    	x = 3.5
    	while A(x) > k:
    		x = x + 0.1
    	return x	
  2. [language=python]
    >>>pluspetitevaleur(30)
    4.599999999999998
    Attention, piège : Python affiche souvent 4.599999999999998 au lieu de \(4{,}6\) à cause de l’arithmétique binaire des nombres à virgule flottante. La valeur demandée dans l’énoncé est une valeur approchée au dixième : on attend donc \(4{,}6\), pas l’affichage brut de la machine.
  3. Lorsque \(k=35\), la condition A(x) > 35 n'est pas vérifiée donc le contenu de la boucle n'est pas exécuté. L'appel pluspetitevaleur(35) renvoie 3.5.

Exercice 4 (5 pts)

L'espace est rapporté à un repère orthonormé \(\left(\text{O}~;~\overrightarrow{\imath},~\overrightarrow{\jmath},~\overrightarrow{k}\right)\).

On considère les points

A\((4~;~-1~;~3)\),  B\((-1~;~1~;~-2)\),  C(0 ; 4 ; 5) et D\((-3~;~-4~;~6)\).

    1. Vérifier que les points A, B, C ne sont pas alignés.

    On admet qu’une équation cartésienne du plan (ABC) est : \(29x + 30y - 17z = 35\).

    1. Les points A, B, C, D sont-ils coplanaires ? Justifier.

On admet que lorsque quatre points ne sont pas coplanaires, il existe un unique point situé à égale distance de ces quatre points.

L’objectif de cet exercice est de déterminer le point H se situant à égale distance des quatre points A, B, C, D.

On définit le plan médiateur d’un segment comme le plan passant par le milieu de ce segment et orthogonal à la droite portant ce segment. C’est l’ensemble des points équidistants des extrémités de ce segment.

  1. Soit \(P_1\) le plan médiateur du segment [AB].

    1. Déterminer les coordonnées du milieu du segment [AB].

    2. En déduire qu'une équation cartésienne de \(P_1\) est : \(5x - 2y + 5z = 10\).

  2. On note \(P_2\) le plan médiateur du segment [CD].

    1. Soit M un point du plan \(P_2\) de coordonnées \((x~;~y~;~z)\).

      Exprimer MC\(^2\) et MD\(^2\) en fonction des coordonnées de M.

      En déduire qu’une équation cartésienne du plan \(P\) est : \(-3x - 8y + z = 10\).

    2. Justifier que les plans \(P_1\) et \(P_2\) sont sécants.

  3. Soit \(\Delta\) la droite dont une représentation paramétrique est :

    \[\left\{\begin{array}{l c l} x& =& -2 - 1{,}9t\\ y&= &\phantom{-2 - 1{,}9}t\\ z&= & \phantom{-}4 + 2{,}3t \end{array}\right.\: \text{où}\: t \in \mathbb{R}\]

    Démontrer que \(\Delta\) est la droite d’intersection de \(P_1\) et \(P_2\).

On note \(P_3\) le plan médiateur du segment [AC].

On admet qu'une équation cartésienne du plan \(P_3\) est : \(8x - 10y - 4z= - 15.\)

  1. Démontrer que la droite \(\Delta\) et le plan \(P_3\) sont sécants.

  2. Justifier que le point d’intersection entre \(\Delta\) et \(P_3\) est le point H.

Voir le corrigé de l'exercice 4
    1. On calcule les coordonnées de \(\overrightarrow{\text{AB}}\) et de \(\overrightarrow{\text{AC}}\).

      \(\overrightarrow{\text{AB}}\left( \begin{array}{c} -5\\ 2\\ -5 \end{array} \right)\) et \(\overrightarrow{\text{AC}}\left( \begin{array}{c} -4\\ 5\\ 2 \end{array} \right)\)

      On constate que \(\dfrac{-5}{2}\neq \dfrac{-4}{5}\). Comme les coordonnées des vecteurs ne sont pas proportionnelles, \(\overrightarrow{\text{AB}}\) et \(\overrightarrow{\text{AC}}\) ne sont pas colinéaires et A, B et C ne sont pas alignés.

    2. D appartient au plan (ABC) si et seulement si les coordonnées de D vérifient l'équation cartésienne du plan (ABC).

      \(29\times (-3) + 30 \times (-4) - 17 \times 6 = -309 \neq 35\). Les coordonnées de D ne vérifient pas l'équation cartésienne du plan (ABC), donc les points A, B, C, D ne sont pas coplanaires.

    1. Les coordonnées du milieu de [AB] sont : \(\dfrac{4+(-1)}{2}~;~\dfrac{-1+1}{2}~;~\dfrac{3+(-2)}{2}\) soit \(\dfrac32~;~0~;~\dfrac12\).

    2. Un vecteur normal au plan \(P_1\) médiateur du segment [AB] est le vecteur \(\overrightarrow{\text{BA}}\left( \begin{array}{c} 5\\ -2\\ 5 \end{array} \right)\) donc une équation de \(P_1\) est \(5x - 2y + 5z = k\) avec \(k\) tel que les coordonnées du milieu de [AB] vérifient l'équation c'est-à dire si

      \(5\times\dfrac{3}{2} - 2\times 0 + 5\times\dfrac{1}{2} = k =10\)

      Ainsi \(5x - 2y + 5z = 10\) est une équation cartésienne de \(P_1\).

    1. \(\begin{array}{ccl}\text{MC}^2 &=& (x - 0)^2 + (y - 4)^2 + (z - 5)^2\\ &=& x^2 + y^2 + z^2 -8y -10z + 16 + 25 \\ &=& x^2 + y^2 + z^2 -8y -10z + 41\end{array}\)

      \(\begin{array}{ccl}\text{MD}^2 &=& (x - (-3))^2 + (y - (-4))^2 + (z - 6)^2\\ &=& x^2 + y^2 + z^2 + 6x + 8y -12z + 9 + 16 + 36 \\&=& x^2 + y^2 + z^2 + 6x + 8y - 12z + 61\end{array}\)

      M appartient à \(P_2\) est équivalent à \(\text{MC}^2 = \text{MD}^2\).

      \(\begin{array}{ccl} \text{MC}^2 = \text{MD}^2 & \iff & \text{MC}^2 - \text{MD}^2 = 0\\ & \iff & x^2 + y^2 + z^2 -8y -10z + 41 \\&&- x^2 - y^2 - z^2 - 6x - 8y + 12z - 61 = 0\\ & \iff & - 6x - 16y + 2z - 20 = 0\\ & \iff & - 6x - 16y + 2z = 20\\ & \iff & - 3x - 8y + z = 10\\ \end{array}\)

      On obtient l'équation cartésienne de \(P_2\) : \(- 3x - 8y + z = 10\).

    2. Un vecteur normal à \(P_1\) est le vecteur de coordonnées \(\left( \begin{array}{c} 5\\ -2\\ 5 \end{array} \right)\).

      Un vecteur normal à \(P_2\) est le vecteur de coordonnées \(\left( \begin{array}{c} -3\\ -2\\ 5 \end{array} \right)\)

      On remarque que \(\dfrac{5}{-2} \neq \dfrac{-3}{-2}\)

      Ces deux vecteurs ne sont pas colinéaires car leur coordonnées ne sont pas proportionnelles.

      Comme les vecteurs normaux à \(P_1\) et \(P_2\) ne sont pas colinéaires, alors les plans \(P_1\) et \(P_2\) sont sécants.

  1. \(\forall t \in \mathbb{R}\quad 5\times(-2-1.9t) - 2\times t + 5 \times (4+2.3t) = -10 -9.5t- 2t + 20 + 11.5t = 10\)

    Tout point de \(\Delta\) appartient à \(P_1\).

    \(\forall t \in \mathbb{R}\quad -3\times(-2-1.9t) - 8\times t + (4+2.3t) = 6 +5.7t- 8t + 4 + 2.3t = 10\)

    Tout point de \(\Delta\) appartient à \(P_2\).

    \(\Delta\) est donc la droite d'intersection de \(P_1\) et \(P_2\).

  2. D'après la représentation paramétrique de \(\Delta\), un vecteur directeur de \(\Delta\) est le vecteur \(\overrightarrow{\delta}\) de coordonnées \(\left( \begin{array}{c} 19\\ -10\\ 23 \end{array} \right)\).

    Le plan \(P_3\) admet un vecteur normal \(\overrightarrow{n_3}\) de coordonnées \(\left( \begin{array}{c} 8\\ -10\\ -4 \end{array} \right)\).

    La droite \(\Delta\) et le plan \(P_3\) ne sont pas sécants si et seulement si un vecteur directeur de \(\Delta\) est orthogonal à un vecteur normal au plan \(P_3\).

    On calcule le produit scalaire des deux vecteurs précités : 1.31

    \(\overrightarrow{\delta} \cdot \overrightarrow{n_3} = 19 \times 8 + (-10) \times (-10) + 23 \times (-4) = 160 \neq 0\)

    Le produit scalaire n'est pas nul, les deux vecteurs ne sont pas orthogonaux, \(\Delta\) et \(P_3\) sont donc sécants.

  3. On considère le point H équidistant des points A, B, C, D. Comme AH = BH, H appartient à \(P_1\). Comme DH = CH, H appartient à \(P_2\). Ainsi H appartient à l'intersection des deux plans, la droite \(\Delta\). Comme AH = CH, H appartient au plan \(P_3\). Ainsi H est l'intersection de \(\Delta\) et de \(P_3\).

    Le point équidistant des sommets d'un tétraèdre est l'intersection des plans médiateurs de ses arêtes.

    On peut déterminer les coordonnées de H.

    Il suffit de résoudre l'équation :

    \(8(-2-1.9t) -10t -4(4+2.3t) = -15\)

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